Bergerac : le nouveau maire Fabien Ruet alerte sur un déficit de 3 millions d’euros
Élu en mars, Fabien Ruet accuse la précédente gestion de Jonathan Prioleaud d'avoir laissé un trou financier. L'ancien maire conteste et défend son bilan.
Le nouveau maire socialiste de Bergerac, Fabien Ruet, a dénoncé publiquement le 26 juin 2026 un déficit de 3 millions d'euros hérité de l'ancienne majorité. Son prédécesseur Jonathan Prioleaud réfute et met en avant 50 millions d'euros d'investissements sans hausse d'impôts.
L’essentiel
- Fait 1 : Fabien Ruet (PS) a été élu maire de Bergerac en mars 2026, succédant à Jonathan Prioleaud (divers droite).
- Fait 2 : Le 26 juin 2026, Ruet a affirmé que la précédente gestion avait laissé un déficit de 3 millions d’euros.
- Fait 3 : Jonathan Prioleaud défend son bilan : plus de 50 millions d’euros d’investissements et une fiscalité stable depuis 2020.
- Fait 4 : La Chambre régionale des comptes avait jugé en mars 2024 le plan d’investissement précédent insoutenable.
La passation de pouvoir à Bergerac ne se fait pas sans heurts. Moins de trois mois après son élection, le nouveau maire Fabien Ruet a rendu publiques ses premières conclusions sur l’état des finances municipales. Ce 26 juin 2026, il a accusé son prédécesseur Jonathan Prioleaud d’avoir laissé un déficit estimé à 3 millions d’euros.
Ce qui s’est passé
Fabien Ruet, candidat du Parti socialiste, a remporté les élections municipales de mars 2026 face au maire sortant Jonathan Prioleaud. Dès sa prise de fonction, il a commandé un audit des comptes de la ville. Selon ses déclarations rapportées par Radio France, cet audit révèle un trou de 3 millions d’euros dans le budget de fonctionnement.
Le nouveau maire a également pointé l’encours de la dette, qui dépasse les 32 millions d’euros selon les informations publiées par Bergerac au Quotidien. Il estime que ce niveau représente un danger pour l’équilibre financier de la commune.
La réaction de Jonathan Prioleaud
L’ancien maire, désormais conseiller municipal d’opposition, ne partage pas ce diagnostic. Il a répondu point par point en revendiquant un bilan solide. Selon lui, plus de 50 millions d’euros d’investissements ont été réalisés entre 2020 et 2026, sans augmentation de la fiscalité locale. Il rappelle avoir même baissé les taux d’imposition en 2022.
Jonathan Prioleaud s’était engagé pendant la campagne à ne pas augmenter les impôts locaux d’ici 2032, tout en poursuivant le désendettement. Il conteste le chiffre du déficit, affirmant que la trésorerie de la ville était saine à son départ.
Un rapport de la Chambre régionale des comptes en toile de fond
La nouvelle majorité municipale s’appuie également sur un rapport de la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine, publié en mars 2024. Ce document pointait déjà le manque de viabilité à long terme de la programmation d’investissements de la ville. Il jugeait le plan « insoutenable en l’état de l’autofinancement municipal ».
François Duhant, nommé adjoint délégué à l’administration générale et aux finances, pilote désormais le budget. Il a d’ores et déjà fait voter une garantie d’emprunt auprès de l’Agence France Locale lors du conseil municipal du 29 avril 2026.
Contexte dans la Dordogne
Avec environ 26 323 habitants, Bergerac est la deuxième ville du département de la Dordogne, derrière Périgueux. Son budget communal annuel avoisine les 45 millions d’euros. La bataille politique autour des finances locales n’est pas isolée : dans d’autres villes comme Manosque, les oppositions dénoncent aussi des choix budgétaires. La situation bergeracoise illustre les tensions récurrentes entre majorités sortante et entrante sur la sincérité des comptes.
Prochaine étape
Le conseil municipal de juillet devrait examiner les propositions de la nouvelle équipe pour résorber le déficit. L’opposition promet de voter contre toute hausse d’impôts. La polémique pourrait durer jusqu’à la présentation du compte administratif 2025, prévue à l’automne.