Ydes : les Menuiseries du Centre menacées par les difficultés de Lapeyre
Filiale à 100 % du groupe Lapeyre, l'usine d'Ydes emploie plus de 200 salariés. Entre pertes financières et vente du foncier par l'actionnaire Mutares, l'avenir du site est incertain.
Les Menuiseries du Centre, premier employeur privé du bassin d'Ydes, sont dans une situation délicate. La maison mère Lapeyre, détenue par le fonds Mutares, accuse une baisse d’activité, tandis que le foncier de l’usine est mis en vente pour 6 millions d’euros. Le maire demande l’organisation d’une table ronde.
L’essentiel
- 200 à 249 salariés : Les Menuiseries du Centre sont le premier employeur privé de la communauté de communes Sumène Artense.
- 6 M€ : Le fonds allemand Mutares, propriétaire de Lapeyre, met en vente le foncier bâti et non bâti du site d’Ydes.
- -964 570 € : Perte nette enregistrée par l’entreprise pour l’exercice clos en décembre 2024, pour un chiffre d’affaires de 37,77 M€.
- 20 janvier 2026 : Un accord d’activité partielle de longue durée (APLD) a été signé pour faire face à la baisse d’activité.
Une filiale sous pression
Créée en 1958 à Ydes, la société Les Menuiseries du Centre est une filiale à 100 % du groupe Lapeyre. Le groupe, spécialiste de la menuiserie et de l’aménagement de la maison, a été racheté en 2021 par le fonds de retournement allemand Mutares. L’usine cantalienne produit la totalité des meubles de cuisine vendus sous la marque Lapeyre dans tout le réseau national, soit environ 300 000 meubles par an.
Mais la santé financière de la maison mère se dégrade. En 2025, le chiffre d’affaires de Lapeyre a chuté de 12,7 % par rapport à 2024, selon une source syndicale. Cette tendance pèse directement sur la filiale d’Ydes, qui a déjà connu un exercice 2024 difficile. Selon les données du greffe du tribunal de commerce d’Aurillac, Les Menuiseries du Centre ont enregistré une perte nette de 964 570 euros pour un chiffre d’affaires de 37,77 millions d’euros.
Face à cette situation, un accord d’activité partielle de longue durée (APLD) a été signé le 20 janvier 2026 avec les représentants du personnel, afin de réduire le temps de travail et les coûts salariaux tout en préservant les emplois.
La vente du foncier programmée à 6 M€
L’inquiétude est montée d’un cran quand l’actionnaire Mutares a annoncé la mise en vente du foncier du site d’Ydes. Il s’agit de 31,5 hectares, dont 26 hectares de foncier bâti et 5,5 hectares non bâtis. Le prix de vente a été fixé à 6 millions d’euros, d’après un document officiel transmis par la mairie d’Ydes.
Cette décision a suscité une vive réaction des élus locaux et des syndicats. L’usine, installée dans la zone industrielle de la commune, est le poumon économique du bassin. La cession du terrain pourrait soit accompagner une reprise de l’activité, soit précéder un démantèlement ou une délocalisation. Aucun repreneur n’a été annoncé à ce stade.
Le maire d’Ydes réclame l’aide de l’État et de la Région
Le maire d’Ydes, Alain Delage, a saisi le pôle économique régional d’Auvergne-Rhône-Alpes pour demander l’organisation d’une table ronde urgente. Il souhaite réunir l’État, la Région, le département du Cantal et les représentants de Mutares afin d’obtenir des garanties sur le maintien de l’activité et de l’emploi.
« Il est impératif que les pouvoirs publics s’engagent pour sécuriser l’avenir de cette entreprise qui fait vivre des centaines de familles », a-t-il déclaré à nos confrères de La Montagne. La préfecture du Cantal n’a pas encore communiqué sur une date de réunion.
Cette mobilisation locale s’inscrit dans un contexte de tensions sociales dans d’autres territoires. Par exemple, un rassemblement est prévu à Périgueux le 30 juin contre la venue du « Canon Français », tandis que le maire de Saumur reste muet sur une demande de solidarité avec la Palestine. Autant de signes d’une attention accrue des élus locaux sur les questions économiques et sociales.
Contexte dans le Cantal
Avec 200 à 249 salariés, Les Menuiseries du Centre représentent le premier employeur privé de la communauté de communes Sumène Artense, qui compte environ 8 000 habitants. L’entreprise est un pilier du tissu industriel cantalien, dominé par l’agroalimentaire et la métallurgie. La disparition ou la réduction drastique de cette activité aurait des répercussions importantes sur un territoire déjà marqué par une faible densité démographique (25 habitants/km²) et un taux de chômage inférieur à la moyenne régionale mais très sensible aux aléas d’un nombre limité de gros employeurs.
En 2024, le tribunal de commerce d’Aurillac avait déjà eu à traiter plusieurs dossiers de difficultés d’entreprises locales. La situation des Menuiseries du Centre est suivie de près par les élus et les services de l’État.
Prochaine étape : une table ronde attendue
Alain Delage espère que la table ronde se tiendra dans les prochaines semaines. En attendant, l’APLD est en vigueur jusqu’à la fin de l’année 2026. Les salariés et les élus locaux restent vigilants sur les intentions de Mutares concernant la vente du foncier et l’avenir industriel du site.