Besançon : deux adolescents meurent noyés au barrage Micaud, zone interdite à la baignade
Samedi 20 juin, deux jeunes garçons de 11 et 13 ans (selon les médias locaux) ont perdu la vie dans le Doubs. La baignade y est formellement interdite par arrêté municipal.
Deux adolescents sont morts noyés samedi soir au niveau du barrage du parc Micaud à Besançon. L’un a coulé, l’autre a sombré en tentant de le secourir. Quatre témoins ont ramené les corps, mais les pompiers n’ont pu les réanimer.
L’essentiel
- Victimes : deux adolescents, âgés de 11 et 13 ans selon les médias locaux (15 ans pour la mairie et l’AFP), morts noyés samedi 20 juin 2026.
- Lieu : barrage du parc Micaud à Besançon, zone formellement interdite à la baignade par arrêté municipal du 9 juin 2026.
- Secours : quatre témoins ont sorti les corps de l’eau ; les pompiers (plongeurs, drones) n’ont pu réanimer les victimes.
Le déroulé du drame
Samedi 20 juin 2026, en fin d’après-midi, deux adolescents se baignaient dans le Doubs, en contrebas du barrage du parc Micaud, à Besançon. Selon les premiers témoignages recueillis par L’Est Républicain, l’un des deux jeunes garçons a soudainement disparu sous l’eau, emporté par les courants. Son camarade s’est immédiatement jeté à l’eau pour tenter de lui porter secours, mais a coulé à son tour.
Quatre témoins présents sur les berges n’ont pas hésité. Ils se sont jetés dans le Doubs, ont réussi à ramener les deux corps inanimés sur la berge et ont commencé des manoeuvres de réanimation. Malgré leurs efforts, les adolescents ne respiraient plus.
Une zone interdite à la baignade
Le site du barrage Micaud est un secteur particulièrement dangereux. La baignade y est formellement interdite par un arrêté municipal pris par le maire Ludovic Fagaut, réactualisé le 9 juin 2026, soit onze jours avant le drame. Des panneaux « baignade interdite » sont installés aux abords du barrage. Les courants y sont puissants, créés par la différence de niveau d’eau, et les remous sont imprévisibles, même en période de canicule.
Le département du Doubs était d’ailleurs placé en vigilance orange canicule par Météo-France ce week-end du 20 juin, ce qui peut expliquer la tentation de se baigner malgré l’interdiction.
Les secours impuissants
À l’arrivée des sapeurs-pompiers, les deux adolescents étaient en arrêt cardio-respiratoire. Les secours ont mobilisé des plongeurs et un drone pour s’assurer qu’aucune autre personne ne se trouvait dans l’eau, mais les victimes étaient déjà sur la berge, prises en charge par les témoins. Les équipes médicales ont tenté des manoeuvres de réanimation prolongées, en vain. Les deux jeunes garçons ont été déclarés décédés sur place.
Une divergence subsiste sur l’âge exact des victimes. France Bleu et l’AFP indiquent des adolescents de 15 ans, tandis que L’Est Républicain et ToutMontbeliard.com avancent les âges de 11 et 13 ans. La mairie de Besançon n’a pas confirmé officiellement leur identité, laissant la cellule psychologique gérer les familles.
La réaction de la mairie
Le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, a exprimé ses condoléances aux familles dans un communiqué. Il a annoncé la mise en place d’une cellule d’accompagnement psychologique pour les proches et les témoins, ainsi que dans les établissements scolaires fréquentés par les victimes. Le maire a rappelé le danger de la baignade au barrage Micaud et a indiqué que des patrouilles de police municipale allaient être renforcées sur les berges.
L’opposition réclame des mesures
L’opposition municipale de gauche (écologistes et insoumis) a rapidement réagi. Dans un communiqué relayé sur X, elle dénonce le manque d’accès à des zones de baignade surveillées sur la commune, en particulier en période de forte chaleur. « Alors que le Doubs est en vigilance orange canicule, les jeunes n’ont aucun lieu sécurisé pour se rafraîchir. Cela favorise les comportements à risque », a déclaré l’élue écologiste Hélène D. au micro de France 3 Bourgogne-Franche-Comté. L’opposition demande l’ouverture de bassins de baignade naturels surveillés, gratuits, pour l’été.
Contexte dans le Doubs
Le Doubs est un département où les accidents de baignade en rivière sont récurrents. En 2025, le service départemental d’incendie et de secours (SDIS 25) a recensé 23 interventions pour noyade dans les cours d’eau et plans d’eau, dont 4 mortelles. Au niveau national, Santé publique France indique que 409 personnes sont mortes par noyade durant l’été 2025, un chiffre en hausse de 16 % par rapport à 2024. Les enfants et adolescents sont particulièrement vulnérables : les moins de 15 ans représentent environ un quart des décès par noyade.
En juin dernier, un autre drame avait touché le département : une fillette de 9 ans avait été mordue par un brochet à la base nautique d’Osselle, suscitant l’émoi. Plus récemment, deux collégiens de Quingey ont été placés en garde à vue après avoir versé du désinfectant dans la gourde de leur professeure.
Prochaine étape
Une enquête de police a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Une autopsie des corps sera pratiquée. La mairie prévoit une réunion de sécurité avec les services de l’État pour évaluer les mesures complémentaires à prendre avant l’été.