CR23 : la cour d’appel de Limoges confirme la relaxe pour les dégradations à l’OFB de Guéret
Paul Marchon et Kévin Guesdon, dirigeants du syndicat agricole creusois, échappent définitivement aux poursuites pour les faits du 19 novembre 2024
Le 4 mai 2026, la cour d'appel de Limoges a confirmé la relaxe de Paul Marchon et Kévin Guesdon, respectivement président et secrétaire général de la Coordination Rurale de la Creuse (CR23), pour les dégradations commises sur les locaux de l'Office français de la biodiversité (OFB) à Guéret en novembre 2024. Les deux responsables syndicaux restent toutefois condamnés à des peines avec sursis pour d'autres faits commis le même jour.
Le 4 mai 2026, la cour d’appel de Limoges a confirmé la relaxe de Paul Marchon et Kévin Guesdon, respectivement président et secrétaire général de la Coordination Rurale de la Creuse (CR23), pour les dégradations commises sur les locaux de l’Office français de la biodiversité (OFB) à Guéret en novembre 2024. Les deux responsables syndicaux restent toutefois condamnés à des peines avec sursis pour d’autres faits commis le même jour.
L’essentiel
- Relaxe confirmée : La cour d’appel de Limoges a, le 4 mai 2026, confirmé la relaxe de Paul Marchon et Kévin Guesdon pour les dégradations aux locaux de l’OFB à Guéret.
- Faits du 19 novembre 2024 : Des déchets agricoles avaient été déversés et la porte d’entrée de l’OFB enfoncée lors de manifestations contre l’accord UE-Mercosur.
- Condamnations maintenues : Marchon écope de 2 mois de prison avec sursis, 4 000 € d’amende et 5 ans de mise à l’épreuve pour outrage et dégradations à la MSA et à la permanence de l’ex-députée Catherine Couturier.
- Guesdon condamné : 1 mois de prison avec sursis, 2 000 € d’amende, 5 ans de mise à l’épreuve et 2 500 € de dommages et intérêts pour les mêmes faits hors OFB.
- Première instance : Le tribunal de Guéret avait déjà prononcé la relaxe pour les charges liées à l’OFB le 21 mai 2025.
Ce qui s’est passé le 19 novembre 2024
Ce jour-là, des manifestants de la CR23 s’en prennent aux locaux de l’OFB à Guéret. Selon France 3 Régions et BFMTV, des déchets agricoles sont déversés devant les bâtiments et la porte d’entrée est enfoncée. L’action s’inscrit dans un mouvement national contre l’accord commercial UE-Mercosur, qui cristallise alors la colère du monde agricole.
Paul Marchon et Kévin Guesdon sont identifiés parmi les participants. Ils sont poursuivis pour dégradations à l’OFB, mais aussi pour outrage à agent et dégradations commises le même jour sur les locaux de la MSA et sur la permanence de l’ex-députée Catherine Couturier (La France insoumise).
Un jugement en deux temps
Le tribunal correctionnel de Guéret rend son jugement le 21 mai 2025. Les deux dirigeants sont relaxés sur le volet OFB. Ils sont en revanche condamnés pour les autres faits. Le parquet fait appel - ou l’une des parties civiles - et l’affaire remonte à Limoges.
Le 4 mai 2026, la cour d’appel tranche dans le même sens que la première instance sur le point litigieux : la relaxe pour les dégradations à l’OFB est confirmée. Les condamnations avec sursis, elles, sont maintenues telles quelles, selon France Bleu Creuse.
Les peines définitives
Paul Marchon est condamné à 2 mois de prison avec sursis, 4 000 euros d’amende avec sursis et 5 ans de mise à l’épreuve pour outrage à agent et dégradations à la MSA et à la permanence de Catherine Couturier. Kévin Guesdon écope de 1 mois de prison avec sursis, 2 000 euros d’amende avec sursis, 5 ans de mise à l’épreuve et 2 500 euros de dommages et intérêts pour les mêmes infractions hors OFB, selon France Bleu et France 3 Régions.
Sur le chef de dégradations à l’OFB spécifiquement, les deux responsables sont donc définitivement hors de cause. Aucune poursuite supplémentaire n’est mentionnée à ce stade.
La réaction du président de la CR23
Selon France 3 Régions, Paul Marchon a réagi après l’audience : « Il fallait nous faire taire ! ». Cette formule résume la lecture que le syndicat fait de la procédure : une tentative de neutraliser les voix critiques des politiques environnementales, notamment celles portées par l’OFB.
La CR23 s’est régulièrement positionnée contre les contrôles et contraintes imposées par l’Office français de la biodiversité aux exploitants agricoles creusois. La procédure judiciaire avait duré plus d’un an et demi depuis les faits.
Contexte dans la Creuse
La Creuse est un département à dominante rurale et agricole. L’agriculture y reste un secteur économique structurant, avec un tissu d’éleveurs bovins exposés aux aléas climatiques et aux évolutions réglementaires.
La CR23 avait déjà fait parler d’elle en janvier 2024, lors d’une manifestation rassemblant quelque 600 agriculteurs et bloquant la RN145, qui s’était accompagnée d’un déversement de lisier sur la permanence de Catherine Couturier à Guéret - faits visés par les condamnations maintenues en appel. Ces actions s’inscrivaient dans la vague nationale de mobilisation agricole du début 2024, dans un contexte de tensions économiques à Guéret et plus largement en Creuse.
Au niveau national, l’INSEE a enregistré une baisse de 8,8 % de la production agricole française en 2024, avec un recul en volume de 10 % pour la production végétale lié à des conditions météorologiques défavorables.
Cette affaire judiciaire n’est pas isolée dans le département. La Creuse a connu d’autres procédures impliquant le monde agricole, comme la condamnation d’un apprenti éleveur pour maltraitance bovine. Elle illustre les tensions persistantes entre les acteurs agricoles locaux et les institutions environnementales. Par ailleurs, la Creuse a récemment été concernée par une affaire d’escroquerie de grande ampleur autour d’un château, signe d’une actualité judiciaire dense dans le département.
Une procédure close, des tensions qui durent
La décision du 4 mai 2026 clôt le volet judiciaire lié à l’OFB pour les deux dirigeants de la CR23. Les peines avec sursis prononcées pour les autres faits n’impliquent pas de détention effective. Les deux responsables restent en poste à la tête du syndicat.
Les tensions entre le monde agricole creusois et les politiques environnementales, elles, ne se sont pas dissipées avec le jugement.
Sources
- France Bleu Creuse : Deux dirigeants de la Coordination rurale relaxés pour les dégradations des locaux de l'OFB à Guéret
- France 3 Régions : "Il fallait nous faire taire !", deux membres de la Coordination rurale de la Creuse relaxés en appel
- La Montagne : Trois agriculteurs de la Coordination rurale jugés à Guéret après des dégradations à l'OFB
- BFMTV : Colère des agriculteurs : des locaux de l'Office français de la biodiversité saccagés à Guéret