Brasserie Moussequetaire : comment un Gersois maîtrise la crise énergétique
À Montaut-les-Créneaux, Laurent Bordes mise sur le gaz naturel et les circuits courts pour tenir ses coûts face à la flambée des prix
Fondée en 2019 dans le Gers, la Brasserie Moussequetaire a porté sa production de 230 à 370 hectolitres en 2025 malgré la crise énergétique. Son fondateur, Laurent Bordes, explique ses choix techniques et commerciaux pour maintenir l'équilibre.
Fondée en 2019 dans le Gers, la Brasserie Moussequetaire a porté sa production de 230 à 370 hectolitres en 2025 malgré la crise énergétique. Son fondateur, Laurent Bordes, explique ses choix techniques et commerciaux pour maintenir l’équilibre.
L’essentiel
- Production : passée de 230 à 370 hectolitres entre 2024 et 2025, selon La Dépêche
- Fondation : 1er avril 2019, à Montaut-les-Créneaux (Gers), par Laurent Bordes
- Approvisionnement : orge maltée à la Malterie Occitane de Saint-Sulpice, houblons français, certification bio
- Investissement 2026 : deux fermenteurs supplémentaires (1 000 L et 2 000 L), ligne de mise en bouteille semi-automatique à 350 bouteilles/heure
- Contexte national : plus de 500 brasseries artisanales ont fermé en France entre 2024 et 2026, selon France 3 Régions
« J’ai pris l’option d’être au gaz »
Le choix de Laurent Bordes est tranché. Dès le lancement de la Moussequetaire, il opte pour le gaz naturel plutôt que l’électricité pour alimenter sa chaîne de brassage. Une décision qui, selon lui, lui a permis d’absorber en partie la flambée des prix de l’énergie enregistrée depuis 2022.
« J’ai pris l’option d’être au gaz », déclare-t-il à La Dépêche. Concrètement, la brasserie associe cet approvisionnement à des optimisations annuelles : réduction de la consommation d’eau, recyclage partiel, ajustements sur les cycles de brassage. Les coûts énergétiques sont décrits comme stabilisés, sans chiffre précis communiqué à ce stade.
Une production en hausse, des circuits courts assumés
En 2025, la brasserie a produit 370 hectolitres, contre 230 l’année précédente. Une progression de plus de 60 % dans un contexte difficile pour la filière artisanale.
L’approvisionnement reste délibérément local. L’orge maltée provient de la Malterie Occitane à Saint-Sulpice. Les houblons sont français. Les bières, toutes certifiées bio, sont distribuées dans un rayon de 40 km autour du Gers. Ce positionnement réduit les coûts logistiques et limite l’exposition aux fluctuations des marchés internationaux de matières premières.
À l’image de d’autres brasseries artisanales confrontées à des difficultés structurelles, la Moussequetaire fait figure d’exception dans un secteur sous tension. En France, plus de 500 établissements de ce type ont fermé entre 2024 et 2026, faute de pouvoir absorber la hausse des charges, selon France 3 Régions.
Deux fermenteurs et une ligne d’embouteillage en 2026
Pour accompagner la croissance, Laurent Bordes a investi cette année dans deux fermenteurs supplémentaires : un cuve de 1 000 litres et une autre de 2 000 litres. Objectif : doubler la capacité de production de fûts et gagner en flexibilité.
Une ligne de mise en bouteille semi-automatique a également été installée. Elle tourne à 350 bouteilles par heure. Un système de consigne est aussi prévu pour les bouteilles, ce qui s’inscrit dans la démarche environnementale de la brasserie.
Pour ses sept ans, la Moussequetaire prévoit de lancer une septième référence : une session IPA. Des événements mensuels - dont des concerts - sont également organisés sur le site, selon La Dépêche.
Contexte dans le Gers
Le Gers est un département rural d’environ 195 000 habitants, dont l’économie repose largement sur l’agriculture et l’agroalimentaire. Le secteur brassicole y est modeste mais en développement depuis une dizaine d’années, porté par la demande en produits locaux et artisanaux.
Le nom Moussequetaire fait référence à d’Artagnan, figure historique gasconne. La connexion au territoire est donc aussi symbolique. En 2026, des travaux archéologiques en Hollande ont relancé les spéculations sur la localisation des restes du célèbre mousquetaire, selon La Dépêche.
La brasserie est référencée parmi les producteurs locaux des Fleurons de Lomagne, réseau valorisant les filières agro-alimentaires du Grand Sud-Ouest. Ce maillage facilite la visibilité locale et la distribution dans le périmètre des 40 km visé par Bordes.
À l’échelle régionale, la situation reste contrastée. En Limousin voisin, France 3 Régions a documenté la fermeture de plusieurs brasseries artisanales, citant des marges trop faibles pour absorber la hausse simultanée de l’énergie et des matières premières. La Moussequetaire, elle, affiche une trajectoire inverse - au moins pour l’instant. Comme le rappelle l’histoire d’établissements anciens de la région, la durabilité d’un projet brassicole se mesure sur le long terme.
La prochaine étape pour la brasserie sera le lancement public de la session IPA et les événements prévus pour marquer le septième anniversaire, dont les dates exactes n’ont pas été communiquées à ce stade.
Sources
- La Dépêche : "J'ai pris l'option d'être au gaz" : comment ce brasseur gersois maîtrise ses coûts face à l'explosion des prix de l'énergie
- France 3 Régions : "Certains ont cru que c'était l'Eldorado" : les brasseries artisanales sous pression en Limousin
- Fleurons de Lomagne : Bières du Gers MousseQuetaire | Rencontre avec Laurent Bordes