CRA de Vincennes : 4 migrants s’évadent par les toits, deuxième faille en deux semaines

Huit personnes ont tenté de fuir dans la nuit du 9 au 10 mai, quatre ont réussi en passant par les toits en tôle du centre en travaux.

CRA de Vincennes : 4 migrants s'évadent par les toits, deuxième faille en deux semaines
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Quatre migrants se sont échappés du centre de rétention administrative du bois de Vincennes dans la nuit du 9 au 10 mai 2026, selon une source policière relayée par l'AFP. C'est la deuxième évasion réussie en moins de deux semaines dans ce centre du Val-de-Marne, régulièrement pointé pour ses failles sécuritaires.

Quatre migrants se sont échappés du centre de rétention administrative (CRA) du bois de Vincennes dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 mai 2026. Huit personnes avaient tenté de fuir ensemble. Les quatre autres ont été interpellées après être redescendues du toit. Une enquête de flagrance a été ouverte par le parquet de Paris.

L’essentiel

  • Nuit du 9 au 10 mai 2026 : 8 personnes tentent de s’évader du CRA de Vincennes, 4 réussissent par les toits en tôle.
  • Profils des fugitifs : un Tunisien de 25 ans, deux Algériens de 22 et 25 ans, un Marocain de 18 ans (en récidive depuis avril 2026), selon Valeurs Actuelles.
  • 27 avril 2026 : première évasion de la série, 10 migrants partis par une trappe de désenfumage, 7 toujours en fuite.
  • Capacité du CRA : 220 places, hommes seuls, durée moyenne de rétention de 27 jours, taux d’expulsion de 43 % (source : CGLPL).
  • Enquête de flagrance ouverte par le parquet de Paris, recherches en cours pour retrouver les quatre fugitifs.

Ce qui s’est passé dans la nuit

Vers le milieu de la nuit du 9 au 10 mai, un groupe de huit retenus a tenté de passer à travers les toits en tôle du CRA. Le centre est actuellement en travaux, ce qui a vraisemblablement facilité l’accès aux parties hautes du bâtiment - sans que les raisons exactes de la faille n’aient été précisées par les autorités à ce stade.

Quatre personnes ont réussi à prendre la fuite. Selon Valeurs Actuelles, une heure après la tentative initiale, les quatre autres individus ont été aperçus sur le toit d’un tunnel, avant de redescendre et de se rendre. Ils ont été placés en garde à vue.

Les profils des quatre fugitifs

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Selon Valeurs Actuelles, source unique sur ce point, les quatre hommes en fuite sont un Tunisien de 25 ans, deux Algériens âgés de 22 et 25 ans, et un Marocain de 18 ans. Ce dernier serait en récidive : il aurait déjà pris la fuite du même centre début avril 2026. Les recherches se poursuivent pour les localiser.

La deuxième évasion en treize jours

Le 27 avril 2026, dix migrants s’étaient déjà échappés du CRA de Vincennes, cette fois-ci via une trappe de désenfumage. Trois avaient été rattrapés rapidement. Sept restaient en fuite à la date des faits, selon Le Figaro et Le Parisien. L’évasion du 10 mai intervient donc à peine deux semaines après cet épisode, sans que les mesures correctives éventuellement mises en place entre-temps aient été communiquées.

Cette répétition rapprochée relance la question de l’état des infrastructures du site. Le centre est en travaux, ce qui implique des modifications des accès et des structures, mais ni la préfecture de police ni le ministère de l’Intérieur n’avaient fait de déclaration publique sur ce point au moment de la publication de cet article.

Contexte dans le Val-de-Marne

Le CRA de Vincennes est situé dans le bois de Vincennes, sur le territoire du 12e arrondissement de Paris, en bordure immédiate de la commune de Vincennes (Val-de-Marne). C’est le plus grand centre de rétention administrative de France métropolitaine, avec une capacité de 220 places réservées aux hommes seuls. Selon le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), la durée moyenne de rétention y est de 27 jours et le taux d’expulsion s’établit à 43 %.

Les faits divers impliquant des procédures judiciaires urgentes mobilisent régulièrement les parquets d’Île-de-France. Dans le cas du CRA de Vincennes, c’est le parquet de Paris qui est compétent, malgré la proximité géographique avec le Val-de-Marne.

Un historique de failles répétées

Le CRA de Vincennes cumule les incidents de sécurité documentés. En décembre 2023, onze personnes s’en étaient évadées. Le préfet de police de Paris Laurent Nuñez avait alors annoncé l’arrivée de policiers et de caméras supplémentaires, ainsi que la pose de barbelés, selon Libération. Ces mesures n’ont pas suffi à enrayer les tentatives.

En juin 2024, quatorze étrangers s’étaient échappés en dégradant le grillage d’un plafond. L’évasion n’avait été découverte que fortuitement, lors d’un contrôle d’identité, rapportait 20 Minutes. Soit trois épisodes majeurs en moins de trois ans, chacun ayant conduit à des annonces de renforcement sans résultat durable apparent.

Des associations ont par ailleurs dénoncé des conditions d’accueil dégradées dans ce centre : rapports faisant état de violences et de grèves de la faim collectives, notamment en 2019 et 2020, documentés par Streetpress et des publications militantes. Ces signalements n’ont pas fait l’objet d’une procédure judiciaire rendue publique à ce stade.

Enquête ouverte, fugitifs recherchés

Le parquet de Paris a ouvert une enquête de flagrance à la suite de l’évasion du 10 mai, selon Le Figaro et Le Parisien. Les quatre fugitifs font l’objet de recherches actives. Aucun bilan d’interpellation n’avait été communiqué au moment de la clôture de cet article. La mobilisation des forces de l’ordre sur des interventions multiples simultanées en Île-de-France reste un facteur opérationnel régulier dans ce type de situation.

La question d’un plan de sécurisation spécifique lié aux travaux en cours au CRA n’a pas été évoquée publiquement par les autorités. La préfecture de police n’avait pas répondu aux demandes de précisions à l’heure de publication.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Val-de-Marne (94), avec Créteil pour chef-lieu. Spécialité du département : MIN Rungis (1er marche alimentaire mondial) et bois de Vincennes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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