Une baleine à bosse dans le gouf de Capbreton, et des milliers de globicéphales

Un événement rare dans les eaux basques qui rappelle la richesse marine exceptionnelle du canyon sous-marin de Capbreton.

Une baleine à bosse dans le gouf de Capbreton, et des milliers de globicéphales
Illustration Xabi Etcheverry / info.fr

Une baleine à bosse a été observée dans le gouf de Capbreton, entourée de dizaines de globicéphales noirs. Le phénomène n'est pas isolé : chaque avril, ces eaux basques deviennent l'un des spots de cétacés les plus denses d'Europe. Un terrain aussi fragile qu'extraordinaire.

Le 12 avril 2024, un plongeur et photographe local repérait une baleine à bosse dans le gouf de Capbreton, entourée de dizaines de globicéphales noirs. L’image a circulé, relayée notamment par Sud Ouest. Deux ans plus tard, le rendez-vous se confirme : entre fin mars et fin avril 2026, des milliers de globicéphales investissent à nouveau les eaux du Golfe de Gascogne, selon Aquitaine Online.

Un canyon qui concentre la vie

Le gouf de Capbreton n’est pas un fond marin ordinaire. Ce canyon sous-marin plonge à plus de 4 000 mètres de profondeur à quelques kilomètres du rivage. La remontée de nutriments qu’il génère en fait un carrefour migratoire entre eaux polaires et tropicales. Une vingtaine d’espèces de cétacés sur les 82 référencées mondialement y sont visibles, selon Sud Ouest. Depuis 1976, le Centre de la Mer de Biarritz y mène des suivis standardisés : plus de 160 000 enregistrements accumulés, qui confirment ce statut de hotspot, selon les archives de l’Ifremer.

Avril est particulièrement propice aux globicéphales noirs. Leur présence massive est liée, selon l’hypothèse principale rapportée par France Info, aux naissances et à la reproduction des céphalopodes côtiers dont ils se nourrissent. Explore Océan, qui organise des excursions depuis Biarritz, évoque jusqu’à 200 individus par sortie certaines journées d’avril. La fenêtre dure six à huit semaines.

Des eaux sous pression

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Ces eaux ont une mémoire longue. Le Golfe de Gascogne était déjà le terrain de chasse des pêcheurs basques à la baleine franche dès le XIIe siècle, avec des observations documentées jusqu’en 1869. Aujourd’hui, la menace est d’une autre nature. En mai 2023, une série inhabituelle de neuf échouages de petits cétacés avait été enregistrée entre Capbreton et Guéthary, selon l’Observatoire Pelagis du CNRS. Les causes de cette série n’ont pas été officiellement précisées.

Les excursions d’observation organisées depuis Biarritz vers le gouf servent aussi à collecter des données scientifiques. Départ à 8h, quarante-cinq minutes de navigation. Un outil de sensibilisation autant que de suivi, dans une zone où la biodiversité reste, pour l’heure, spectaculaire.

Sources

Xabi Etcheverry

Xabi Etcheverry

Correspondant à Pau, suit l'industrie pétrolière, les tensions sur l'aéroport, l'agriculture et les débats sur la langue basque. Diplômé de l'IJBA Bordeaux, il a grandi au Pays basque. Conviction : connaître les pétroliers, les syndicalistes, les élus, vérifier les carnets de commandes de Total avant de publier.

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