9e Art+ en liquidation judiciaire : fin de l’ère Bondoux au Festival BD d’Angoulême

Le tribunal de commerce d'Angoulême a prononcé la liquidation le 7 mai 2026, après 20 ans d'organisation du FIBD par la société de Franck Bondoux.

9e Art+ en liquidation judiciaire : fin de l'ère Bondoux au Festival BD d'Angoulême
Illustration Mathilde Delpech / info.fr

La société 9e Art+, qui organisait le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême depuis 2008, a été placée en liquidation judiciaire le 7 mai 2026. Elle laisse 1,6 million d'euros de dettes et une dizaine de salariés en cours de licenciement. Les recours judiciaires contre le nouveau délégataire restent en suspens.

La société 9e Art+, qui organisait le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême depuis 2008, a été placée en liquidation judiciaire le 7 mai 2026. Elle laisse 1,6 million d’euros de dettes et une dizaine de salariés en cours de licenciement. Les recours judiciaires contre le nouveau délégataire restent en suspens.

L’essentiel

  • Liquidation prononcée le 7 mai 2026 : le tribunal de commerce d’Angoulême a mis fin à la société 9e Art+, dirigée par Franck Bondoux.
  • 20 ans d’organisation : 9e Art+ gérait le Festival international de la BD d’Angoulême depuis 2008 (jusqu’à l’édition 2025).
  • 1,6 million d’euros de dettes : liées en grande partie aux investissements engagés pour l’édition 2026, finalement annulée.
  • Une dizaine de salariés licenciés : environ 30 personnes impactées au total, incluant prestataires et experts, selon France 3 Régions.
  • Audience en référé fixée au 1er juillet 2026 : une action contre l’ADBDA et le groupe Morgane pour concurrence déloyale reste valable, avec une décision attendue à la rentrée.

Vingt ans d’organisation effacés en une décision

Le tribunal de commerce d’Angoulême a prononcé la liquidation judiciaire de 9e Art+ le 7 mai 2026, selon le Charente Libre et France 3 Régions. La société, fondée et dirigée par Franck Bondoux, tenait les rênes du Festival international de la BD (FIBD) depuis 2008. Dix-sept éditions organisées, des centaines de milliers de visiteurs chaque janvier, une infrastructure professionnelle rodée : tout cela s’arrête avec cette décision.

La chute est directement liée à l’annulation de l’édition 2026. Ce festival n’a jamais eu lieu après un boycott massif des auteurs, consécutif au licenciement d’une salariée victime de viol. Sponsors et financeurs publics ont retiré leur soutien. La trésorerie de 9e Art+ ne s’en est pas relevée.

1,6 million d’euros de dettes, une trentaine de personnes touchées

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Les dettes de 9e Art+ s’élèvent à plus de 1,6 million d’euros, selon France 3 Régions et Sud Ouest. Ces créances concernent principalement les investissements engagés pour préparer l’édition 2026 annulée - fournisseurs, prestataires, partenaires en Charente et en Nouvelle-Aquitaine.

Une dizaine de salariés sont en cours de licenciement. En comptant les experts et prestataires liés contractuellement à la société, environ 30 personnes sont impactées au total, toujours selon France 3 Régions. Un mandataire judiciaire a été nommé pour piloter la liquidation et apurer le passif.

Un recours judiciaire toujours actif, mais en suspens

La liquidation ne met pas fin aux actions en justice engagées par 9e Art+. Conjointement avec l’Association FIBD, présidée par Delphine Groux, la société avait assigné en référé l’ADBDA (Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême) et le groupe Morgane pour concurrence déloyale et parasitisme. La demande porte sur 300 000 euros de dommages et intérêts, ainsi que sur l’interdiction d’organiser un événement concurrent en 2027, selon La Nouvelle République.

L’audience, initialement prévue le 18 mars puis reportée, a de nouveau été repoussée lors d’une audience du 20 mai 2026 - conséquence directe de la liquidation. Elle est désormais fixée au 1er juillet 2026 au tribunal judiciaire d’Angoulême. C’est le mandataire judiciaire qui décidera si la procédure est maintenue ou abandonnée.

Franck Bondoux a déclaré à Sud Ouest que la procédure en référé est déjà financée et que son issue pourrait contribuer au recouvrement des créances de la société liquidée. Il indique que les décisions judiciaires devraient tomber à la rentrée 2026.

Le groupe Morgane en ligne de mire pour 2027

La délégation pour l’organisation du FIBD a été confiée au groupe Morgane, avec Marie Parisot et Céline Bagot aux commandes pour l’édition 2027. Ce nouveau tandem a été officialisé dans le cadre d’une reprise de la délégation accordée par les instances locales.

C’est précisément ce groupe que l’action judiciaire cherche à contraindre. Si le tribunal judiciaire d’Angoulême donne raison à 9e Art+ et à l’Association FIBD à la rentrée, les conséquences pourraient peser directement sur la préparation de l’édition 2027, dont le calendrier est déjà serré.

Contexte dans la Charente

Le Festival international de la bande dessinée est l’un des événements culturels majeurs de la Charente. Chaque année en janvier, Angoulême (environ 42 000 habitants) accueille plusieurs dizaines de milliers de visiteurs pour ce rendez-vous de référence mondiale du 9e art. L’économie locale - hôtellerie, restauration, commerce - dépend significativement de cet afflux annuel.

L’annulation de l’édition 2026 avait déjà provoqué un choc dans la filière locale. La liquidation de l’organisateur historique amplifie l’incertitude. Les créanciers charents et néo-aquitains figurent parmi les premiers impactés par les 1,6 million d’euros de dettes non soldées.

La ville d’Angoulême et ses partenaires institutionnels n’ont pas, à ce stade, communiqué publiquement sur les conséquences de la liquidation pour le financement public du festival à venir. Le dossier judiciaire, lui, suit désormais son propre calendrier, indépendamment des volontés des acteurs locaux.

Prochaines étapes judiciaires

L’audience en référé du 1er juillet 2026 constituera un premier jalon. Le mandataire judiciaire doit se prononcer sur la poursuite ou l’abandon de l’action contre l’ADBDA et le groupe Morgane. Une décision au fond est attendue à la rentrée, en septembre ou octobre 2026, selon France 3 Régions et Charente Libre. Son issue conditionnera en partie la sérénité - ou non - de la préparation du FIBD 2027.

Sources

Mathilde Delpech

Mathilde Delpech

Mathilde est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Charente (16), avec Angoulême pour chef-lieu. Spécialité du département : Festival BD Angouleme et capitale mondiale du cognac. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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