Budget 2026 : la Métropole de Montpellier vote la hausse des taxes et réduit ses investissements

Le conseil métropolitain a adopté le 28 avril un budget de 1,7 milliard d'euros marqué par une augmentation de la taxe foncière et une baisse des dépenses d'équipement.

Budget 2026 : la Métropole de Montpellier vote la hausse des taxes et réduit ses investissements
Illustration Sarah Bertrand / info.fr

Le conseil de la Métropole de Montpellier a adopté son budget primitif 2026 le 28 avril, pour un total de 1,7 milliard d'euros. La taxe foncière intercommunale bondit de 0,167 % à 5,8 % pour dégager 44 millions d'euros supplémentaires. Les investissements reculent à 371 millions, contre 482 millions un an plus tôt.

Le conseil de la Métropole de Montpellier a adopté son budget primitif 2026 le 28 avril, pour un total de 1,7 milliard d’euros. La taxe foncière intercommunale bondit de 0,167 % à 5,8 % pour dégager 44 millions d’euros supplémentaires. Les investissements reculent à 371 millions, contre 482 millions un an plus tôt.

L’essentiel

  • Budget total : 1,7 milliard d’euros adopté le 28 avril 2026, dont 1,016 milliard pour les politiques publiques.
  • Hausse fiscale : la taxe foncière intercommunale sur le bâti passe de 0,167 % à 5,8 %, soit environ 44 millions d’euros de recettes supplémentaires.
  • Investissements en baisse : 371 millions d’euros en 2026, contre 482 millions en 2025 ( - 23 %).
  • Vote serré sur la fiscalité : 25 élus ont voté contre la délibération sur les taux, dont les maires de Baillargues, Castelnau-le-Lez et Vendargues.
  • Budget global adopté : 87 voix pour, 13 contre, 2 abstentions parmi les 102 conseillers métropolitains.

Un vote acquis, mais une fracture interne

Le budget a été adopté à une large majorité : 87 voix pour, 13 contre et 2 abstentions. Mais la délibération spécifique sur les taux fiscaux a révélé un malaise. 25 conseillers ont voté contre et 7 se sont abstenus, selon Plurielle Info. Parmi les opposants, les maires de Baillargues, Castelnau-le-Lez et Vendargues.

Les élus de gauche radicale ont également rejeté le texte. Sur X, le compte @AntBertrand34 a résumé la position des insoumis :

La taxe foncière, principal levier de financement

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Le taux de la taxe foncière intercommunale sur le bâti passe de 0,167 % à 5,8 %. La hausse est massive en proportion, mais s’applique à la part métropolitaine - distincte de la part communale. Selon Midi Libre, elle générera environ 44 millions d’euros de recettes supplémentaires par an.

Michaël Delafosse, président de la Métropole, a défendu ce choix avec une formulation en trois options : « Il y a trois solutions : demander un effort aux communes, fermer des services publics ou se mettre au niveau des impôts des autres métropoles », selon La Gazette de Montpellier. La troisième option a été retenue.

La Métropole bénéficie par ailleurs d’une revalorisation automatique des bases fiscales de +0,8 % pour 2026, conformément aux données INSEE.

Les investissements amputés d’un quart

Le recul est net. Les dépenses d’investissement tombent à 371 millions d’euros en 2026, contre 482 millions en 2025, soit une baisse de 23 %, selon Montpellier Infos. Un montant également inférieur aux 449 millions inscrits dans la programmation pluriannuelle initiale du mandat.

La Métropole avait prévu un plan pluriannuel d’investissement (PPI) de 2,5 milliards d’euros sur la période 2021-2026, centré notamment sur les mobilités décarbonées. L’enveloppe 2026 s’éloigne de cette trajectoire, dans un contexte de taux d’intérêt élevés et d’inflation persistante.

Contexte dans l’Hérault

La Métropole de Montpellier regroupe 31 communes et plus de 500 000 habitants. Elle souffre structurellement d’une dotation globale de fonctionnement (DGF) inférieure de 30 % à la moyenne nationale, soit un manque à gagner d’environ 20 millions d’euros par an, selon La Gazette de Montpellier - une donnée citée par la présidence pour justifier le recours à la fiscalité.

Dans ce département, 783 517 foyers fiscaux sont concernés par la déclaration des revenus 2025. Le produit fiscal collecté dans l’Hérault s’élevait à 1,244 milliard d’euros l’année précédente, selon Actu.fr et Midi Libre. La pression fiscale locale reste donc un sujet sensible pour les contribuables du territoire.

La situation n’est pas propre à Montpellier. D’autres collectivités de taille comparable font face aux mêmes contraintes. À Aigues-Mortes, dans le Gard voisin, la commune a présenté un plan de rigueur sans hausse d’impôts face à une situation proche de la faillite - une autre illustration des tensions financières qui traversent les collectivités du sud de la France.

Ce que dit l’opposition

Les maires des communes périphériques ont exprimé un malaise particulier. Baillargues, Castelnau-le-Lez et Vendargues, communes résidentielles à l’est de Montpellier, contestent une hausse qu’ils n’ont pas initiée. Cette opposition communale à l’intercommunalité n’est pas nouvelle, mais elle s’est matérialisée publiquement lors du vote.

Du côté de la gauche radicale, le reproche porte sur le calendrier : la hausse fiscale intervient après les élections municipales de 2026, ce que les insoumis qualifient de « déni démocratique ». La majorité, elle, souligne que l’alignement sur les taux des métropoles comparables (Bordeaux, Toulouse, Nantes) était inévitable.

Un budget qui intègre 1,016 milliard pour les services publics

Au-delà de la fiscalité, le budget de 1,7 milliard affecte 1,016 milliard aux politiques publiques, selon le site officiel de la Métropole. Ce montant couvre les transports, l’eau, l’assainissement, le développement économique et les politiques sociales portées par l’établissement.

La présidence insiste sur le maintien des services. La réduction des investissements ne signifie pas l’arrêt des chantiers en cours, mais un ralentissement des nouvelles programmations. Les projets déjà engagés - notamment sur le réseau de tramway et les infrastructures cyclables - restent financés, sans que des montants précis par projet aient été communiqués à ce stade.

La prochaine étape est une réunion à Bercy prévue le 4 mai 2026, selon les informations disponibles, où la Métropole négociera une révision à la hausse de ses dotations de l’État. Les nouvelles modalités fiscales s’appliqueront dès l’automne 2026.

Sources

Sarah Bertrand

Sarah Bertrand

Sarah est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Hérault (34), avec Montpellier pour chef-lieu. Spécialité du département : Montpellier (1ere croissance demographique française) et viticulture. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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