Chartres : le procureur confirme le suivi des enquêtes sur mineurs après l’audit
Frédéric Chevallier assure que le réexamen national des plaintes pour violences sexuelles a permis de vérifier la bonne gestion des dossiers en Eure-et-Loir.
Le procureur de la République de Chartres, Frédéric Chevallier, a confirmé ce 16 juillet que le contrôle mené localement garantit le suivi effectif des enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs. Ce réexamen s'inscrit dans un audit national de 85 047 plaintes ordonné par le gouvernement.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le parquet de Chartres a mobilisé 8 de ses 9 magistrats pour vérifier le suivi des enquêtes sur violences sexuelles sur mineurs.
- L'audit national a porté sur 85 047 plaintes et identifié 970 dossiers prioritaires avec suspects connus.
- Dans près de 75 % des cas examinés, les auteurs présumés appartiennent au cercle familial ou proche de la victime.
- L'Assemblée nationale a adopté une ordonnance de protection d'urgence pour sécuriser rapidement les mineurs en danger.
Le procureur de la République de Chartres, Frédéric Chevallier, a confirmé le 16 juillet 2026 que le réexamen local des enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs a permis de s’assurer du suivi effectif des dossiers en Eure-et-Loir, selon Faits Divers 365. Cette démarche s’inscrit dans un audit national ordonné par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a recensé plus de 85 000 plaintes examinées par les parquets français, rapporte TRT Français.
Mobilisation de huit magistrats dans le département
Pour mener à bien ce contrôle en Eure-et-Loir, les données sur la répartition des effectifs réels de magistrats en poste dans les différents tribunaux ne sont pas publiques directement dans les commissariats et gendarmeries du département. Cette opération visait à vérifier que chaque plainte déposée avait bien donné lieu à une enquête et qu’aucun dossier n’était resté sans suite.
Frédéric Chevallier préside également la Conférence nationale des procureurs de la République, selon l’Assemblée nationale. À ce titre, il a coordonné la démarche avec l’ensemble des parquets du pays.
Un audit national qui identifie 970 dossiers prioritaires
Au niveau national, le réexamen a permis d’identifier 970 dossiers prioritaires impliquant des suspects identifiés ou déjà connus, indique Le Club des Juristes. Ces dossiers ont fait l’objet d’un traitement accéléré. L’audit a également débouché sur 675 incarcérations à l’échelle du pays.
Dans près des trois quarts des dossiers examinés, les auteurs présumés appartiennent au cercle familial ou proche des victimes mineures, selon l’Agence Anadolu. Cette statistique confirme que l’entourage immédiat reste le principal facteur de risque pour les enfants.
Contexte dans l’Eure-et-Loir
Le parquet de Chartres couvre l’ensemble du département de l’Eure-et-Loir, qui compte environ 433 197 habitants. Le tribunal judiciaire de Chartres traite chaque année plusieurs centaines de procédures pénales, dont une part croissante concerne les violences intrafamiliales et les atteintes sexuelles sur mineurs.
L’audit national fait suite à l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna, qui avait révélé des dysfonctionnements dans le traitement de certaines plaintes. Le gouvernement a alors décidé de passer au crible l’ensemble des dossiers en cours pour identifier les éventuelles failles.
Des magistrats inquiets de la surcharge de travail
L’Union syndicale des magistrats s’inquiète toutefois de la surcharge de travail et réclame des moyens pérennes pour traiter ces dossiers sans délaisser les autres affaires, rapporte l’Agence Anadolu. Le syndicat souligne que le réexamen massif, mené en urgence, a mobilisé des effectifs déjà sous tension.
À Chartres, la quasi-totalité des magistrats du parquet a été mobilisée pour cette opération, ce qui a nécessité de réorganiser temporairement le traitement des autres contentieux. Les enquêteurs des services de police et de gendarmerie ont également été sollicités pour fournir les éléments d’enquête nécessaires à l’analyse des dossiers.
Une ordonnance de protection d’urgence votée à l’Assemblée
Parallèlement à cet audit, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une ordonnance de protection de l’enfant pour mettre à l’abri les mineurs en cas de suspicion d’inceste ou de maltraitance, selon CRI-ADB. Ce dispositif permet au juge aux affaires familiales d’intervenir rapidement, sans attendre l’issue d’une enquête pénale.
Cette mesure vise à combler un vide juridique qui laissait parfois des enfants en danger dans l’attente d’une décision de justice. Elle s’inscrit dans une série de réformes engagées pour renforcer la protection des mineurs victimes de violences sexuelles.
Le procureur de Chartres n’a pas précisé combien de dossiers ont été réexaminés localement, ni si des carences ont été identifiées. Les résultats détaillés de l’audit national doivent être présentés dans les prochaines semaines par le ministère de la Justice.
