Côtes-d’Armor : les syndicats agricoles réclament des aides d’urgence au gouvernement
La FDSEA22 et JA22 alertent sur la crise de rentabilité des exploitations, plombées par les coûts du carburant et des intrants.
Le 24 avril 2026, les syndicats FDSEA22 et JA22 ont tiré la sonnette d'alarme trop d'agriculteurs des Côtes-d'Armor travaillent à perte. Ils exigent des mesures immédiates du gouvernement, notamment dans le cadre de la loi d'urgence agricole examinée en mai à l'Assemblée.
Les syndicats FDSEA22 et JA22 des Côtes-d’Armor ont publié un communiqué commun le 24 avril 2026. Message central : « trop d’agriculteurs travaillent à perte. » En cause, la conjonction d’une hausse des charges - carburant GNR, engrais, alimentation animale - et de prix payés aux producteurs jugés insuffisants, selon Actu.fr.
Rencontres avec les parlementaires, actions en supermarchés
Les deux organisations demandent au gouvernement des actes rapides. Concrètement, elles souhaitent une rencontre avec les députés et sénateurs du département pour soutenir des amendements à la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, présentée en Conseil des ministres le 8 avril 2026 et dont l’examen en première lecture est prévu courant mai à l’Assemblée nationale, selon le ministère de l’Agriculture.
Sur le terrain, des actions de sensibilisation ont été organisées dans des supermarchés des Côtes-d’Armor pour inciter les consommateurs à acheter des produits locaux, toujours selon Actu.fr. Une façon de peser aussi sur la chaîne de valeur par la demande.
Ce contexte de tension rappelle d’autres crises économiques locales où l’emploi et la viabilité d’un secteur entier sont en jeu. L’organisation syndicale et patronale reste, dans tous les cas, le levier privilégié pour peser sur les décisions nationales.
Le gouvernement répond partiellement sur le GNR
Le gouvernement a annoncé le 21 avril 2026 un relèvement des aides au GNR à 15 centimes d’euro par litre, applicable dès mai, en réponse à la flambée des prix liée au conflit en Iran, selon le compte X de l’AGPM. Insuffisant pour la FNSEA nationale : son président Arnaud Rousseau avait menacé début avril d’une nouvelle mobilisation si aucune mesure forte n’était prise, réclamant une remise de 30 centimes par litre, d’après Sud Ouest.
Un département sous tension depuis plusieurs mois
Thierry Houel, agriculteur à Saint-Carné près de Dinan, a été élu président de la FDSEA des Côtes-d’Armor le 28 mars 2026. Il alerte sur la nécessité de maintenir l’élevage pour préserver l’agriculture bretonne, selon Ouest-France. Le 14 avril, le département et la Chambre d’agriculture avaient annoncé 310 000 euros annuels dédiés aux exploitations en difficulté, en complément des aides nationales.
Ce n’est pas la première alerte dans le département. Le 12 janvier 2026, un rassemblement avait eu lieu à Kernilien, près de Guingamp, contre l’accord UE-Mercosur. La chute du prix de la viande de porc - 28 centimes par kilo perdus entre juillet et septembre 2025 - avait déjà fragilisé de nombreux éleveurs, selon Ouest-France.
Prochaine étape : l’examen du projet de loi d’urgence agricole à l’Assemblée nationale est attendu courant mai 2026. Les syndicats costarmoricains entendent faire pression sur les parlementaires locaux d’ici là.
Sources
- Actu.fr : Côtes-d'Armor : carburant, rémunération... "Trop d'agriculteurs travaillent à perte"
- Ouest-France : Sans élevage, il n'y a plus d'agriculture en Bretagne, prévient le nouveau président de la FDSEA en Côtes-d'Armor
- Sud Ouest : Agriculture : le président de la FNSEA Arnaud Rousseau menace le gouvernement d'une nouvelle mobilisation
- Ministère de l'Agriculture : Dossier de presse - Loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles