Dijon : Seturec lance La Canopée, immeuble tertiaire biosourcé sans béton à la Toison-d’Or
La société dijonnaise Seturec lance les travaux d'un immeuble de bureaux de 3 000 m² en bois et paille, pour 6,7 millions d'euros, dans le quartier Toison-d'Or.
Seturec, cabinet de maîtrise d'œuvre dijonnais fondé en 1966, démarre la construction de La Canopée, un immeuble tertiaire biosourcé R+4 de 3 000 m² à la Toison-d'Or. Bois, paille, hors-site et énergie positive la société entend prouver que le tertiaire peut se passer de béton.
L’essentiel
- Budget : 6,7 millions d’euros investis par Seturec via sa structure Géo Invest pour La Canopée.
- Surface : environ 3 000 m², R+4 avec attique, plateaux de 500 m² divisibles, rooftop photovoltaïque.
- Pré-locataires : Radio France (RDC + 1er étage), Artelia (3e étage), Seturec elle-même (4e + attique, ~700 m²).
- Chantier : travaux lancés en juin 2026, annoncé dans Les Echos du 3 juin 2026.
- Précédent : premier bâtiment du concept Géo, le siège Ymag/Septeo (Géo 1), livré fin 2022 dans le même quartier.
Un immeuble de bureaux en bois et paille, à l’angle de deux rues dijonnaises
Le chantier a démarré rue Marguerite-Yourcenar, à l’angle de la rue René-Char, dans le parc d’activités de l’Europe au quartier Toison-d’Or. La Canopée sortira de terre en bois et paille : ossature bois issue du massif jurassien, isolation en paille, construction hors-site (modules assemblés en usine avant livraison), et bilan énergétique positif grâce à un rooftop photovoltaïque. Aucune tonne de béton structurel n’est prévue dans le projet, selon Les Echos et Le Bien Public.
Le bâtiment comptera cinq niveaux (R+4 + attique) pour environ 3 000 m² de surface utile. Les plateaux de 500 m² sont conçus divisibles pour répondre à des locataires de taille variable. L’immeuble visera le label Bâtiment biosourcé, que Seturec promeut depuis plusieurs années.
Seturec, une entreprise locale de 20 personnes avec plus de 50 ans d’ancienneté
Seturec a été fondée en 1966 à Dijon par Jean Billot et Michel Lambert. Guillaume Guerlot en est le dirigeant depuis 2005. La société compte aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs et s’est spécialisée dans la maîtrise d’œuvre et l’ingénierie de bâtiments tertiaires et vinicoles, selon son site officiel et Traces Écrites News.
La Canopée est le deuxième projet du concept « Géo ». Le premier - Géo 1, siège social du groupe Ymag (devenu Septeo) - a été livré fin 2022 dans le même quartier Toison-d’Or. Même philosophie constructive : bois local, paille, hors-site. Ce précédent fonctionne comme vitrine commerciale pour convaincre d’autres maîtres d’ouvrage.
Seturec affiche l’ambition d’industrialiser la production de bâtiments tertiaires biosourcés, selon Traces Écrites News, en standardisant les modules fabriqués hors-site pour réduire délais et coûts de chantier. La démarche s’inscrit dans une logique de transition bas carbone qui intéresse également d’autres secteurs locaux : 150 professionnels se sont réunis à Dijon en juin 2026 pour une journée régionale sur la géothermie, signe d’un territoire actif sur les alternatives énergétiques.
L’argument central : sortir du tout-béton dans le tertiaire
Guillaume Guerlot résume la position de Seturec dans Le Bien Public : « On ne peut plus continuer à faire du 100 % béton. » L’argument est avant tout carbone. Selon les données avancées par la société, une construction biosourcée bois/paille réduit l’impact carbone jusqu’à 100 % comparé à une structure béton conventionnelle, en combinant séquestration du carbone dans les matériaux et suppression des émissions liées à la production de ciment.
La construction hors-site apporte un autre avantage mis en avant : moins de nuisances sur le chantier, délais raccourcis, meilleure maîtrise de la qualité. Les arguments bien-être sont aussi présents dans la communication de Seturec : douches, open space modulable, qualité de l’air intérieur liée aux matériaux naturels.
Ces arguments séduisent des locataires identifiés. Radio France occupera le rez-de-chaussée et le premier étage. Le bureau d’études Artelia prendra le troisième étage. Seturec elle-même s’installera au quatrième étage et dans l’attique, soit environ 700 m², ce qui constitue aussi un transfert de son propre siège dans le bâtiment qu’elle promeut.
Contexte dans la Côte-d’Or
Le marché des bureaux dijonnais traverse une période difficile. La demande placée a reculé à deux chiffres en 2025, selon Les Echos. Le parc tertiaire dijonnais reste dominé par des surfaces conventionnelles, souvent énergivores et peu flexibles. Dans ce contexte, Seturec parie sur la différenciation écologique et la divisibilité des plateaux pour capter une demande résiduelle mais solvable.
Dijon, préfecture de la Côte-d’Or et capitale régionale de Bourgogne-Franche-Comté, compte environ 155 000 habitants. Son tissu économique tertiaire est soutenu par des acteurs publics (collectivités, universités) et des entreprises de taille intermédiaire. Le quartier Toison-d’Or constitue le principal pôle tertiaire privé hors hypercentre. La Canopée y voisinera avec Géo 1, déjà occupé par Septeo, ce qui forme une micro-vitrine de la construction biosourcée à l’échelle locale.
Plus largement, les projets d’éco-construction tertiaire restent rares en Bourgogne-Franche-Comté. Le Moniteur note que Seturec combine écologie et qualité de vie, une approche encore marginale dans le parc bureaux régional. Des initiatives comparables existent dans d’autres territoires français, comme le lancement de SUPFERRO à Saintes, école publique d’ingénieurs qui mise aussi sur une architecture pensée pour durer.
Un calendrier à préciser
Les travaux ont débuté en juin 2026. Seturec a partagé les premières images du chantier sur LinkedIn. La date de livraison n’a pas été communiquée précisément à ce stade dans les sources disponibles. D’autres prospects sont mentionnés par Les Echos pour les surfaces restantes, sans être nommés.
Si La Canopée atteint son taux d’occupation cible, Seturec disposera d’un deuxième référence biosourcée livrée à Dijon - argument commercial pour d’éventuels Géo 3 ou commandes extérieures en maîtrise d’œuvre.
Sources
- Les Echos : À Dijon, Seturec défend les immeubles tertiaires sans béton
- Le Bien Public : Dijon. Toison-d'Or : un nouvel immeuble tertiaire en bois et paille va voir le jour
- Traces Écrites News : Le Dijonnais Seturec veut industrialiser la production de bâtiments tertiaires biosourcés
- Le Moniteur : Dijon : Seturec combine écologie et qualité de vie au bureau