Créteil : le tribunal ouvre ses portes après l’affaire Lyhanna avec « On n’a rien à cacher »

La présidente Catherine Mathieu et le procureur Damien Savarzeix ont répondu aux questions des citoyens le 15 juin 2026 sur le fonctionnement et les moyens de la justice.

Créteil : le tribunal ouvre ses portes après l'affaire Lyhanna avec « On n'a rien à cacher »
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Le tribunal judiciaire de Créteil a organisé une réunion publique inédite intitulée « On n'a rien à cacher ». L'objectif dialoguer avec les habitants après l'émotion suscitée par l'affaire Lyhanna et expliquer les contraintes des magistrats.

L’essentiel

  • Réunion publique : tenue le 15 juin 2026 dans la salle des assises du tribunal judiciaire de Créteil.
  • Intervenants : la présidente Catherine Mathieu et le procureur Damien Savarzeix.
  • Contexte : l’affaire Lyhanna, où une collégienne de 11 ans a été tuée malgré des signalements non suivis, a motivé cette opération transparence.
  • Charge de travail : 900 dossiers de violences sur mineurs à examiner d’ici juillet 2026, et 100 procédures quotidiennes pour agressions sexuelles.
  • Moyens : 130 magistrats et 260 greffiers pour 33 500 décisions par an, avec 70 % des justiciables éligibles à l’aide juridictionnelle.

Une réunion publique inédite

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Le tribunal judiciaire de Créteil a ouvert ses portes le lundi 15 juin 2026 à 18 h 30. La présidente Catherine Mathieu et le procureur Damien Savarzeix ont accueilli élus et citoyens dans la salle des assises pour une opération intitulée « On n’a rien à cacher », selon le site de la ville de Créteil et un reportage du Parisien.

L’objectif affiché par la mairie : « dialoguer avec les citoyens sur les missions, l’organisation, les contraintes et les enjeux quotidiens de la justice ». Une démarche qualifiée d’« inédite » par les services du tribunal.

Le poids de l’affaire Lyhanna

Cette initiative intervient dans le sillage de l’affaire Lyhanna, du prénom d’une collégienne de 11 ans disparue le 29 mai 2026 à Fleurance (Gers) et retrouvée morte début juin. Le principal suspect, Jérôme B., avait fait l’objet de signalements pour violences sexuelles sur mineurs, qui n’avaient pas abouti à une interpellation, comme le rappelle la page Wikipédia consacrée à l’affaire.

« L’émotion suscitée par ce drame a provoqué des interrogations légitimes sur le fonctionnement de notre justice », explique le site de la ville de Créteil. Le procureur Damien Savarzeix a déclaré sur TF1 Info que le moment exigeait « un temps de réflexion très forte et d’action pour essayer de restaurer cette confiance qu’ils ont dans notre justice ».

Une charge de travail colossale

Les chiffres révélés par le reportage de TF1 Info illustrent la pression sur les magistrats. Au tribunal de Créteil, environ 100 procédures par jour concernent des agressions sexuelles sur mineurs, traitées par une seule substitute du procureur. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a donné aux procureurs jusqu’au 14 juillet 2026 pour examiner toutes les plaintes en cours pour violences sur mineurs. À Créteil, cela représente 900 dossiers.

Interrogé par France Inter, le tribunal indique qu’il compte 130 magistrats et 260 greffiers et agents. Il a rendu 33 500 décisions de justice en 2025. La 10e chambre correctionnelle a 200 dossiers en attente d’audience, avec des délais atteignant parfois plusieurs années. « La justice se fait avec les moyens du bord », résume le podcast.

Contexte dans le Val-de-Marne

Avec 1,4 million d’habitants, le Val-de-Marne est l’un des départements les plus peuplés d’Île-de-France. Le tribunal judiciaire de Créteil est le seul du département, couvre un ressort territorial dense et socialement contrasté. Selon France Inter, 70 % des justiciables peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle, soit ceux gagnant moins de 1 000 euros par mois. Cette proportion reflète la précarité d’une partie de la population, qui rend l’accès à la justice particulièrement sensible.

L’opération « On n’a rien à cacher » s’inscrit dans une série d’initiatives locales visant à rapprocher l’institution judiciaire des citoyens. Le club de l’US Créteil, autre acteur local, a aussi récemment communiqué sur son actualité sportive.

Dialogue et transparence

Pendant près de deux heures, les participants ont pu poser des questions sur les procédures, les délais et les moyens alloués. La présidente Catherine Mathieu a insisté sur la nécessité de « lever le voile sur le quotidien des magistrats », selon le compte rendu du Parisien. Le procureur Savarzeix a reconnu que « la confiance ne se décrète pas, elle se construit dans la transparence ».

Aucune annonce concrète n’a été faite à l’issue de la réunion. Les magistrats ont promis de poursuivre cet exercice de pédagogie et d’organiser d’autres rencontres si la demande se maintient.

Prochaine étape

La date butoir du 14 juillet 2026 pour l’examen des 900 dossiers de violences sur mineurs constitue un premier test de la capacité du tribunal à répondre à la demande de justice exprimée après l’affaire Lyhanna. L’opération « On n’a rien à cacher » pourrait être reconduite dans d’autres juridictions du département.

Alexandre
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Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Val-de-Marne (94), avec Créteil pour chef-lieu. Spécialité du département : MIN Rungis (1er marche alimentaire mondial) et bois de Vincennes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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