A7 bloquée au pont Mistral : 8 militants interpellés contre la déviation de Saint-Péray
Des militants du collectif Les Amis de la plaine suspendus au pont Mistral ont paralysé l'autoroute A7 près de Valence ce jeudi matin, causant plusieurs kilomètres de bouchons.
Ce jeudi 14 mai 2026, huit militants écologistes du collectif Les Amis de la plaine se sont suspendus au pont Mistral vers 7h pour protester contre la déviation de Saint-Péray. L'A7 a été perturbée pendant près de deux heures. Les huit ont été interpellés et placés en garde à vue.
L’essentiel
- 8 interpellations : six femmes et deux hommes placés en garde à vue pour entrave à la circulation et mise en danger d’autrui.
- 2 heures de blocage : le pont Mistral fermé jusqu’à 9h, plusieurs kilomètres de bouchons dans les deux sens sur l’A7.
- Décrochage sécurisé : les deux derniers militants suspendus ont été décroché par la CNAMO, unité spécialisée de la gendarmerie, selon la préfecture de la Drôme.
- Timing choisi : l’action coïncide avec le ripage du pont-rail prévu du 14 au 17 mai 2026, opération nécessitant 70 heures d’interruption ferroviaire.
- 16 millions d’euros : coût total du projet de déviation, financé à parts égales par la Communauté de communes Rhône-Crussol, le Département de l’Ardèche et la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Ce qui s’est passé ce matin au pont Mistral
Peu avant 7h30, des membres du collectif Les Amis de la plaine se sont suspendus au pont Mistral, ouvrage qui enjambe le Rhône entre Valence et la rive ardéchoise. L’action a entraîné la neutralisation de voies sur l’A7, axe nord-sud structurant du couloir rhodanien, et la fermeture totale du pont pendant environ deux heures.
Selon Le Dauphiné Libéré et France Info / ICI, les bouchons ont atteint plusieurs kilomètres dans les deux sens. La circulation n’a été rétablie normalement qu’aux alentours de 9h, après intervention des forces de l’ordre.
Huit militants en garde à vue
Six femmes et deux hommes ont été interpellés. Ils sont placés en garde à vue pour entrave à la circulation et mise en danger d’autrui, selon les sources policières et médias locaux concordants.
Les deux militants restés suspendus le plus longtemps ont été décroché par la CNAMO - Cellule nationale d’assistance au maintien de l’ordre - , unité spécialisée de la gendarmerie. La préfecture de la Drôme a confirmé l’opération et indiqué qu’elle s’était déroulée en toute sécurité, selon ICI.
Un timing délibéré : le ripage du pont-rail ce week-end
L’action n’est pas fortuite. Le collectif a choisi le week-end de l’Ascension pour une raison précise : le ripage du pont-rail, étape technique centrale du projet de déviation, est programmé du 14 au 17 mai 2026. Cette opération nécessite l’interruption du trafic ferroviaire pendant 70 heures consécutives sur la ligne passant par Saint-Péray.
Les opposants entendaient perturber la préparation ou le lancement de cette opération, selon ICI et le tweet de @LeDL26et07. Maud Grard, conseillère régionale écologiste et opposante au projet, a justifié l’action : « Il s’agit de rendre visible cette mobilisation d’ampleur, c’est une première réussite, car il faut rendre visible la destruction de nos territoires », selon ICI.
La déviation de Saint-Péray : un projet vieux de plus de 40 ans
Le projet de déviation de Saint-Péray est un tronçon de 1,6 km inscrit dans le projet plus large du ring valentinois. Son origine remonte aux années 1970 : il vise à fluidifier le trafic sur la rive ardéchoise du Rhône, axe saturé entre Valence et l’entrée de l’Ardèche, selon les données du dossier d’information d’Alterre.
Le projet a été déclaré d’utilité publique en 2021. Son budget s’élève à 16 millions d’euros, répartis à parts égales entre la Communauté de communes Rhône-Crussol, le Département de l’Ardèche et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, selon les documents du Conseil départemental de l’Ardèche et le dossier Alterre.
La mise en service de la déviation est prévue fin 2027, après plusieurs années de recours et de suspensions judiciaires obtenus par les associations opposantes.
Contexte dans l’Ardèche
Le projet de déviation de Saint-Péray concentre depuis plusieurs années les tensions entre partisans du désenclavement routier de la rive ardéchoise et opposants écologistes, qui dénoncent l’artificialisation de terres agricoles en plaine.
Les travaux avaient déjà été suspendus à plusieurs reprises à la suite de recours juridiques. En septembre 2025, seize opposants avaient été évacués du chantier, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. En janvier 2026, une intrusion avec dégradations avait eu lieu sur le site, selon ICI Ardèche. Ces précédents montrent une mobilisation durable du collectif Les Amis de la plaine, qui refuse la reprise des travaux malgré la décision de justice ayant autorisé leur poursuite partielle à l’automne 2025.
L’Ardèche est un département à dominante rurale (330 000 habitants environ) où les projets d’infrastructures routières suscitent régulièrement des débats entre accessibilité des territoires et préservation des espaces naturels et agricoles. La déviation de Saint-Péray représente l’un des chantiers publics les plus disputés du département depuis une décennie. Ce type de mobilisation locale à fort impact sur les axes de transit est rare mais croissant en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Précédents et escalade des actions
Depuis la reprise partielle du chantier en septembre 2025, les actions se sont multipliées. L’évacuation de seize opposants en septembre 2025 avait déjà mobilisé des forces de l’ordre importantes sur le site ardéchois. L’intrusion de janvier 2026 avait entraîné des dégradations, sans blessé signalé selon ICI Ardèche.
L’action du 14 mai 2026 marque un changement d’échelle : pour la première fois, les opposants ont choisi de perturber un axe autoroutier majeur plutôt que le chantier lui-même, avec des conséquences directes sur les usagers de l’A7. Des actions similaires sur des mobilisations à fort retentissement médiatique ont été observées dans d’autres contextes en France ces derniers mois.
Le ripage du pont-rail devait se poursuivre jusqu’au 17 mai. Les suites judiciaires des gardes à vue et l’avancement du chantier durant le week-end de l’Ascension permettront de mesurer l’effet réel de cette action sur le calendrier du projet.
Sources
- Le Dauphiné Libéré : Des opposants à la déviation de Saint-Péray suspendus au pont Mistral : le trafic sur l'A7 perturbé
- ICI / France Info : Les opposants au chantier de la déviation à Saint-Péray bloquent l'autoroute A7 à Valence
- Alterre : Dossier d'information Déviation de Saint Péray
- France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : Des opposants évacués du chantier de la déviation de Saint-Péray