Clermont-Ferrand : l’unique boutique de l’aéroport lance un appel au secours après -60 % de CA
Christian Grangeon, gérant de Cœur de Volcan, alerte sur la survie de son commerce, seul point de vente en zone d’embarquement, après le retrait de Ryanair fin mars.
Depuis le départ de Ryanair en mars 2026, l’unique boutique de l’aéroport de Clermont-Ferrand a perdu 60 % de son chiffre d’affaires. Son gérant, Christian Grangeon, lance une cagnotte et cherche des solutions pour sauver ses quatre emplois.
L’essentiel
- 60 % de chute : le chiffre d’affaires de la boutique Cœur de Volcan a chuté de 60 % depuis le départ de Ryanair fin mars 2026.
- 4 emplois menacés : la boutique emploie quatre salariés, placés au chômage partiel.
- Objectif 11 000 € : une cagnotte Miimosa a été lancée ; environ 5 600 € collectés à ce jour.
Christian Grangeon tient la boutique Cœur de Volcan depuis huit ans. Installée en zone d’embarquement de l’aéroport de Clermont-Ferrand-Auvergne (Aulnat), c’est le seul commerce de produits régionaux de l’aérogare. Environ 800 références de terroir auvergnat y sont proposées : charcuterie, fromages, vins et objets artisanaux. La boutique assure aussi le ravitaillement pour l’aviation d’affaires.
Depuis le 27 mars 2026, Ryanair a cessé toutes ses opérations à Clermont-Ferrand. Les lignes vers Porto, Londres et Fès ont été supprimées. Le trafic passager, qui atteignait environ 440 000 voyageurs par an avant la pandémie, devrait tomber entre 140 000 et 150 000 en 2026. Conséquence directe : le chiffre d’affaires de Cœur de Volcan a chuté de 60 %.
« C’est très rude »
Interrogé par France 3 Régions, Christian Grangeon décrit une situation difficile. « On a perdu 60 % de chiffre d’affaires. C’est très rude », confie-t-il. Le gérant souligne que la boutique dépend quasi exclusivement des flux de passagers. Avec un aéroport qui tourne au ralenti, les ventes se sont effondrées.
Les quatre salariés de l’entreprise sont placés au chômage partiel. Pour tenir jusqu’à l’automne, une cagnotte a été ouverte sur la plateforme Miimosa avec un objectif de 11 000 €. Près de 5 600 € ont été récoltés à ce jour, selon les dernières données disponibles.
Une diversification envisagée
Christian Grangeon ne compte pas attendre passivement. Il cherche à diversifier son activité. La cagnotte doit notamment servir à financer une nouvelle implantation dans le quartier du Brézet, à Clermont-Ferrand. L’idée : ouvrir un point de vente en centre-ville, en complément de la boutique aéroportuaire. Le gérant développe aussi une activité de cadeaux d’affaires pour les entreprises locales.
La boutique reste ouverte et continue d’accueillir les voyageurs, mais le nombre de vols quotidiens a fortement diminué. « Nous faisons avec les moyens du bord », ajoute Christian Grangeon, qui espère que les passagers présents continueront à soutenir le commerce.
L’aéroport en quête de nouvelles lignes
L’aéroport de Clermont-Ferrand, géré par un syndicat mixte avec délégation à Vinci Airports, cherche à remplacer Ryanair. Selon La Montagne, des discussions sont en cours avec trois compagnies aériennes. De nouvelles lignes pourraient être ouvertes d’ici fin 2026. Mais en attendant, le trafic reste très réduit.
La situation de Cœur de Volcan illustre les difficultés des commerces de proximité dans les aéroports régionaux frappés par le désengagement des compagnies low-cost. L’enjeu dépasse le seul commerce : c’est tout l’écosystème de l’aéroport - restauration, parking, navettes - qui subit la baisse de fréquentation.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
Le Puy-de-Dôme compte environ 660 000 habitants, Clermont-Ferrand en rassemblant près de 150 000. L’aéroport d’Aulnat est le deuxième équipement aérien d’Auvergne après celui d’Aurillac. Avant la crise sanitaire, il générait près de 200 emplois directs dans les commerces et services. Le départ de Ryanair, qui représentait une part significative des vols, fragilise cet équilibre. Le département, déjà marqué par une désindustrialisation partielle, mise sur le tourisme vert et le thermalisme. La sauvegarde de Cœur de Volcan devient un symbole de la résistance du commerce local face aux mutations du transport aérien.
En juin 2026, le Puy-de-Dôme est également placé en vigilance jaune canicule, et une rixe au couteau a endeuillé la place des Carmes à Clermont-Ferrand. Ces événements rappellent que le territoire vit plusieurs crises simultanément.
Prochaine étape : la cagnotte Miimosa court jusqu’à la fin de l’été 2026. Christian Grangeon espère atteindre l’objectif des 11 000 € pour concrétiser son projet au Brézet. Par ailleurs, les discussions de l’aéroport avec les compagnies candidates pourraient aboutir à l’automne.
Sources
- France 3 Régions : C’est très rude : le gérant de la seule boutique de l’aéroport de Clermont-Ferrand se bat pour la survie de son entreprise
- Le Parisien : « On a perdu 60 % du chiffre d’affaires » : l’appel au secours de l’unique boutique de l’aéroport de Clermont-Ferrand
- Riviera Radio : Ryanair to end all Clermont-Ferrand flights including UK route
- La Montagne : Toutes sont intéressées : l’aéroport de Clermont-Ferrand en contact avec trois compagnies pour remplacer Ryanair

