Audincourt : la santé mentale s’invite dans les ateliers horlogers

Une campagne de sensibilisation cible les travailleurs industriels du Doubs, secteur sous pression depuis plusieurs années.

Audincourt : la santé mentale s'invite dans les ateliers horlogers
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Dans le sillage de la Grande Cause Nationale 2026 sur la santé mentale, des actions de prévention touchent les entreprises industrielles d'Audincourt. Le secteur horloger, pilier économique du nord Doubs, est particulièrement visé. Les chiffres nationaux éclairent l'ampleur du problème.

La santé mentale au travail n’est plus seulement un sujet de ressources humaines. En 2026, le gouvernement a reconduit la Grande Cause Nationale dédiée à la prévention des troubles psychiques, avec un focus explicite sur le milieu professionnel, selon le site officiel de la GCN. À Audincourt, ville industrielle du Doubs adossée à une tradition horlogère, cette dynamique nationale prend une résonance concrète.

Un secteur sous tension

En Bourgogne-Franche-Comté, l’industrie représente 17 % des emplois régionaux - cinq points au-dessus de la moyenne nationale - mais a perdu près de 7 000 postes salariés en cinq ans, selon les données de la région. Dans le Doubs, 124 400 personnes travaillent dans le secteur privé marchand, avec une forte concentration industrielle, d’après l’INSEE. Restructurations, cadences soutenues, manque de reconnaissance : les facteurs de stress sont bien documentés.

À l’échelle nationale, le tableau reste préoccupant. Si le score moyen de bien-être mental des salariés progresse de trois points en 2026 pour atteindre 74 %, près de 70 % des travailleurs déclarent avoir déjà souffert de troubles liés au travail, selon une étude du BCG publiée en mars 2026. Moins d’un salarié sur quatre bénéficie d’un plan complet de prévention des risques psychosociaux (RPS) dans son entreprise, selon l’Institut Quatre Dix.

Des outils disponibles, peu mobilisés

Publicité

L’Assurance Maladie propose une subvention RPS Accompagnement qui finance jusqu’à 70 % des coûts de diagnostic pour les TPE de 1 à 49 salariés, avec un plafond fixé à 25 000 €. Un levier concret pour les petites structures horlogères du bassin d’Audincourt - à condition qu’elles en aient connaissance.

Le Conseil Départemental du Doubs a, lui, adopté un plan RPS dès 2018-2020, prolongé par la suite. Il a permis de sensibiliser près de 1 000 agents via des conférences et la diffusion d’un guide à destination des managers, selon les documents officiels du département. Une expérience qui pourrait inspirer les entreprises privées.

Une étude Eurogip de mars 2026 recense par ailleurs des dispositifs applicables à l’industrie : référents de confiance en interne, centres de prise en charge des traumatismes psychologiques, formations encadrées. Des outils que la revue Santé Mentale présente comme complémentaires aux campagnes de sensibilisation.

En 2026, la GCN prévoit la poursuite des ateliers en entreprise avec coordination ministérielle. Si les modalités locales à Audincourt n’ont pas encore été détaillées publiquement, le cadre national est posé : plus de 3 000 événements et 900 actions labellisées ont déjà eu lieu en France depuis le lancement de la cause en 2025, selon l’Institut de Psychiatrie.

Sources

Maxime Joly

Maxime Joly

Correspondant à Besançon, suit l'horlogerie, la microtechnique, les tensions sur la ligne TGV Rhin-Rhône et les débats sur la biodiversité dans le Jura. Formé à l'ESJ Lille, il a couvert plusieurs régions avant de s'ancrer dans le Doubs. Principe : connaître les PME, les syndicats, les chercheurs de l'université, vérifier les carnets de commandes avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie