Belfort : le centre commercial des 4 As toujours largement vide malgré les appels des commerçants
Taux d'occupation de 30 %, travaux de sécurité incendie à 800 000 €, projet tertiaire avorté la galerie des 4 As s’enfonce dans la vacance commerciale à Belfort.
Ouvert en 1978 en plein centre-ville de Belfort, le centre commercial des 4 As n’occupe plus qu’un tiers de ses pas-de-porte. Les copropriétaires peinent à financer 800 000 € de mise aux normes incendie, et la mairie exclut une préemption publique. Une vidéo virale postée le 16 juin a remis le lieu sous les projecteurs.
L’essentiel
- Taux d’occupation : 30 % des cellules commerciales sont occupées, selon l’association des commerçants.
- Sécurité incendie : 800 000 € de travaux sont nécessaires pour les extincteurs automatiques, une charge difficile à assumer pour les copropriétaires.
- Historique : La galerie a ouvert en 1978, une rénovation en 2016 n’a pas enrayé la baisse de fréquentation.
- Position de la mairie : Le maire Damien Meslot écarte toute préemption, invoquant la multiplicité des petits propriétaires privés.
- Vidéo virale : Un post publié sur X le 16 juin 2026 cumule plus de 36 000 vues, montrant l’état quasi abandonné des lieux.
Les images tournent sur les réseaux sociaux. Le 16 juin, un compte X poste une vidéo du centre commercial des 4 As, rue de l’As de Carreau à Belfort. On y voit une galerie quasi déserte, rideaux de fer baissés, sols vides, éclairage tamisé. Le message accumule plus de 36 000 vues et 500 likes en deux jours.
Cette exposition soudaine ne fait que confirmer un malaise ancien. Selon l’association des commerçants des 4 As, citée par France Bleu Belfort-Montbéliard, à peine 30 % des pas-de-porte sont encore occupés. La galerie, ouverte en 1978, n’a jamais retrouvé son activité d’antan malgré une rénovation en 2016.
L’impasse des travaux de sécurité
Le dossier le plus urgent est celui de la sécurité incendie. Les copropriétaires doivent investir plus de 800 000 € pour installer des extincteurs automatiques à eau, une mise aux normes obligatoire. L’Est Républicain, dans un article d’octobre 2025, rapportait que le financement est bloqué : la faible fréquentation dissuade les banques et les collectivités. Faute de trésorerie, les travaux n’ont toujours pas commencé.
Projets avortés et fermetures
Un espoir avait émergé avec le rachat du premier étage par l’investisseur Victor Hernandez, qui souhaitait y implanter un centre tertiaire. Mais le projet a avorté pour raisons de santé, et un repreneur est activement recherché. Dans le même temps, le bowling qui occupait cet étage doit fermer prochainement, selon France Bleu. Autant de surfaces supplémentaires qui se vident.
L’association des commerçants alerte la mairie depuis au moins deux ans. Elle réclame un plan de soutien, une animation commerciale renforcée, ou à défaut une prise en charge publique des locaux vacants. La réponse de Damien Meslot, maire de Belfort, est claire : il n’envisage pas de préemption pour les 4 As. Contrairement aux Nouvelles Galeries ou à la Galerie des Faubourgs, rachetées via la Semaville dans le cadre d’Action Cœur de Ville, la multiplicité des petits propriétaires privés rend l’opération impossible, a-t-il expliqué à France Bleu.
Contexte dans le Territoire de Belfort
Belfort, ville-centre du Territoire de Belfort (environ 45 000 habitants), est engagée depuis 2018 dans le programme national Action Cœur de Ville. La collectivité a déjà injecté 6 millions d’euros pour racheter les Nouvelles Galeries, un autre site commercial dégradé du centre. Mais la vacance commerciale reste un problème structurel : au niveau national, le taux de vacance atteint 10,85 % en 2024, selon Les Échos, en hausse continue. Dans le département, le phénomène touche surtout les artères secondaires du centre-ville.
À quelques kilomètres de là, un incendie de poids-lourd sur l’A36 à Phaffans a mobilisé 17 pompiers le 17 juin, illustrant la variété des interventions locales (voir notre article sur cet incident).
Quelle issue pour les 4 As ?
Pour l’instant, aucune date de travaux n’est fixée. La recherche d’un repreneur pour le premier étage continue, mais sans garantie. La galerie reste ouverte - quelques commerces tiennent encore - mais le sentiment d’abandon domine. La mairie, de son côté, mise sur d’autres leviers, comme le rachat de cellules ciblées et l’animation de quartier. Pour les 4 As, l’équation reste la même : comment réunir des centaines de milliers d’euros quand la clientèle ne vient plus ?
Le sort de la galerie des 4 As illustre les difficultés des centres-villes de taille moyenne face à l’évasion commerciale vers les zones périphériques et internet. Dans le même temps, des collectivités comme Ardenne Métropole reconduisent leur soutien à l’office de tourisme à hauteur de 620 000 € pour 2026, signe que les pouvoirs publics cherchent d’autres moyens de redynamiser leurs cœurs de ville.
Sources
- ici par France Bleu : Belfort : l'association des commerçants de la galerie des 4 As appelle la mairie à l'aide
- L'Est Républicain : Centre commercial des 4 As : un SOS lancé par les copropriétaires
- ici par France Bleu : Au centre commercial des 4 As à Belfort, les commerçants inquiets pour leur avenir
- Les Échos : Centres-villes désertés : les maires en première ligne
- X (Twitter) : Vidéo du centre commercial vide @ChienSurpris
