Agressions homophobes dans le Blayais : sept mineurs déférés au parquet de Libourne
Dix agressions commises début mars via des guets-apens sur Grindr, sept victimes identifiées, un procès fixé au 10 juillet 2026
Sept adolescents âgés de 14 à 17 ans ont été présentés au parquet de Libourne le 29 avril 2026 pour une série de dix agressions homophobes commises début mars dans le Blayais. Les mineurs attiraient leurs victimes via de faux profils sur l'application Grindr avant de les frapper violemment. Ils seront jugés le 10 juillet devant le tribunal pour enfants de Libourne.
Sept adolescents âgés de 14 à 17 ans ont été présentés au parquet de Libourne le 29 avril 2026 pour une série de dix agressions homophobes commises début mars dans le Blayais. Les mineurs attiraient leurs victimes via de faux profils sur l’application Grindr avant de les frapper violemment. Ils seront jugés le 10 juillet devant le tribunal pour enfants de Libourne.
L’essentiel
- 10 agressions : commises début mars 2026 dans plusieurs communes du Blayais (Blaye, Bourg-sur-Gironde, Saint-Ciers-sur-Gironde, Saint-Martin-Lacaussade).
- 7 mineurs déférés : âgés de 14 à 17 ans, présentés au parquet de Libourne le 29 avril 2026, selon le procureur Loïs Raschel.
- 7 victimes identifiées : d’autres pourraient encore se manifester, selon le parquet.
- Première interpellation : quatre mineurs placés en garde à vue le 11 mars 2026 par la brigade de recherche de Blaye.
- Audience fixée : tribunal pour enfants de Libourne, 10 juillet 2026.
Des guets-apens organisés via Grindr
Le mode opératoire est identique d’une agression à l’autre. Les adolescents créaient de faux profils sur Grindr, application de rencontres destinée aux hommes homosexuels et bisexuels, pour attirer des victimes à des rendez-vous. Une fois sur place, les hommes étaient roués de coups - poings, pieds, mais aussi barres de fer et marteaux, selon Sud Ouest et France 3. Les scènes étaient filmées par les agresseurs, qui diffusaient ensuite les vidéos sur WhatsApp.
La première agression documentée remonte au 6 mars 2026 à Blaye. La victime, un homme de 37 ans, a été attaquée par un groupe masqué et vêtu de noir, selon Le Parisien. D’autres faits similaires se sont enchaînés dans les jours suivants dans plusieurs communes du nord Gironde.
Quatre interpellations en mars, sept mis en cause fin avril
Le 11 mars 2026, la brigade de recherche de Blaye interpelle quatre adolescents de 14 à 16 ans, placés en garde à vue pour au moins sept agressions similaires, selon France Info et Le Parisien. Le procureur Loïs Raschel précise que « les mesures de garde à vue ont été levées à l’issue de leurs auditions ».
L’enquête se poursuit. Elle aboutit à l’identification de trois suspects supplémentaires. Au total, sept mineurs sont finalement déférés au parquet de Libourne le 29 avril. La brigade de recherche de Blaye a conduit l’ensemble des investigations, selon le procureur.
Des victimes encore à identifier
Sept victimes ont été formellement identifiées à ce stade. Mais le parquet et la gendarmerie n’excluent pas que d’autres hommes ciblés n’aient pas encore déposé plainte. Le modus operandi - honte, crainte d’être exposé publiquement, vidéos partagées - peut dissuader les victimes de se signaler.
Les faits se sont déroulés dans au moins quatre communes : Blaye, Bourg-sur-Gironde, Saint-Ciers-sur-Gironde et Saint-Martin-Lacaussade, selon Sud Ouest et les services de la gendarmerie. Ce périmètre géographique étendu, sur une trentaine de kilomètres le long de l’estuaire, témoigne d’une organisation mobile.
Cette affaire illustre aussi les risques liés à l’usage des applications numériques sans contrôle d’âge effectif - un débat qui dépasse le seul cas de Grindr.
« Piéger des pédocriminels » : la justification avancée
Selon le compte @stop_homophobie sur X, les adolescents auraient partiellement reconnu les faits lors de leurs auditions. Ils auraient justifié leur démarche par la volonté de « piéger des pédocriminels » via l’application de rencontres. Cette explication, avancée devant les enquêteurs, n’a pas été confirmée officiellement par le parquet à ce stade.
Les agressions n’en restent pas moins qualifiées de violences aggravées à caractère homophobe. La nature des armes utilisées - barres de fer, marteaux - et la diffusion organisée des vidéos constituent des circonstances aggravantes dans le dossier.
Contexte dans la Gironde
Le Blayais est un territoire rural du nord de la Gironde, situé entre l’estuaire de la Gironde et la Charente-Maritime. Blaye, sous-préfecture, compte environ 5 000 habitants. Le ressort du tribunal judiciaire de Libourne couvre ce secteur.
Ce type d’affaire reste rare dans ce territoire. En 2025, un cas similaire de guets-apens homophobes impliquant des mineurs avait été signalé ailleurs en France - notamment près de Tours, avec cinq interpellations dont trois mineurs, selon Sud Ouest - mais sans atteindre la série de dix agressions documentée ici. En Gironde, les services de gendarmerie et de police font face à plusieurs dossiers sensibles impliquant des réseaux organisés, y compris chez des mineurs.
L’affaire a suscité une vive réaction dans le département. Associations LGBTQ+ et élus locaux ont appelé à la vigilance sur les applications de rencontres, sans que des mesures officielles n’aient été annoncées à ce jour au niveau départemental.
Un précédent judiciaire à surveiller
La procédure suit désormais son cours devant la justice des mineurs. Les sept adolescents seront jugés le 10 juillet 2026 au tribunal pour enfants de Libourne, selon Le Parisien et plusieurs médias régionaux. C’est l’une des affaires de violences homophobes en série les plus importantes impliquant des mineurs traitées par ce tribunal ces dernières années.
La question du nombre réel de victimes reste ouverte. Le parquet invite toute personne qui aurait été ciblée dans des circonstances similaires dans le Blayais entre début mars et mi-mars 2026 à se signaler auprès de la gendarmerie de Blaye.
L’audience du 10 juillet dira si les prévenus sont renvoyés devant une juridiction pour mineurs ou font l’objet d’une procédure alternative. À ce stade, les suites exactes - composition pénale, renvoi en jugement, mesures éducatives - n’ont pas été précisées par le parquet.
Sources
- Sud Ouest : Agressions homophobes en Blayais : sept mineurs présentés au parquet, des victimes restent à identifier
- Le Parisien : Guets-apens via Grindr : sept mineurs seront jugés pour des agressions homophobes violentes en Gironde
- France 3 Nouvelle-Aquitaine : Ils attiraient leurs victimes via une application avant de les frapper : sept adolescents devant le juge
- Le Parisien : Piégés sur Grindr puis violemment agressés : quatre ados arrêtés pour des guets-apens homophobes en Gironde