Blois : 77 anciens salariés d’Enerflux dénoncent des licenciements injustes après la reprise

La reprise d'Enerflux par Sirius Space Services, validée le 5 mai, a entraîné 77 licenciements que d'anciens employés jugent arbitraires.

Blois : 77 anciens salariés d'Enerflux dénoncent des licenciements injustes après la reprise
Illustration Isabelle Gaillard / info.fr

Validée le 5 mai 2026 par le tribunal des activités économiques de Lyon, la reprise d'Enerflux par la société lyonnaise Sirius Space Services s'est soldée par le licenciement de 77 salariés sur 178. À Blois, des anciens employés contestent ces décisions et dénoncent une injustice.

Validée le 5 mai 2026 par le tribunal des activités économiques de Lyon, la reprise d’Enerflux par la société lyonnaise Sirius Space Services s’est soldée par le licenciement de 77 salariés sur 178. À Blois, des anciens employés contestent ces décisions et dénoncent une injustice.

L’essentiel

  • Reprise actée : le tribunal des activités économiques de Lyon a validé la reprise d’Enerflux par Sirius Space Services le 5 mai 2026.
  • 77 licenciements : sur 178 salariés au total, dont 160 basés à Blois, 77 n’ont pas été repris par le nouvel employeur.
  • 101 CDI maintenus : Sirius Space Services a intégré 101 salariés dans le cadre de la reprise.
  • Plan d’accompagnement : la préfecture de Loir-et-Cher s’engage à accompagner 73 salariés licenciés via un Plan Grand Licenciement, avec formations et aide au reclassement.
  • Sentiment d’injustice : selon La Nouvelle République, trois anciens salariés jugent les licenciements arbitraires et sans motif valable.

Une reprise qui laisse 77 salariés sur le carreau

Enerflux, spécialisée dans les services énergétiques et implantée principalement à Blois, employait 178 personnes avant l’opération, dont 160 dans le Loir-et-Cher. La procédure de reprise a abouti à la sélection de 101 salariés, repris en CDI par Sirius Space Services. Les 77 autres ont reçu leur licenciement dans les jours suivant la décision du tribunal, selon La Nouvelle République.

La société Sirius Space Services, basée à Lyon, a repris Enerflux après des difficultés financières de cette dernière, selon des informations croisées entre La Nouvelle République et la préfecture de Loir-et-Cher. Les modalités de sélection des salariés repris n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade.

« On n’a pas demandé à partir »

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Trois anciens salariés licenciés ont témoigné auprès de La Nouvelle République. Ils jugent les licenciements arbitraires et sans motif valable. L’un d’eux a résumé le sentiment collectif : « On n’a pas demandé à partir ». Ces témoignages pointent le caractère inattendu des départs forcés, dans une entreprise où beaucoup ne s’estimaient pas en situation précaire.

Les critères ayant présidé au choix des 101 salariés repris - ancienneté, poste, compétences - n’ont pas été rendus publics. Les anciens salariés n’ont pas précisé s’ils envisagent des recours juridiques. La question d’une contestation collective devant les prud’hommes n’a pas été évoquée dans les sources disponibles à ce stade.

La préfecture met en place un Plan Grand Licenciement

La préfecture de Loir-et-Cher a publié un communiqué confirmant la reprise et annonçant un dispositif d’accompagnement. Selon ce document officiel, 73 salariés licenciés bénéficieront d’un Plan Grand Licenciement, qui prévoit formations professionnelles et aide au reclassement rapide.

Le décompte de la préfecture fait état de 73 salariés concernés par ce plan, contre 77 licenciements mentionnés par La Nouvelle République. L’écart de quatre personnes n’a pas été expliqué dans les sources disponibles.

Ce type de plan, activé lorsqu’un licenciement collectif dépasse un certain seuil dans une zone d’emploi, mobilise en principe les services de l’État, Pôle emploi et les organismes de formation. Son contenu précis et son calendrier de mise en œuvre n’ont pas encore été détaillés par la préfecture.

Contexte dans le Loir-et-Cher

Le Loir-et-Cher est un département à tissu industriel fragile, où les pertes d’emplois dans les PME ont des répercussions directes sur les bassins d’emploi locaux. Blois, préfecture du département, concentre l’essentiel de l’activité économique du territoire. La perte de 77 postes dans le secteur des services énergétiques représente un signal négatif pour un marché de l’emploi local déjà sous tension.

Le secteur de la transition énergétique, dont Enerflux était un acteur local, fait l’objet d’une attention particulière à l’échelle nationale. Les difficultés de financement et les restructurations y sont fréquentes - comme en témoigne le projet Lichen en Charente, suspendu faute de raccordement électrique. La reprise par Sirius Space Services est présentée par les autorités comme une solution préservant l’activité, mais la réduction d’effectif de près de 43 % relativise ce bilan.

Les licenciements de masse dans les PME régionales posent par ailleurs des questions récurrentes sur les droits des salariés en procédure collective. À Clermont-Ferrand, la liquidation de Bouchara a également laissé 200 emplois sans solution de reprise, illustrant la difficulté des reclassements dans les zones hors métropoles.

Les salariés repris et ceux qui restent

Pour les 101 salariés intégrés en CDI chez Sirius Space Services, les conditions du transfert - maintien des avantages acquis, rémunération, classification - n’ont pas été précisées dans les communications publiques. En droit du travail français, une reprise dans le cadre d’une procédure collective n’oblige pas nécessairement le repreneur à maintenir l’ensemble des avantages antérieurs. Ces questions restent ouvertes.

Du côté des licenciés, le Plan Grand Licenciement constitue à ce stade la seule réponse institutionnelle annoncée. Son efficacité dépendra des débouchés disponibles sur le bassin d’emploi blésois, notamment dans les secteurs compatibles avec les compétences des anciens salariés d’Enerflux.

La mobilisation syndicale autour de ce dossier n’a pas été documentée dans les sources disponibles. Aucune action collective formelle n’a été annoncée à la date de publication de cet article. Les débats sur les conditions de licenciement lors de reprises judiciaires traversent régulièrement l’actualité sociale - le 1er-Mai 2026 avait d’ailleurs vu huit syndicats se coaliser contre plusieurs réformes du droit du travail.

La prochaine étape concrète pour les anciens salariés sera la mise en œuvre effective du Plan Grand Licenciement, dont les premières mesures devraient être précisées par la préfecture de Loir-et-Cher dans les prochaines semaines.

Sources

Isabelle Gaillard

Isabelle Gaillard

Isabelle est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loir-et-Cher (41), avec Blois pour chef-lieu. Spécialité du département : châteaux royaux et ZooParc Beauval (1er parc zoo français). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Centre-Val de Loire.

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