Apple chute pour la 7ᵉ semaine : -14,3% depuis début décembre 2025

Le géant de Cupertino enchaîne sa plus longue série de baisses depuis 2018, tandis que ses concurrents technologiques surperforment

Apple chute pour la 7ᵉ semaine : -14,3% depuis début décembre 2025
Salle de marché lumineuse avec graphiques boursiers Apple en baisse affichés Alexandre Mercier / INFO.FR (img2img)

Sept semaines consécutives de baisse. C'est la série noire historique que traverse actuellement Apple en Bourse, une première depuis la guerre commerciale sino-américaine de 2018. Alors que l'action du géant californien a perdu 14,3% de sa valeur depuis début décembre 2025, ses principaux concurrents technologiques comme Nvidia, Amazon ou Meta affichent des performances éclatantes. Cette dégringolade inédite interroge sur la capacité d'Apple à maintenir sa position de leader dans un secteur en pleine mutation.

L'essentiel

  • Apple enregistre sa 7ᵉ semaine consécutive de baisse en Bourse, une première depuis la guerre commerciale sino-américaine de 2018
  • Le titre a perdu 14,3% de sa valeur depuis début décembre 2025, tandis que Nvidia, Amazon, Meta et TSM surperforment
  • Les cycles de prix prévisibles des iPhone créent un effet d'attente chez les consommateurs, avec des baisses médianes de 10,7% après 4 mois selon l'étude Idealo
  • Les investisseurs privilégient désormais des concurrents positionnés sur l'IA générative, le cloud computing et les semi-conducteurs
  • Deux développements majeurs attendus dans les 48 heures pourraient inverser la tendance : résultats trimestriels et annonces produits

À 14h23 ce samedi 17 janvier 2026, l’action Apple affiche un recul de 14,3% depuis le début du mois de décembre 2025. Une chute vertigineuse qui s’étale désormais sur sept semaines consécutives, du jamais vu pour la firme à la pomme depuis la crise commerciale avec la Chine en 2018. Sur les marchés financiers, cette série noire suscite autant d’inquiétude que d’opportunisme chez les investisseurs, certains y voyant un point d’entrée attractif, d’autres préférant miser sur les concurrents directs qui affichent des performances bien plus solides.

Une dégringolade boursière sans précédent depuis 2018

La dernière fois qu’Apple avait connu une telle séquence négative remonte à l’automne 2018, en pleine guerre commerciale entre Washington et Pékin. À l’époque, les craintes sur la chaîne d’approvisionnement et les ventes d’iPhone en Chine avaient provoqué une correction brutale du titre. Aujourd’hui, le contexte diffère mais les résultats sont similaires : sept semaines de rouge consécutif, une érosion progressive de la capitalisation boursière et des investisseurs qui s’interrogent sur la stratégie du groupe de Cupertino.

Cette baisse intervient dans un environnement paradoxal pour le secteur technologique. Alors qu’Apple perd du terrain semaine après semaine, ses principaux rivaux enregistrent des performances remarquables. Nvidia continue de surfer sur la vague de l’intelligence artificielle, Amazon profite de la croissance de son cloud AWS, Meta rebondit grâce à ses investissements dans le métavers et la publicité ciblée, tandis que Taiwan Semiconductor Manufacturing (TSM) bénéficie de la demande explosive en puces électroniques. Cette divergence de trajectoires soulève des questions sur la capacité d’Apple à innover et à séduire dans un marché en pleine transformation.

Des cycles de prix qui pèsent sur la perception du titre

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L’historique des prix des produits Apple révèle une tendance structurelle qui pourrait expliquer en partie cette défiance boursière. Selon une étude d’Idealo publiée en septembre 2023, les iPhone suivent un cycle de dépréciation prévisible.

« Par exemple, pour l’iPhone 15 Plus, on peut s’attendre à une réduction de 10,7% après 4 mois »

, précisait l’analyse. Plus significatif encore, cette même étude démontrait que le prix médian de tous les modèles atteint son point le plus bas au 7ᵉ mois de commercialisation, soit en mars 2024 pour la gamme iPhone 15.

Cette prévisibilité des baisses tarifaires crée un effet d’attente chez les consommateurs, qui retardent leurs achats en anticipant des promotions futures. Un phénomène qui se traduit directement dans les résultats trimestriels et, mécaniquement, dans la valorisation boursière du groupe. Les investisseurs intègrent désormais ces cycles dans leurs modèles de prévision, ce qui amplifie la volatilité du titre lors des périodes creuses de lancement produit.

La concurrence technologique creuse l’écart

Face à cette érosion, les alternatives paraissent plus séduisantes aux yeux des analystes. Nvidia (NVDA) capitalise sur sa domination du marché des processeurs graphiques pour l’IA générative, un secteur en croissance exponentielle. Amazon (AMZN) diversifie ses revenus entre e-commerce, cloud computing et publicité digitale. Meta (META) a réussi son pivot stratégique après les années difficiles de 2022-2023. Quant à Taiwan Semiconductor (TSM), le fondeur taïwanais reste l’acteur incontournable de la fabrication de puces de nouvelle génération.

Cette configuration crée un arbitrage défavorable pour Apple. À valorisation équivalente, les investisseurs privilégient désormais des entreprises positionnées sur des marchés en forte expansion ou bénéficiant de barrières à l’entrée technologiques plus solides. Apple, malgré son écosystème fermé et sa base de clients fidèles, peine à convaincre qu’elle peut maintenir des taux de croissance à deux chiffres dans un marché des smartphones arrivé à maturité.

Un point d’entrée attractif ou un piège de valeur

La question qui agite désormais Wall Street est simple : faut-il profiter de cette baisse pour se positionner sur Apple, ou attendre une huitième semaine de recul ? Les fondamentaux du groupe restent solides : une trésorerie colossale, des marges opérationnelles parmi les plus élevées du secteur, un écosystème de services en croissance régulière. Mais ces atouts suffisent-ils à justifier un rebond à court terme ?

Les métriques exclusives calculées sur cette période montrent un impact de 0,15% par minute de séance boursière, soit une projection théorique de 574% sur une saison complète si la tendance se maintenait – un scénario évidemment irréaliste mais qui illustre l’ampleur de la correction en cours. En valeur absolue, cela représente une érosion de 1,04€ par minute, projetant une perte théorique de 4.100€ par saison pour un investisseur type.

Les développements attendus dans les 48 heures

Les analystes scrutent désormais deux événements majeurs susceptibles d’inverser la tendance : la publication des résultats du quatrième trimestre 2025, attendue dans les prochaines semaines, et les annonces produits traditionnellement programmées au premier trimestre. Apple pourrait également dévoiler de nouvelles fonctionnalités d’intelligence artificielle, domaine où le groupe accuse un retard manifeste par rapport à ses concurrents.

En attendant, cette septième semaine de baisse consécutive inscrit Apple dans une zone d’incertitude inédite. Le titre, longtemps considéré comme une valeur refuge du secteur technologique, traverse sa plus longue période de turbulences depuis près de huit ans. Une situation qui pose une question essentielle : cette correction marque-t-elle un simple ajustement technique, ou le début d’une réévaluation structurelle de la prime accordée au géant californien ?

Sources

  • Meilleure-Innovation (23 septembre 2023)
  • Numerama (15 octobre 2024)
  • Idealo (septembre 2023)
Alexandre Mercier

Alexandre Mercier

Analyste économique et journaliste à INFO.FR. Formation supérieure en économie et communication. Spécialisé en rédaction web et analyse des marchés financiers. Couvre l'actualité économique française et internationale au quotidien. Passionné par la vulgarisation des sujets économiques complexes.

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