Comité du 9-Mai interdit : neuf ultradroitiers armés interpellés à Paris
Couteaux, matraques et gants coqués saisis près de Saint-Michel lors d'un dispositif policier massif à Paris le 9 mai 2026.
Neuf militants d'ultradroite ont été interpellés le 9 mai 2026 à Paris près de Saint-Michel, armés de couteaux, matraques télescopiques et gants coqués. La manifestation du Comité du 9-Mai était interdite par la préfecture depuis le 6 mai. Au total, 97 personnes ont été interpellées dans la capitale ce jour-là.
Neuf militants d’ultradroite ont été interpellés le 9 mai 2026 à Paris, aux abords de Saint-Michel, en possession de couteaux, matraques télescopiques et gants coqués. La manifestation qu’ils s’apprêtaient à rejoindre - celle du Comité du 9-Mai - avait été interdite par arrêté préfectoral trois jours plus tôt. Leur interpellation illustre la tension accumulée autour de cet événement annuel, qui mobilise depuis des années des militants ultranationalistes français et européens.
L’essentiel
- 9 interpellations : neuf militants d’ultradroite placés en garde à vue près de Saint-Michel à Paris le 9 mai 2026, armés de couteaux, matraques télescopiques et gants coqués.
- 97 interpellations au total : dont 46 gardes à vue concernant des militants d’ultradroite et d’ultragauche, et 182 verbalisations pour non-respect de l’interdiction de manifester.
- Interdiction confirmée : arrêté préfectoral du 6 mai, validé par le tribunal administratif le 8 mai puis par le Conseil d’État le 9 mai 2026.
- Motif de la garde à vue : participation à un groupement en vue de commettre des violences et port d’armes prohibées.
- Contexte : en 2025, environ 1 000 militants avaient défilé à Paris lors de l’édition précédente, avec des saluts nazis observés par les forces de l’ordre.
Les neuf interpellés et leur arsenal
Les neuf militants ont été contrôlés dans le secteur de Saint-Michel, point de départ habituel du rassemblement du Comité du 9-Mai. Selon Le Figaro et BFMTV, qui ont confirmé l’information de manière croisée, les forces de l’ordre ont saisi des couteaux, des matraques télescopiques et des gants dits « coqués » - des gants renforcés utilisés dans les affrontements.
Tous ont été placés en garde à vue pour deux chefs : participation à un groupement en vue de commettre des violences et port d’armes prohibées, selon Franceinfo. Ces qualifications permettent une réponse pénale immédiate, sans attendre qu’un acte violent soit commis.
Un dispositif policier couvrant toute la capitale
La préfecture de police de Paris avait déployé un dispositif renforcé dans plusieurs secteurs : République, Pyramides, Saint-Michel et Montparnasse. Résultat : 97 interpellations au total le 9 mai, dont 46 gardes à vue, et 182 verbalisations pour non-respect de l’arrêté d’interdiction, selon Franceinfo.
Les interpellations visaient des militants des deux bords. Des membres de mouvements antifascistes, qui avaient prévu une contre-manifestation elle aussi interdite, figurent parmi les personnes contrôlées.
Pourquoi la préfecture a interdit la manifestation
L’arrêté d’interdiction a été pris le 6 mai 2026, trois jours avant le rassemblement prévu. La préfecture invoquait le risque de troubles à l’ordre public dans un contexte politique tendu, aggravé par la mort de Quentin Deranque le 14 février 2026 à Lyon, lors d’affrontements avec des antifascistes. Le Comité du 9-Mai avait annoncé vouloir lui rendre hommage lors de l’édition 2026.
L’édition 2025 pesait également dans la décision. Environ 1 000 militants d’ultradroite venus de toute l’Europe avaient défilé à Paris, initialement après une interdiction levée en urgence par le tribunal administratif. Des saluts nazis et des croix celtiques avaient été observés pendant le cortège, selon 20 Minutes et Le Nouvel Obs.
Le tribunal administratif de Paris a confirmé l’interdiction le 8 mai. Le Conseil d’État l’a validée à son tour le 9 mai via une ordonnance en référé, rejetant le recours des organisateurs, selon Le Monde. La juridiction suprême administrative a notamment cité le risque d’exhibition de symboles néonazis et d’affrontements.
Le Comité du 9-Mai : un groupuscule actif depuis 1994
Le Comité du 9-Mai est un groupe informel d’extrême droite créé en 1994 pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu. Ce militant nationaliste de 22 ans, membre de L’Œuvre française, est décédé le 7 mai 1994 après une chute mortelle d’un immeuble rue des Chartreux à Paris, en fuyant la police lors d’une manifestation interdite, selon Wikipédia et Midi Libre.
Depuis 2008, le groupe organise chaque année un rassemblement à Paris, fédérant des ultranationalistes français et européens. La manifestation annuelle est devenue l’un des rendez-vous visibles de la mouvance néofasciste en France. D’autres faits de violence urbaine ont mobilisé les forces de l’ordre sur l’ensemble du territoire ces derniers jours.
Malgré l’interdiction confirmée par le Conseil d’État, le Comité avait appelé ses soutiens à se rassembler place des Pyramides le 9 mai à 15h, là où se tient traditionnellement un rassemblement souverainiste autour de la statue de Jeanne d’Arc, selon Le Nouvel Obs et Franceinfo.
Contexte dans le département de Paris
Paris concentre régulièrement les tensions entre mouvances extrémistes, qu’elles viennent de l’ultradroite ou de l’ultragauche. Le 9-Mai est devenu, depuis plusieurs années, l’un des points de friction annuels les plus surveillés par la préfecture de police. La gestion de l’édition 2025 - autorisation tardive, puis observation de saluts nazis dans le cortège - avait alimenté la controverse et motivé une approche plus ferme en 2026.
La capitale est aussi le théâtre de rassemblements réguliers liés au deuil de Quentin Deranque, mort en février 2026 à Lyon et dont la figure a été récupérée par les milieux identitaires et ultranationalistes. La convergence de ces deux commémorations en mai 2026 avait conduit les autorités à anticiper un risque accru d’affrontements. Le dispositif sécuritaire en Île-de-France était déjà sollicité ce week-end sur d’autres incidents.
Les interpellations du 9 mai s’inscrivent dans une logique préventive assumée : saisir les armes avant les faits, plutôt que constater les violences après. La qualification retenue - participation à un groupement en vue de violences - permet cette intervention en amont.
La suite judiciaire
Les neuf militants placés en garde à vue pour port d’armes prohibées et participation à un groupement en vue de violences devront répondre de ces chefs devant la justice. Les 182 verbalisations pour non-respect de l’interdiction de manifester pourraient également donner lieu à des poursuites. La préfecture n’a pas précisé à ce stade si des suites pénales étaient envisagées pour les organisateurs du rassemblement place des Pyramides, tenu malgré l’interdiction. La mobilisation des forces de l’ordre à l’échelle nationale reste soutenue dans ce contexte de tensions récurrentes.
Sources
- Le Figaro : Couteaux, matraques, gants coqués : neuf militants d'ultradroite interpellés à Paris
- Franceinfo : 97 militants interpellés, 46 en garde à vue à Paris le 9 mai 2026
- Le Monde : Le Conseil d'État confirme l'interdiction de la manifestation du Comité du 9-Mai
- BFMTV : Neuf militants d'ultradroite interpellés à Paris en possession de couteaux