Béost : l’eau potable rationnée après l’arrivée de 400 gens du voyage
Face à des branchements sauvages et à la canicule, la maire a pris un arrêté de restriction jusqu'au 5 juillet. Le préfet met en garde.
Depuis le 21 juin, près de 400 personnes se sont installées illégalement à Béost. Des branchements non autorisés sur le réseau d'eau potable ont contraint la mairie à limiter les usages. Un reportage de France 3 détaille la situation.
L’essentiel
- Installation illégale : Environ 400 membres de la communauté des gens du voyage se sont installés dans le quartier Lanepla le 21 juin 2026.
- Arrêté municipal : La maire a signé le 22 juin une restriction drastique des usages de l’eau potable, en vigueur jusqu’au 5 juillet, à Béost.
- Branchement sauvage : Un raccordement non autorisé au réseau communal a été constaté le 23 juin, aggravant les tensions sur un château d’eau déjà fragile.
- Canicule : Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a alerté sur un épisode de canicule et d’orages violents fin juin.
Installation illégale dans le quartier Lanepla
Dimanche 21 juin 2026, environ 400 personnes issues de la communauté des gens du voyage ont occupé un terrain non aménagé dans le secteur Lanepla, à Béost. Ce village de la vallée d’Ossau compte environ 1 170 habitants. La maire de Béost, Amandine Maysounabe, a réagi dès le lendemain en signant deux arrêtés municipaux. Le premier interdit le stationnement des résidences mobiles sur l’ensemble du territoire communal de Béost. Le second, plus urgent, restreint fortement les usages de l’eau potable à Béost.
Des branchements sauvages sur un réseau fragile
Le 23 juin, les services techniques ont découvert un branchement sauvage directement sur le réseau d’eau potable communal. Selon la mairie, cette connexion illégale a aggravé une situation déjà tendue : « Le château d’eau de Béost montrait des signes de faiblesse critique avant même l’arrivée des voyageurs », indique-t-elle. La commune a donc activé un plan de rationnement. Les usages non essentiels sont interdits : arrosage des jardins, remplissage des piscines, lavage des véhicules. Des coupures ponctuelles sont possibles jusqu’au dimanche 5 juillet.
Le reportage de France 3 Nouvelle-Aquitaine, diffusé le 25 juin, a montré des habitants venus remplir des jerricans au point d’eau municipal. « On comprend la situation, mais on a besoin d’eau pour boire et pour les animaux », témoigne un résident. Les forces de gendarmerie de Laruns et d’Oloron-Sainte-Marie ont été saisies pour faire appliquer l’interdiction de stationnement.
La réaction de la mairie et de la préfecture
La maire Amandine Maysounabe a justifié sa décision : « Nous devons protéger la ressource en eau pour les 230 habitants. Les branchements sauvages mettent en péril l’approvisionnement de tout le village. » Elle a également souligné que l’arrêté municipal respecte le cadre légal et que des concertations sont engagées avec la préfecture. Le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier, a réagi en mettant en garde contre un épisode caniculaire attendu dans les prochains jours. Dans un communiqué, il rappelle que « la vigilance orange canicule est activée sur le département » et que des orages violents sont également prévus. Il appelle à la responsabilité de tous.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Avec ses 230 habitants, Béost est une commune rurale de la vallée d’Ossau, un secteur touristique sensible aux épisodes de sécheresse. Le département des Pyrénées-Atlantiques connaît régulièrement des tensions sur la ressource en eau en période estivale. La gestion de l’eau est un enjeu majeur, notamment dans les vallées montagnardes où les réseaux sont souvent anciens et sous-dimensionnés. Cette situation illustre les difficultés que peuvent rencontrer les petites communes confrontées à des installations illégales de grande ampleur, d’autant plus en période de canicule. Des mesures similaires de restriction ont été prises ailleurs dans le département, mais rarement à cette échelle.
Dans d’autres régions, la canicule pousse également les autorités à agir, comme en Seine-Maritime où la vigilance rouge a été maintenue ou dans le Pas-de-Calais où le préfet rappelle les consignes anti-noyade.
Prochaine étape : suivre l’évolution des restrictions
Les restrictions d’eau sont en vigueur jusqu’au 5 juillet. La mairie prévoit une réévaluation en fonction de l’état du réseau et des conditions météorologiques. Le préfet a annoncé que des contrôles seront effectués pour garantir le respect de l’arrêté. La situation devrait rester sous surveillance étroite dans les jours à venir.