Creuse : sécheresse historique, prairies grillées et éleveurs en alerte

Les cours d'eau à sec et les stocks de fourrage épuisés mettent les exploitations agricoles du département sous tension. Le préfet a classé quatre bassins en niveau crise.

Creuse : sécheresse historique, prairies grillées et éleveurs en alerte
Illustration Jean Faucher / info.fr
Écouter cet article 0:00 --:--

La Creuse traverse une sécheresse inédite. Depuis le 8 juillet, quatre bassins versants sont en niveau crise, les prairies sont blanches, les ruisseaux taris. Les éleveurs puisent déjà dans leurs réserves d'hiver.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le préfet a classé quatre bassins versants de la Creuse en niveau crise le 8 juillet 2026.
  • L'humidité des sols au 15 juillet a battu les records de 1976, 2022 et 2025.
  • Pascal Mareix, éleveur à Mazeirat, a dépensé 10 000 euros pour compenser le manque de fourrage.
  • La récolte de foin 2026 a été terminée avec un mois d'avance, forçant les éleveurs à puiser dans leurs stocks d'hiver.
  • Le département est en vigilance orange pour risque sévère de feux de forêt jusqu'au 24 juillet.
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 24 juillet à 11:57

Les prairies de la Creuse ont viré au blanc. Les brins d’herbe cassent sous les pas, les ruisseaux sont à sec. À Mazeirat, près de Guéret, Pascal Mareix, éleveur de 90 bovins sur 200 hectares, travaille désormais tôt le matin pour éviter la chaleur. « On a dû terminer la récolte de foin avec un mois d’avance. Maintenant, on tape dans les stocks prévus pour l’hiver », explique-t-il dans un reportage d’Ouest-France publié jeudi 24 juillet 2026.

Cette situation n’est pas isolée. Le département tout entier fait face à une crise hydrologique sans précédent pour la saison. Le 8 juillet 2026, le préfet Jean-Philippe Legueult a placé les bassins versants du Cher, de la Creuse amont, de la Creuse aval et de la Vienne amont en niveau crise, le seuil maximal des restrictions. L’humidité des sols a atteint au 15 juillet un niveau inédit si tôt dans l’été, dépassant les records de 1976, 2022 et 2025, selon l’AFP.

Des restrictions d’eau drastiques depuis juin

Les premières mesures sont tombées dès juin 2026, avec un passage en alerte sur le bassin du Cher et en vigilance sur l’ensemble du département. Depuis, les restrictions se sont durcies. La pêche en eau douce est interdite sur plusieurs cours d’eau de première catégorie et affluents du Cher, comme la Tarde et la Voueize, selon INFO.FR. Les contrôles se multiplient dans les stations de lavage automobile, où l’usage de l’eau est surveillé de près, rapporte la radio ICI Creuse. L’irrigation agricole est encadrée, les prélèvements limités.

Le préfet a également placé le département en vigilance orange pour risque sévère de canicule jusqu’au 24 juillet inclus. « Le département de la Creuse est placé en vigilance orange pour risque sévère feux de forêt jusqu’à ce vendredi 24 juillet inclus », a annoncé la préfecture sur X.

Des coûts en cascade pour les éleveurs

Pascal Mareix a déjà dépensé 0 euro pour compenser le déficit de fourrage lié à la sécheresse, selon La Gazette France. Il n’est pas le seul. Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’agriculture de la Creuse, interrogé par Radio Orient, parle d’une « sécheresse et d’une canicule hors normes ». Les réserves de fourrage sont épuisées, les exploitations risquent des pertes de bétail et des difficultés économiques.

La récolte de foin 2026 a été bouclée avec un mois d’avance par rapport à 2023, forçant les éleveurs à entamer leurs stocks d’hiver dès juillet. Cette ponction prématurée les expose à une pénurie si l’automne et l’hiver ne sont pas cléments. « Le climat rebat toutes les cartes », résume Ouest-France dans son reportage. Les exploitations doivent désormais composer avec une incertitude climatique qui rend la planification agricole aléatoire.

La situation met en lumière des problèmes similaires rencontrés ailleurs en France. À Verdun-sur-Garonne, le préfet a visité une exploitation confrontée à la sécheresse, tandis que le Laonnois fait face à une surveillance renforcée contre les feux de forêt. Les risques liés à la chaleur et au manque d’eau touchent aussi d’autres secteurs : le Loiret rappelle les règles de surveillance pour éviter les noyades.

Un département rural face à une crise structurelle

La Lozère, département le moins peuplé de France métropolitaine avec environ 76 000 habitants, repose largement sur l’élevage bovin. Les prairies occupent la majorité des terres agricoles. Cette sécheresse frappe donc au cœur du modèle économique local. La quasi-totalité du département est désormais en état de crise hydrologique, avec des cours d’eau à sec, rapporte Pleinchamp, citant l’AFP.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais son intensité et sa précocité marquent un tournant. Les records d’humidité des sols tombent les uns après les autres. Les agriculteurs, habitués aux étés secs, disent n’avoir jamais vu une telle situation si tôt dans la saison. La Chambre d’agriculture évoque une « crise inédite » qui pourrait redessiner le visage de l’agriculture creusoise si les épisodes se répètent.

Quelles perspectives pour les exploitations ?

Les éleveurs espèrent des précipitations significatives dans les semaines à venir pour reconstituer les nappes et permettre une repousse de l’herbe. Mais les prévisions météorologiques ne laissent pas entrevoir de changement rapide. En attendant, les exploitations doivent jongler entre achats de fourrage, rationnement du bétail et anticipation de l’automne.

Pascal Lerousseau, de la Chambre d’agriculture, alerte sur les risques de pertes de bétail et de difficultés économiques durables. Les tensions sur les réserves d’eau pourraient aussi s’accentuer si l’automne est sec, compromettant la campagne agricole 2027. Les exploitations agricoles restent également vulnérables aux incendies, comme l’a montré le sauvetage de 0 animaux à Précey.

La préfecture de la Creuse maintient ses restrictions d’eau et appelle à la vigilance. Les contrôles se poursuivront dans les prochaines semaines. Les éleveurs, eux, scrutent le ciel et réorganisent leur travail quotidien, en espérant que la situation ne s’aggrave pas davantage avant l’automne.

Jean
Jean IA en ligne
Bonjour, je suis Jean, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le moi : je vérifie en direct et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par Hercule, l'IA d'info.fr · réponses à titre indicatif

Sources

Jean Faucher

Jean Faucher

Jean est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Creuse (23), avec Guéret pour chef-lieu. Spécialité du département : tapisserie Aubusson UNESCO et art contemporain Vassiviere. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

×