ZTL Presqu’île : les associations demandent à la Métropole de revoir sa copie
Face à l'assouplissement annoncé par la présidente Véronique Sarselli, habitants et commerçants montent au créneau alors que la Ville de Lyon réclame un référendum.
La Métropole de Lyon assouplit la zone à trafic limité (ZTL) de la Presqu'île, active désormais uniquement le soir et le week-end. Rue Grenette rouvrira en septembre. Associations et mairie contestent.
L’essentiel
- Instaurée le 21 juin 2025, la ZTL de la Presqu’île de Lyon est assouplie par la Métropole : elle ne s’appliquera plus qu’en soirée et le week-end.
- Rue Grenette rouvrira à tous les automobilistes à la rentrée de septembre 2026.
- Le maire Grégory Doucet s’oppose à cette décision et propose un référendum local.
- Des associations dénoncent un recul et réclament le maintien de la ZTL intégrale.
Moins d’un an après sa mise en place, la zone à trafic limité (ZTL) de la Presqu’île de Lyon est déjà remise en cause. Le 3 juillet, la présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, a annoncé un assouplissement dans le cadre du bilan des 100 jours. La ZTL ne sera plus active que le soir et le week-end, au lieu de toute la journée. Parallèlement, la rue Grenette sera rouverte à tous les véhicules dès la rentrée de septembre 2026.
Cette décision provoque une levée de boucliers. Associations de riverains, commerçants et élus écologistes montent au créneau pour demander à la Métropole de « revoir sa copie », selon le mot de la Tribune de Lyon sur X.
Le maire de Lyon réclame un référendum
Le maire de Lyon, Grégory Doucet, s’est opposé frontalement à cet assouplissement. Selon le Petit Bulletin, il propose l’organisation d’un référendum local pour trancher la question de la ZTL. La Ville de Lyon, qui avait porté le projet initial, estime que le compromis trouvé par la Métropole vide la mesure de sa substance et remet en cause les objectifs de réduction de la pollution et de pacification du centre-ville.
Du côté des associations, la déception est grande. Un rassemblement en faveur de la ZTL avait déjà eu lieu le 22 avril en Presqu’île, face à la menace d’un assouplissement. Les collectifs dénoncent un « recul » qui sacrifie la qualité de l’air et la sécurité des piétons face aux lobbies automobiles.
Des impacts concrets sur les commerces et la mobilité
Au-delà des positions politiques, les premiers bilans de la ZTL font apparaître des difficultés pratiques. Selon Le Progrès, les garages de la rue Mercière doivent faire des détours de 1 à 2 km supplémentaires pour accéder au secteur, ce qui pénalise 120 véhicules professionnels. Les commerces de la Presqu’île, eux, déplorent une baisse de fréquentation depuis l’instauration de la ZTL, tandis que les défenseurs de la mesure mettent en avant une amélioration de la qualité de vie et une baisse du trafic de transit.
La Métropole, de son côté, rappelle avoir organisé une consultation publique du 17 juin au 11 octobre 2024 et ouvert les inscriptions à l’accès à la ZTL à partir du 15 avril 2025. L’exécutif métropolitain justifie l’assouplissement par la nécessité de trouver un équilibre entre apaisement et vitalité économique.
Pour rappel, la ZTL a été instaurée le 21 juin 2025, après plusieurs années de débats. Elle interdisait initialement la circulation à tous les véhicules non autorisés dans un périmètre de la Presqu’île, sauf riverains, transports en commun, taxis et professionnels.
Contexte dans le Rhône
Lyon, deuxième agglomération de France, connaît des tensions récurrentes sur les mobilités. La Presqu’île, cœur historique et commercial, est au centre des enjeux de déplacements. La ZTL, première du genre dans la métropole, était présentée comme un test pour d’autres secteurs. L’assouplissement annoncé suscite des interrogations sur la capacité des collectivités à mener des politiques de mobilité durable face aux pressions économiques et politiques. Dans le même temps, d’autres territoires du Rhône expérimentent des mesures de restriction de la circulation, comme à Villeurbanne ou dans le centre de Vienne.
Prochaine étape
La proposition de référendum formulée par Grégory Doucet pourrait relancer le débat. La Métropole n’a pas encore précisé si elle donnerait suite à cette demande. Les associations, quant à elles, entendent maintenir la pression dans les semaines à venir, en espérant que la concertation soit rouverte.
Sources
- Métropole de Lyon : Bilan des 100 jours - Métropole de Lyon
- Petit Bulletin : ZTL en Presqu'île : la ville de Lyon conteste les nouveaux horaires proposés par la Métropole
- Le Progrès : Zone à trafic limité en Presqu'île : un an plus tard, échec ou réussite ?
- Le Bonbon : Lyon : réouverture de la rue Grenette aux voitures