Cargill investit 130 M€ à Saint-Nazaire pour éliminer 90% de son CO2

Le géant agroalimentaire américain déploie une chaudière biomasse pour décarboner le premier site de trituration de tournesol de France

Cargill investit 130 M€ à Saint-Nazaire pour éliminer 90% de son CO2
Illustration Stéphane Joly / info.fr

Annoncé lors du sommet Choose France 2026, l'investissement de 130 millions d'euros de Cargill à Saint-Nazaire vise à supprimer 90% des émissions de CO2 du site via une chaudière biomasse alimentée par des coques de tournesol. Les travaux démarrent en novembre 2026, pour une mise en service en mars 2029.

Annoncé lors du sommet Choose France 2026, l’investissement de 130 millions d’euros de Cargill à Saint-Nazaire vise à supprimer 90% des émissions de CO2 du site via une chaudière biomasse alimentée par des coques de tournesol. Les travaux démarrent en novembre 2026, pour une mise en service en mars 2029.

L’essentiel

  • 130 M€ investis par Cargill dans son usine de Saint-Nazaire, annoncé au sommet Choose France 2026.
  • 90% d’émissions CO2 en moins, soit environ 20 000 tonnes de CO2 évitées par an, grâce à une chaudière biomasse substituant le gaz naturel.
  • 550 000 à 600 000 tonnes de graines de tournesol traitées chaque année sur le site, représentant 40% de la production nationale française.
  • Travaux de novembre 2026 à mars 2029 : mise en service prévue dans deux ans et demi, 7 emplois créés.
  • Financement partiel via le plan France 2030, avec l’ADEME comme partenaire, selon Le Journal des Entreprises.

Ce qui a été annoncé

Le groupe américain Cargill a dévoilé le 30 avril 2026 un investissement de 130 millions d’euros - soit 150 millions de dollars - pour moderniser en profondeur son usine nazairienne, selon Les Echos et Le Journal des Entreprises. Le projet, baptisé « Cocorico », porte principalement sur l’installation d’une chaudière biomasse alimentée par les coques des graines de tournesol, un co-produit jusqu’ici peu valorisé.

Emmanuel Macron a relayé l’annonce directement sur X :

La substitution de la biomasse au gaz naturel doit réduire la consommation de gaz de plus de 100 GWh par an, selon Le Journal des Entreprises. Les coques excédentaires seront valorisées en pellets de biomasse destinés aux réseaux de chaleur locaux.

Un site stratégique pour la filière tournesol française

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L’usine de Saint-Nazaire est implantée depuis 1964. La trituration, d’abord dédiée au soja à partir de 1970, s’est étendue au tournesol en 1990, selon le site de Cargill France. Avec 550 000 à 600 000 tonnes de graines traitées annuellement, elle pèse 40% de la production nationale française de tournesol et assure environ 40% de l’huile de tournesol alimentaire consommée en France, confirme Ouest-France.

Les tourteaux issus de la trituration sont utilisés en alimentation animale, principalement pour les ruminants. Le projet prévoit aussi une montée en gamme : des tourteaux à plus haute teneur en protéines, pour réduire la dépendance aux importations de soja, selon Le Journal des Entreprises.

En termes d’emploi, l’impact reste limité : 7 postes créés, portant l’effectif total à 76 personnes. Le site emploie actuellement 69 salariés, une donnée croisée par Cargill France et Le Journal des Entreprises.

La mécanique du projet : biomasse et pellets

Le principe technique s’appuie sur un circuit fermé. Les coques de tournesol, séparées lors de la trituration, alimenteront la nouvelle chaudière biomasse. La chaleur produite remplace le gaz naturel dans le process industriel. Les coques non consommées seront pressées en pellets et cédées à des réseaux de chaleur, selon le port de Nantes Saint-Nazaire, qui a publié un point dédié au projet « Cocorico ».

Résultat attendu : une réduction de 20 000 tonnes de CO2 par an - soit 90% des émissions actuelles du site - et une baisse de la consommation de gaz supérieure à 100 GWh annuels. Ce chiffre est confirmé à la fois par le compte officiel d’Emmanuel Macron et par Le Journal des Entreprises. Selon une source unique citée par le port de Nantes Saint-Nazaire, les sites de Saint-Nazaire et de Montoir-de-Bretagne combinés émettent actuellement environ 40 000 tonnes de CO2 par an ; ce projet couvrirait les deux unités.

Choose France et France 2030 : le cadre politique

L’annonce s’inscrit dans le sommet Choose France 2026, vitrine nationale des investissements étrangers en France. Le financement du projet est assuré en partie par le plan France 2030, avec l’ADEME comme partenaire institutionnel, selon Le Journal des Entreprises.

Pour Cargill, Saint-Nazaire n’est pas un cas isolé. Le groupe a déjà engagé 25 millions d’euros à Baupte (Manche) pour réduire de 45% les émissions de CO2 de son site, et 50 millions d’euros à Saint-Cyr-en-Val (Loiret) pour moderniser la production, selon le port de Nantes Saint-Nazaire. L’investissement nazairien est, de loin, le plus important du triptyque.

La question du coût de l’énergie reste un paramètre de fond. La hausse de 15,4% du prix du gaz au 1er mai 2026 renforce mécaniquement l’intérêt économique d’une transition vers la biomasse pour les industriels grands consommateurs d’énergie fossile.

Contexte dans la Loire-Atlantique

Saint-Nazaire concentre une industrie lourde diversifiée : construction navale (Chantiers de l’Atlantique), raffinage, chimie et agroalimentaire. Le port de Nantes Saint-Nazaire, quatrième port français, joue un rôle central dans l’approvisionnement en graines oléagineuses et dans l’export des huiles raffinées.

L’usine Cargill est l’un des plus grands employeurs industriels du secteur agroalimentaire sur l’estuaire. À l’échelle de la Loire-Atlantique, la décarbonation industrielle constitue un enjeu majeur : le département concentre des sites énergivores soumis à la réglementation européenne sur les quotas carbone (EU ETS). Un projet à 130 M€ dans ce secteur est rare à cette échelle territoriale.

Par comparaison, le méthaniseur Méthagase inauguré à Angerville dans l’Essonne illustre la même dynamique de substitution des énergies fossiles par des solutions locales issues de co-produits agricoles, un modèle que Cargill applique ici à une échelle industrielle nettement supérieure.

La filière tournesol du Grand Ouest - Pays de la Loire, Bretagne, Centre-Val de Loire - dépend en partie de ce site de trituration pour écouler sa production. Les agriculteurs fournissant des graines à Cargill bénéficient indirectement de la pérennisation et de la montée en gamme du site.

Calendrier : novembre 2026, mise en service en 2029

Selon Presse Océan et Le Journal des Entreprises, les travaux débuteront en novembre 2026. La mise en service de l’ensemble est fixée à mars 2029, soit un chantier de deux ans et quatre mois sur un site en activité. Les modalités de maintien de la production pendant les travaux n’ont pas été détaillées à ce stade.

Le dossier de financement France 2030 est en cours d’instruction auprès de l’ADEME ; le montant exact de la subvention publique n’a pas été communiqué.

Sources

Stéphane Joly

Stéphane Joly

Stéphane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loire-Atlantique (44), avec Nantes pour chef-lieu. Spécialité du département : chantiers navals (1ers d'Europe) et french tech Nantes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Pays de la Loire.

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