Pékin dégaine sa loi anti-sanctions : les multinationales tech prises au piège d’un conflit de lois
Première invocation concrète des Blocking Rules de 2021 ce que cela change pour les entreprises américaines opérant en Chine
Le 2 mai 2026, le ministère chinois du Commerce a interdit à quiconque en Chine de respecter les sanctions américaines visant cinq raffineries. Une première qui change les règles du jeu.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Conflit de lois opérationnel pour les multinationales tech
Les entreprises américaines en Chine doivent désormais choisir entre conformité OFAC et conformité MOFCOM, les deux étant juridiquement incompatibles.
Premier précédent d'application des Blocking Rules
Depuis le 9 janvier 2021, les règles existaient mais dormaient. Leur première activation crée une jurisprudence applicable à tous les secteurs sensibles, dont la tech.
Bifurcation accélérée des écosystèmes numériques
Les contrôles US sur Nvidia, Cadence, Synopsys couplés au cadre chinois de contre-mesures rendent la segmentation des opérations Chine/reste du monde inévitable.
Risque pénal pour les dirigeants étrangers
L'article 12 du décret 835 du 13 avril 2026 introduit une référence à la responsabilité pénale individuelle pour application de mesures étrangères jugées impropres.
Levier de négociation avant la visite Trump-Xi
L'ordre du 2 mai 2026 intervient quelques jours avant la visite présidentielle américaine prévue mi-mai et signale que Pékin négociera en position de force.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le MOFCOM a publié le 2 mai 2026 son premier ordre de prohibition contre des sanctions américaines, ciblant cinq raffineries chinoises liées au pétrole iranien.
- C'est la première application concrète des Blocking Rules chinoises adoptées en janvier 2021.
- Les multinationales tech américaines opérant en Chine font face à un conflit de lois inédit appliquer l'OFAC ou respecter le MOFCOM.
- Les décrets 834 et 835 d'avril 2026 ont créé une Malicious Entity List et une responsabilité pénale potentielle pour les violations.
- L'ordre tombe à la veille d'une visite de Donald Trump à Pékin, programmée mi-mai 2026.
Le 2 mai 2026 [1], le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) [2] a publié un ordre de prohibition sans précédent. Pour la première fois depuis l’adoption des Rules on Counteracting Unjustified Extraterritorial Application of Foreign Legislation entrées en vigueur le 9 janvier 2021 [3], Pékin invoque concrètement son blocking statute [4]. Cible: les sanctions américaines frappant cinq entreprises chinoises [5], dont Hengli Petrochemical (Dalian) Refining Co [6], Shandong Shouguang Luqing Petrochemical [7], Shandong Jincheng Petrochemical Group [8], Hebei Xinhai Chemical Group [9] et Shandong Shengxing Chemical [10].
L’ordre est entré en vigueur immédiatement [11]. Sa portée est radicale: les sanctions américaines ne doivent être ni reconnues, ni mises en œuvre, ni respectées
[12] sur le territoire chinois. Pour le dire simplement: toute entreprise opérant en Chine - chinoise ou étrangère - qui appliquerait les sanctions de l’OFAC s’expose désormais à des amendes et à des contre-mesures restrictives.
Le déclencheur: Hengli et le pétrole iranien
Le 24 avril 2026 [14], l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain [15] avait inscrit Hengli Petrochemical sur sa Specially Designated Nationals (SDN) List [16], avec gel des actifs et interdiction de transactions [17]. Motif invoqué: l’achat présumé de plusieurs milliards de dollars de pétrole iranien [18]. Washington a également visé une quarantaine de compagnies maritimes et navires [13] qualifiés de shadow fleet
iranienne. La base juridique: l’Executive Order 13902 signé en janvier 2020 [19] [20] sous la première administration Trump.
La Chine est le premier importateur mondial de pétrole iranien [21]. Les raffineries du Shandong - les teapot refineries - en sont les acheteurs structurels. Sanctionner ces entreprises, c’est sanctionner un pan entier de la chaîne énergétique chinoise.
Le cadre légal mobilisé
Le MOFCOM s’appuie sur quatre instruments empilés: la National Security Law [22], la Law on Foreign Relations [23], l’Anti-Foreign Sanctions Law adoptée en 2021 [24], et les 2021 Blocking Rules [25]. Un mécanisme inter-agences a conclu, après évaluation, que les sanctions américaines constituent une application extraterritoriale impropre
[26] [27].
Le porte-parole du MOFCOM justifie: The Chinese government has always opposed unilateral sanctions that lack authorization from the United Nations and have no basis in international law
[28].
Le précédent européen: un blocking statute peut-il avoir des dents?
On se souvient que l’Union européenne avait été la première grande puissance à expérimenter ce type d’instrument. Le EU Blocking Statute, adopté en 1996 [29] pour contrer les lois Helms-Burton et d’Amato visant Cuba, l’Iran et la Libye, fut réactivé en 2018 après le retrait américain de l’accord nucléaire iranien. Bilan: quasi-inapplication. Aucune amende notable, aucune entreprise européenne n’a accepté de s’exposer aux sanctions secondaires américaines pour le respecter. Bruxelles a depuis complété son arsenal avec l’Anti-coercion Instrument entré en vigueur le 27 décembre 2023 [30] [31], encore non testé.
Pékin parie sur une exécution plus musclée. Contrairement à l’UE, la Chine dispose de leviers de rétorsion économiques massifs: un marché intérieur considérable, un poids déterminant sur les terres rares, et désormais un appareil administratif - décret 835, Malicious Entity List [32], Prohibition Execution Orders [33] - calibré pour sanctionner concrètement les entreprises récalcitrantes.
Ce qui change pour les entreprises tech américaines
L’ordre du 2 mai cible des raffineries pétrolières. Mais le précédent juridique vaut pour tous les secteurs - et la tech américaine est en première ligne. Depuis 2025 [34] [35], les sanctions américaines visant des entreprises chinoises se sont multipliées. Les contrôles à l’export ont restreint l’accès des firmes chinoises aux puces avancées de Nvidia [36] [37], avec des ordres d’arrêt de livraison adressés à Lam Research, Applied Materials et KLA [38] [39] [40]. En mai 2025 [41], Cadence, Synopsys et Siemens EDA [42] [43] [44] ont reçu des injonctions similaires.
Concrètement: une multinationale américaine présente en Chine se retrouve coincée. D’un côté, l’OFAC lui interdit de traiter avec une entité SDN sous peine de sanctions secondaires. De l’autre, le MOFCOM lui interdit d’appliquer ces sanctions sous peine d’amendes et de poursuites en Chine. Ce que les juristes appellent un conflit de lois est désormais opérationnel.
Henry Gao, professeur de droit du commerce international à la Singapore Management University [45], résume le dilemme: Many firms will be facing hard choices and might want to segment their China operations from the rest of the world
[46]. Sa lecture: Due to the hegemonic power of the US, most firms will probably choose to comply with US sanctions first if they can
[47].
Bifurcation des: la fracture devient technique
Au-delà du droit, la séparation devient matérielle. Pékin a demandé à ses entreprises technologiques nationales - dont Alibaba [48] et ByteDance [49] - de ne plus acheter de puces Nvidia sauf nécessité absolue [50], et prépare des règles plafonnant les importations totales de puces IA avancées que les entreprises chinoises peuvent acquérir [51]. Côté américain, les contrôles à l’export du Bureau of Industry and Security [52] verrouillent l’accès chinois aux générations les plus récentes de GPU.
Arisa Liu, du Taiwan Industry Economics Services [53] [54], constate: the offensive and defensive roles have shifted
[55]. Concrètement, deux parallèles se constituent: architectures GPU différentes, chaînes EDA distinctes (Cadence/Synopsys d’un côté, alternatives chinoises subventionnées de l’autre), normes de calcul accéléré incompatibles. Pour une multinationale opérant à cheval, la promesse d’interopérabilité - cœur du modèle cloud - vacille. Maintenir une plateforme unifiée mondiale devient juridiquement et techniquement irréalisable sur les segments sensibles: IA générative, semi-conducteurs avancés, calcul haute performance.
L’arsenal s’élargit: Malicious Entity List et responsabilité pénale
Le 13 avril 2026 [56] [57], soit trois semaines avant l’ordre du MOFCOM, le Conseil d’État chinois avait promulgué les Regulations on Countering Foreign Improper Extraterritorial Jurisdiction (Décret n° 835) [58], signées par Li Qiang [59]. Ce texte de 20 articles [60] introduit deux nouveautés majeures.
Première nouveauté: la Malicious Entity List [32], qui cible toute entité étrangère promouvant ou participant à la mise en œuvre
[61] de mesures extraterritoriales jugées impropres. Les sanctions prévues vont du gel d’actifs en Chine au refus de visa, en passant par des interdictions de transactions et des restrictions d’investissement. Seconde nouveauté: l’article 12 du décret 835 fait référence à une responsabilité pénale potentielle [62] [63] pour les individus violant ses dispositions.
Le décret n° 834, publié six jours plus tôt [64] [65], complète le dispositif côté chaînes d’approvisionnement. Son article 13 restreint les investigations and other information collection activities related to industrial and supply chains
[66] [67] menées par des entités étrangères en Chine. Son article 15 autorise les autorités chinoises à enquêter sur tout comportement posing a threat of causing actual damage
[68] [69] aux chaînes d’approvisionnement.
Risque pénal: les dirigeants étrangers en première ligne
C’est sans doute la rupture la plus discrète, et la plus structurante. Les Blocking Rules de 2021 ne visaient que des entités, à travers des amendes administratives. L’article 12 du décret 835 [62] [63] introduit pour la première fois une référence explicite à la responsabilité pénale individuelle pour les personnes physiques violant ses dispositions. On se souvient, selon plusieurs sources, que la procédure pénale chinoise prévoit la détention provisoire pouvant aller jusqu’à six mois, parfois prolongeable, et que le Code pénal chinois admet l’engagement de la responsabilité des dirigeants exécutifs pour les actes de leur entreprise sur le territoire.
Qui est concerné? En pratique, les représentants légaux (fa ren) des filiales chinoises de multinationales, les directeurs généraux locaux, et plus largement les cadres habilités à signer des décisions de conformité. Un directeur de filiale qui, sur instruction de son siège américain, refuserait une transaction avec une entité SDN désormais protégée par l’ordre MOFCOM s’expose - en théorie - à une mise en cause personnelle. Aucun précédent n’existe encore: le décret a moins d’un mois. Mais la simple existence du risque modifie déjà les arbitrages des conseils juridiques internes.
Le timing: la visite de Trump à Pékin
L’ordre du MOFCOM tombe à quelques jours d’une visite de Donald Trump [70] en Chine [71], prévue mi-mai [72] pour rencontrer Xi Jinping [73]. Le 30 octobre 2025 [74], les deux dirigeants s’étaient déjà entendus à Busan sur une trêve: la BIS Affiliates Rule américaine - qui étendait les contrôles à l’export aux entités affiliées aux listes américaines [75] - a été suspendue jusqu’au 9 novembre 2026 [76] [77].
Ce que les données montrent: Pékin négocie en position de force. La Chine s’est engagée à acheter 25 millions de tonnes de soja américain par an entre 2026 et 2028 [78], et les exportations de sorgho américain vers la Chine ont bondi de plus de 1000% sur les deux premiers mois de 2026 [79], atteignant 260,2 millions de dollars [80]. Mais le MOFCOM signale par cet ordre que la Chine n’absorbera plus passivement les sanctions extraterritoriales américaines.
Un piège encore théorique - mais le cadre est armé
Soyons précis: à la date de publication, aucune multinationale tech américaine n’a reçu de Prohibition Execution Order [33] nominatif au titre du décret 835, et aucune ne figure encore sur la Malicious Entity List. Le piège juridique décrit dans cet article reste, à ce stade, prospectif. Mais le cadre est armé: les textes existent, le mécanisme inter-agences a démontré sa capacité d’activation rapide (huit jours entre l’ajout de Hengli à la SDN List et l’ordre du MOFCOM), et la prochaine sanction américaine visant un acteur tech chinois - fabricant de puces, éditeur de logiciels, plateforme cloud - constituera un test grandeur nature. Pour Cadence [42], Synopsys [43] ou Applied Materials [39], la question n’est plus si le conflit de lois deviendra opérationnel, mais quand.
Ce que les sources ne disent pas
Aucune source consultée ne précise comment le MOFCOM compte vérifier la conformité des multinationales américaines à son ordre. Les mécanismes d’application pratique restent flous: quelles sanctions concrètes pour une entreprise européenne basée à Shanghai qui choisit Washington? Les fines and other restrictive measures
[81] mentionnées par les Counter-Extraterritoriality Regulations ne sont pas chiffrées dans les textes publics.
Aucune source consultée ne mentionne la position officielle d’AmCham China ni de la Chambre de commerce de l’Union européenne en Chine face à l’ordre du 2 mai. Cette absence est en elle-même un signal: les chambres de commerce étrangères, habituellement promptes à publier des prises de position sur les évolutions réglementaires majeures, évitent de se positionner publiquement sur un conflit de lois qui expose directement leurs membres à des poursuites dans l’une ou l’autre juridiction. Le silence est ici une donnée éditoriale.
Notre lecture
Ce que les données disent: la bifurcation des numériques n’est plus une hypothèse de long terme. Elle est devenue, en l’espace de trois semaines - décrets 834 et 835 mi-avril, ordre du MOFCOM le 2 mai - une réalité juridique. Pour les entreprises tech américaines opérant en Chine, le choix n’est plus entre conformité et croissance. C’est entre conformité américaine et conformité chinoise. Les deux sont désormais incompatibles sur les dossiers sensibles.
Cinq raffineries sanctionnées, 40 navires visés, un cadre pénal embryonnaire et un précédent juridique qui s’appliquera, la prochaine fois, à un fabricant de puces, à un éditeur de logiciels, à une plateforme cloud. Le découplage n’attend plus.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (81)
« On May 2, 2026, MOFCOM issued a prohibition order under China’s Rules on Counteracting Unjustified Extra-territorial Application of Foreign Legislation and Other Measures. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« China's Ministry of Commerce (MOFCOM) has issued a prohibition order »
globaltimes.cn ↗ ↩
« This is also the first time China has actually used the Blocking Rules and issued a concrete prohibition order since the rules were released and came into force on January 9, 2021. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« The move marks the first time MOFCOM has invoked its blocking statute. »
aa.com.tr ↗ ↩
« MOFCOM has issued a prohibition order [.] requesting not to recognize, enforce, and comply with the US sanctions on five Chinese firms »
globaltimes.cn ↗ ↩
« The five companies, including Hengli Petrochemical (Dalian) Refining Co »
globaltimes.cn ↗ ↩
« Shandong Shouguang Luqing Petrochemical Co, were put on the Specially Designated Nationals (SDN) List »
globaltimes.cn ↗ ↩
« Shandong Jincheng Petrochemical Group »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Hebei Xinhai Chemical Group »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Shandong Shengxing Chemical »
lefigaro.fr ↗ ↩
« The prohibition order took effect immediately, according to MOFCOM »
globaltimes.cn ↗ ↩
« «ne doivent être ni reconnues, ni mises en oeuvre, ni respectées» »
lefigaro.fr ↗ ↩
« The U.S. Also sanctioned around 40 shipping companies and vessels, saying they were part of Iran’s 'shadow fleet' network. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« On April 24, 2026, the U.S. Treasury Department’s Office of Foreign Assets Control, or OFAC, announced that it had added Hengli Petrochemical (Dalian) Refining Co., Ltd. To the SDN List. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« the U.S. Treasury Department’s Office of Foreign Assets Control, or OFAC, announced that it had added Hengli Petrochemical (Dalian) Refining Co., Ltd. To the SDN List. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« were put on the Specially Designated Nationals (SDN) List »
globaltimes.cn ↗ ↩
« subject to the sanction measures of freezing assets and prohibiting transactions »
globaltimes.cn ↗ ↩
« allegedly purchasing billions of dollars’ worth of Iranian oil. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« The legal basis for this action was Executive Order 13902, issued in January 2020 during Trump’s first term. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« That order authorizes sanctions against additional sectors of the Iranian economy, including oil, petrochemicals, metals and construction. OFAC said the move was part of the Trump administration’s 'maximum pressure' campaign against Iran, aimed at cutting off Tehran’s oil revenues. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« cinq entreprises chinoises accusées d'acheter du pétrole iranien, dont la Chine est un gros importateur »
lefigaro.fr ↗ ↩
« According to the relevant provisions of the National Security Law of the People’s Republic of China, the Law of the People’s Republic of China on Foreign Relations, the Anti-Foreign Sanctions Law of the People’s Republic of China and its implementing provisions. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« According to the relevant provisions of the National Security Law of the People’s Republic of China, the Law of the People’s Republic of China on Foreign Relations, the Anti-Foreign Sanctions Law of the People’s Republic of China and its implementing provisions. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« According to the relevant provisions of the National Security Law of the People’s Republic of China, the Law of the People’s Republic of China on Foreign Relations, the Anti-Foreign Sanctions Law of the People’s Republic of China and its implementing provisions. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« the Rules on Counteracting Unjustified Extra-territorial Application of Foreign Legislation and Other Measures (hereinafter referred to as the 'Blocking Rules'). »
geopolitechs.org ↗ ↩
« the working mechanism, established under the 2021 Blocking Rules, conducted a comprehensive assessment and confirmed that the US' sanctions constitute improper extraterritorial application »
globaltimes.cn ↗ ↩
« The ministry said the move. Followed a review that found the US measures to be improper extraterritorial application. »
aa.com.tr ↗ ↩
« The Chinese government has always opposed unilateral sanctions that lack authorization from the United Nations and have no basis in international law. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« The EU Blocking Statute of 1996, amended in 2018 in response to the reimposition of US secondary sanctions on Iran »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« the Anti-coercion Instrument that entered into force on 27 December 2023 »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« the Anti-coercion Instrument that entered into force on 27 December 2023 »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« The Malicious Entity List (恶意实体清单) »
morganlewis.com ↗ ↩
« Prohibition Execution Orders (禁执令) »
morganlewis.com ↗ ↩
« since 2025, the US, under its executive orders imposing sanctions on other countries, has targeted the five Chinese enterprises »
globaltimes.cn ↗ ↩
« Since 2025, the United States has, pursuant to its executive orders sanctioning other countries, placed Chinese companies including Hengli Petrochemical (Dalian) Refining Co., Ltd. »
geopolitechs.org ↗ ↩
« The approach, designed to fence off sensitive US technologies from China, was most commonly associated with export controls that, among others, restricted Chinese firms’ access to Nvidia’s advanced chips, the critical inputs for developing cutting-edge artificial intelligence systems. »
scmp.com ↗ ↩
« restricted Chinese firms’ access to Nvidia’s advanced chips, the critical inputs for developing cutting-edge artificial intelligence systems. »
scmp.com ↗ ↩
« The US equipment makers Lam Research, Applied Materials, and KLA were among the companies to receive the letters. »
china-briefing.com ↗ ↩
« The US equipment makers Lam Research, Applied Materials, and KLA were among the companies to receive the letters. »
china-briefing.com ↗ ↩
« The US equipment makers Lam Research, Applied Materials, and KLA were among the companies to receive the letters. »
china-briefing.com ↗ ↩
« In May 2025, similar orders were issued to electronic design automation (EDA) companies. »
china-briefing.com ↗ ↩
« including Cadence, Synopsys, and Siemens EDA, to stop providing key software and materials needed for the design and production of chips to China. »
china-briefing.com ↗ ↩
« including Cadence, Synopsys, and Siemens EDA, to stop providing key software and materials needed for the design and production of chips to China. »
china-briefing.com ↗ ↩
« including Cadence, Synopsys, and Siemens EDA, to stop providing key software and materials needed for the design and production of chips to China. »
china-briefing.com ↗ ↩
« said Henry Gao, a trade law professor at Singapore Management University »
scmp.com ↗ ↩
« “Many firms will be facing hard choices and might want to segment their China operations from the rest of the world.” »
scmp.com ↗ ↩
« “Due to the hegemonic power of the US, most firms will probably choose to comply with US sanctions first if they can. So the effect might be limited,” he said. »
scmp.com ↗ ↩
« major clients such as Alibaba Group Holding and ByteDance. However, the government had instructed the firm to reserve stack space for domestic chips, the person said. Alibaba owns the Post. »
scmp.com ↗ ↩
« major clients such as Alibaba Group Holding and ByteDance. »
scmp.com ↗ ↩
« Beijing told domestic tech companies not to purchase Nvidia’s chips unless absolutely necessary, with new rules set to cap the total number of advanced AI chips that local firms can import, according to multiple reports. »
scmp.com ↗ ↩
« new rules set to cap the total number of advanced AI chips that local firms can import, according to multiple reports. »
scmp.com ↗ ↩
« provided the sellers meet certain conditions that the Bureau of Industry and Security (BIS) claims will. »
china-briefing.com ↗ ↩
« “the offensive and defensive roles have shifted”, said Arisa Liu, chief director and research fellow at Taiwan Industry Economics Services, a databank under the Taiwan Institute of Economic Research. »
scmp.com ↗ ↩
« Arisa Liu, chief director and research fellow at Taiwan Industry Economics Services, a databank under the Taiwan Institute of Economic Research. »
scmp.com ↗ ↩
« “the offensive and defensive roles have shifted”, said Arisa Liu, chief director and research fellow at Taiwan Industry Economics Services. »
scmp.com ↗ ↩
« Less than a week later, on April 13, 2026, the State Council issued the Regulations on Countering Foreign Improper Extraterritorial Jurisdiction (Decree No. 835), also with immediate effect and no grace period. »
morganlewis.com ↗ ↩
« On 13 April 2026, the State Council of the People’s Republic of China (the State Council) promulgated the Regulations of the People’s Republic of China on Countering Improper Extraterritorial Jurisdiction by Foreign States »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« Regulations on Countering Foreign Improper Extraterritorial Jurisdiction (Decree No. 835) »
morganlewis.com ↗ ↩
« the Regulations [.] signed by Premier Li Qiang and effective on publication »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« The instrument consists of 20 articles »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« “promote or participate in implementing” »
morganlewis.com ↗ ↩
« Decree 835 (Article 12) references potential criminal liability for individuals who violate its provisions »
morganlewis.com ↗ ↩
« Decree 835 (Article 12) »
morganlewis.com ↗ ↩
« On April 7, 2026, China’s State Council promulgated the Regulations on the Security of Industrial and Supply Chains (Decree No. 834), which took effect immediately upon publication. »
morganlewis.com ↗ ↩
« Regulations on the Security of Industrial and Supply Chains (Decree No. 834) »
morganlewis.com ↗ ↩
« restricts “investigations and other information collection activities related to industrial and supply chains” by foreign entities in China »
morganlewis.com ↗ ↩
« Decree 834 (Article 13) »
morganlewis.com ↗ ↩
« allows Chinese authorities to investigate foreign entities based on conduct that “poses a threat of causing actual damage” to supply chains »
morganlewis.com ↗ ↩
« Decree 834 (Article 15) »
morganlewis.com ↗ ↩
« Le président américain Donald Trump »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Le président américain Donald Trump doit se rendre ce mois-ci en Chine pour s'entretenir avec son homologue chinois Xi Jinping »
lefigaro.fr ↗ ↩
« during Trump’s upcoming visit to China, planned for mid-May. »
china-briefing.com ↗ ↩
« son homologue chinois Xi Jinping »
lefigaro.fr ↗ ↩
« agreed at a meeting in Busan, South Korea, on 30 October 2025 »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« the Affiliates Rule (Expansion of End-User Controls to Cover Affiliates of Certain Listed Entities, the BIS Affiliates Rule) [.] which extended Entity List and Military End-User List licensing requirements to any entity owned 50% or more, directly or indirectly, by a listed party »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« the BIS Affiliates Rule was suspended for a phase running to 9 November 2026 »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« suspended for a phase running to 9 November 2026 »
squirepattonboggs.com ↗ ↩
« China has already committed to purchasing 25 million metric tons of soybeans from the US each year in 2026, 2027, and 2028 »
china-briefing.com ↗ ↩
« an increase of over 1000 percent from the same period in 2025. »
china-briefing.com ↗ ↩
« US exports reaching US$260.2 million in value in the first two months of 2026 »
china-briefing.com ↗ ↩
« the Regulations contemplate the imposition of fines and other restrictive measures »
sanctionsnews.bakermckenzie.com ↗ ↩
Sources
- MOFCOM issues a ban, requesting not to recognize, enforce and comply with US sanctions on five Chinese firms
- La Chine ne tiendra pas compte des sanctions américaines contre ses entreprises accusées d'acheter du pétrole iranien
- China Uses Blocking Law for First Time to Counter U.S. Sanctions on Chinese Teapot Refineries Before Trump Visit
- China orders non
- China Introduces New State Council Decrees on Supply Chain Security and Countering Unjustifiable Extraterritorial Measures
- China Issues New Regulations on Countering Foreign Extraterritorial Jurisdiction: What MNCs Need to Know
- China’s New Countermeasures Regulation | Insights
- China’s anti-sanctions law won’t force tech companies to shun US restrictions
- China curbs US AI chips, shuns foreign capital in pursuit of tech self
- US-China Relations in the Trump 2.0 Era: A Timeline
