Clermont-Ferrand : 150 à 200 manifestants pour « La Colère des Sans Trains »
Plus de 40 associations réunies le 30 mai sur le parvis de la gare pour défendre les petites lignes du Massif central
Le samedi 30 mai 2026, entre 150 et 200 personnes ont manifesté à Clermont-Ferrand sous la bannière « La Colère des Sans Trains ». Plus de 40 associations et collectifs réclamaient un plan ferroviaire d'envergure pour le Massif central, avec la présence de l'élue régionale Anna Aubois.
L’essentiel
- Date et lieu : 30 mai 2026, 14h30, parvis de la gare de Clermont-Ferrand.
- Mobilisation : 150 à plus de 200 manifestants, plus de 40 associations et collectifs représentés.
- Lignes visées : cinq lignes auvergnates fermées en 20 ans, dont Lapeyrouse-Volvic (2007), Montluçon-Eygurande-Merlines (2008), Eygurande-Laqueuille (2014).
- Précédent : premier rassemblement du collectif à Limoges le 31 janvier 2026, environ 1 000 participants.
- Élue présente : Anna Aubois, conseillère régionale AuRA (groupe socialiste/écologiste).
Sur le parvis, la grande famille du rail massif-central
Le soleil était au rendez-vous ce 30 mai sur le parvis de la gare de Clermont-Ferrand. Dès 14h30, les banderoles se déployaient face à la façade. Associations de défense du rail, syndicats, élus locaux et simples usagers se retrouvaient sous un même mot d’ordre : « La Colère des Sans Trains ». Selon France 3 et La Montagne, la foule oscillait entre 150 et plus de 200 personnes.
Le rassemblement était interrégional dans sa composition : des délégations venues de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie avaient fait le déplacement aux côtés des collectifs auvergnats. Plus de 40 structures étaient représentées, selon le site officiel du collectif lessanstrainsencolere.org.
Des lignes fermées, des territoires enclavés
Le fond du problème est chiffré. Selon La Montagne et le site du collectif, cinq lignes ferroviaires desservant l’Auvergne ont fermé en vingt ans. Parmi elles : Lapeyrouse-Volvic en 2007, Montluçon-Eygurande-Merlines en 2008, puis Eygurande-Laqueuille et ses tronçons associés en 2014. Chaque fermeture a réduit l’accessibilité de communes rurales et de montagne déjà fragilisées.
Christian Roy, président de la fédération Agir pour la ligne Clermont-Ferrand - Le Mont-Dore - Ussel - Tulle, formule le grief en termes financiers : « Pour rouvrir les lignes Clermont-Ferrand - Tulle et Clermont-Ferrand - Saint-Étienne, il faudrait le montant consacré à la RN 88. L’argent existe. On ne le met pas au bon endroit », déclare-t-il selon France 3. Thierry Nier, de la CGT Cheminots, ajoute : « On considère que le service public a de l’avenir. »
Henri Tamain, du collectif Le train 634269, souligne pour sa part le potentiel touristique et forestier des lignes abandonnées - un argument récurrent dans les débats sur la reconversion ou la réouverture de ces itinéraires, toujours selon France 3.
Anna Aubois et le soutien des régions
La présence d’Anna Aubois, conseillère régionale AuRA (groupe socialiste/écologiste), a été confirmée par le compte du groupe Socialistes AuRA sur X.
Au-delà de la présence symbolique, la question a une dimension institutionnelle. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie souhaitent s’allier pour demander à l’État un plan ferroviaire Massif central sur trente ans, selon France 3 et La Montagne. Ce plan serait conditionné à un engagement financier de l’État que les collectivités estiment aujourd’hui insuffisant.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
Le Puy-de-Dôme est un département de relief, où l’offre ferroviaire a historiquement constitué un enjeu d’aménagement du territoire. Clermont-Ferrand, préfecture de 147 000 habitants environ, est le principal nœud ferroviaire de la région. Mais les communes de moyenne montagne - Laqueuille, Eygurande, les vallées du Sancy - ont perdu leurs connexions directes avec le réseau national au fil des fermetures successives depuis 2007.
Le collectif « La Colère des Sans Trains » s’est structuré début 2026. Son premier rassemblement, à Limoges le 31 janvier 2026, avait réuni environ 1 000 participants selon le site officiel du collectif. Des amendements portés par le collectif ont été présentés au Sénat en avril 2026 dans le cadre des débats sur la loi-cadre transports, selon le site lessanstrainsencolere.org et Reporterre.
La mobilisation clermontoise s’inscrit aussi dans un contexte local chargé : la ville avait connu des tensions la semaine précédente lors des célébrations du sacre du PSG, sans lien avec cette manifestation.
La suite du mouvement
Le collectif n’a pas annoncé de date pour un prochain rassemblement au moment de la publication de cet article. L’enjeu se déplace désormais vers les arbitrages budgétaires de l’État et les négociations entre régions, dans un calendrier législatif lié à la loi-cadre transports toujours en discussion au Parlement.
Sources
- France 3 Régions : "On considère que le service public a de l'avenir" : 150 manifestants rassemblés à Clermont-Ferrand pour "la colère des sans trains"
- La Montagne : La Colère des sans trains mobilisée à Clermont-Ferrand
- France Bleu Auvergne : A Clermont-Ferrand, le mouvement de colère des sans trains manifeste pour sauver les petites lignes
- lessanstrainsencolere.org : La Colère des Sans Trains — site officiel du collectif