Besançon : un drone livre un colis à la prison de La Butte, une femme de 28 ans interpellée
Dans la nuit du 28 au 29 mai 2026, la BAC a suivi un drone jusqu'à la rue Octave-David et arrêté la conductrice du véhicule servant de base arrière.
Vers 00h50 dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 mai 2026, un drone a déposé un colis à l'intérieur de la maison d'arrêt de Besançon. La brigade anti-criminalité a suivi l'appareil jusqu'à son point de retour et interpellé une femme de 28 ans au volant d'une Alfa Romeo 147.
L’essentiel
- Nuit du 28 au 29 mai 2026, 00h50 : un drone dépose un petit colis suspendu à une cordelette dans l’enceinte de la maison d’arrêt de Besançon (La Butte).
- Interpellation : une femme de 28 ans arrêtée rue Octave-David, au volant d’une Alfa Romeo 147 ; drone, télécommande, colis préparé et matériel supplémentaire saisis.
- Suite judiciaire : déférée en CRPC, laissée libre sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître à Besançon pendant deux ans ; audience prévue en juin 2026.
- Contexte établissement : la maison d’arrêt accueille environ 460 détenus pour 273 places, selon un rapport 2026 du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL).
Un colis déposé à 00h50 dans la nuit
La scène se déroule dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 mai 2026. Vers 00h50, un drone survole la maison d’arrêt de Besançon, connue sous le nom de prison de La Butte, située 5 rue Louis Pergaud. L’appareil dépose un petit colis, suspendu à une cordelette, à l’intérieur de l’enceinte pénitentiaire, selon L’Est Républicain et France 3 Franche-Comté.
Un fonctionnaire de la brigade de surveillance et d’intervention (BST) repère la manœuvre et alerte aussitôt les policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) de Besançon. Les agents observent le drone effectuer son trajet retour.
La BAC suit le drone jusqu’à la rue Octave-David
L’engin regagne la rue Octave-David, à proximité immédiate de l’établissement, et se pose derrière une Alfa Romeo 147. Un homme récupère le drone, le jette dans le véhicule et prend la fuite à pied à travers les broussailles, selon L’Est Républicain et macommune.info. Il n’a pas été retrouvé dans l’immédiat.
La conductrice du véhicule, une femme de 28 ans, est toujours sur place. Les policiers la surprennent au moment où elle déconnecte son téléphone de la télécommande du drone. Elle est interpellée immédiatement.
Saisies et version de la suspecte
La fouille du véhicule est productive : les policiers saisissent le drone, la télécommande, un colis déjà préparé et du matériel destiné à d’autres livraisons, selon macommune.info et France 3.
Lors de sa garde à vue, la femme dit n’avoir servi que de chauffeur. Elle déclare avoir récupéré un jeune homme, présenté comme cousin d’un détenu, dans le quartier de Planoise. Elle affirme également entretenir une relation à distance avec un détenu, rencontré via Snapchat. Ce dernier aurait synchronisé son téléphone avec celui de la jeune femme pour piloter le drone depuis l’intérieur de la prison, selon France 3 Franche-Comté. Ces déclarations n’ont pas été confirmées de manière indépendante à ce stade.
Pour des affaires similaires dans le Doubs, les interpellations récentes dans le département illustrent une activité judiciaire soutenue autour de Besançon.
Déférée en CRPC, libre sous contrôle judiciaire
Après sa garde à vue, la femme de 28 ans a été déférée devant le parquet de Besançon selon la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Elle a été laissée libre, sous contrôle judiciaire. Une mesure d’interdiction de paraître à Besançon pendant deux ans lui a été imposée. Une audience est prévue en juin 2026, selon France 3 et macommune.info.
L’homme qui a fui n’avait pas été interpellé au moment de la publication des informations disponibles.
Contexte dans le Doubs : une prison saturée et exposée
La maison d’arrêt de La Butte est un établissement vétuste implanté en milieu urbain dense, dans le quartier éponyme de Besançon. Sa situation géographique la rend particulièrement accessible depuis la voie publique, sans protection aérienne connue contre les drones.
Un rapport publié en 2026 par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a épinglé l’établissement pour vétusté, insalubrité et surpopulation sévère : environ 460 détenus pour 273 places, soit un taux d’occupation supérieur à 168 %, selon L’Est Républicain. Ce contexte nourrit une demande persistante en produits prohibés - téléphones, stupéfiants, nourriture - souvent acheminés par jets par-dessus les murs ou, de plus en plus, par drone.
Les livraisons illicites par voie aérienne ne sont pas un phénomène propre à Besançon : plusieurs établissements pénitentiaires français ont signalé des incidents similaires ces dernières années. La question de l’équipement en dispositifs anti-drone des prisons françaises reste ouverte à l’échelle nationale.
La gendarmerie et la police déploient régulièrement des moyens de surveillance aux abords des établissements sensibles du département, comme en témoignent les opérations de proximité documentées dans d’autres départements.
Prochaine étape
L’audience en CRPC de la femme de 28 ans doit se tenir devant le tribunal judiciaire de Besançon en juin 2026. L’identité et la localisation du passager fuyard n’ont pas été précisées par les autorités à ce stade.
Sources
- L'Est Républicain : Livraison de colis par drone en prison : une femme de 28 ans interpellée
- France 3 Franche-Comté : En pleine nuit, un drone livre un colis au-dessus de la prison de Besançon : la police interpelle une femme
- macommune.info : Besançon : un drone surpris en pleine livraison à la prison, une femme de 28 ans interpellée
- ici.fr : Un colis livré par drone au dessus de la prison de Besançon