Dominique A boycotte l’Olympia et le Casino de Paris pour refuser l’emprise Bolloré
Le chanteur nantais refuse de se produire dans deux salles parisiennes emblématiques contrôlées par le milliardaire, dénonçant son influence sur la culture et son soutien présumé au RN.
Dominique A a annoncé le 28 avril 2026 ne plus se produire à l'Olympia ni au Casino de Paris. Les deux salles appartiennent à des groupes sous contrôle de Vincent Bolloré. Le chanteur lie ce geste à la crise chez l'éditeur Grasset et à l'influence politique du milliardaire.
Dominique A a annoncé le 28 avril 2026 ne plus se produire à l’Olympia ni au Casino de Paris. Les deux salles appartiennent à des groupes sous contrôle de Vincent Bolloré. Le chanteur lie ce geste à la crise chez l’éditeur Grasset et à l’influence politique du milliardaire.
L’essentiel
- 28 avril 2026 : Dominique A annonce publiquement boycotter l’Olympia et le Casino de Paris, deux salles détenues via Canal+ et Lagardère, groupes sous contrôle de Vincent Bolloré.
- Déclencheur : l’éviction le 14 avril 2026 d’Olivier Nora, dirigeant de Grasset depuis 26 ans, imposée selon ses partisans par Bolloré.
- Plus de 200 auteurs ont quitté les éditions Grasset suite à cette éviction, selon Le Parisien.
- Boycott étendu : Dominique A refuse également les points de vente Relay en gare, également liés au groupe Bolloré.
- Précédent : en 2024, plus de 500 artistes avaient signé une lettre ouverte contre l’influence présumée de Bolloré sur les radios Lagardère, après l’affaire Zaho de Sagazan.
Une annonce publique, des mots précis
Le chanteur a formulé sa position sans ambiguïté. Selon Le Monde et Libération, il a écrit : « En tant qu’artiste, j’ai décidé de ne plus me produire dans les salles parisiennes que possède également Monsieur Bolloré, telles l’Olympia ou le Casino de Paris. » Franceinfo rapporte qu’il dénonce un milliardaire d’extrême droite qui « met tout en œuvre pour que le Rassemblement National accède au pouvoir ».
Le geste va au-delà des deux salles de concert. Dominique A étend son refus aux kiosques Relay présents dans les gares, également rattachés à l’écosystème Bolloré, selon Les Inrockuptibles. Il s’agit donc d’un boycott de l’ensemble des lieux de diffusion culturelle sous cette bannière, pas seulement des scènes de spectacle.
L’Olympia via Canal+, le Casino via Lagardère : la cartographie Bolloré
L’Olympia est détenu par le groupe Canal+. Le Casino de Paris appartient au groupe Lagardère. Les deux groupes sont sous le contrôle de Vivendi, lui-même piloté par Vincent Bolloré, selon Le Parisien et Le Figaro. Ce périmètre de propriété concentre deux des salles de spectacle les plus emblématiques de Paris intramuros.
Pour Dominique A, se produire dans ces lieux reviendrait à alimenter financièrement un acteur qu’il juge politiquement néfaste pour l’indépendance culturelle. L’argument n’est pas nouveau dans le milieu artistique, mais la prise de position nominative et publique d’un artiste de sa notoriété est plus rare.
La crise Grasset comme déclencheur
L’annonce intervient deux semaines après l’éviction d’Olivier Nora de la direction des éditions Grasset, le 14 avril 2026. Nora dirigeait la maison depuis 26 ans. Selon Libération et France Culture, cette mise à l’écart est perçue dans le milieu éditorial comme une ingérence directe de Bolloré dans la ligne éditoriale de la maison.
La réaction a été immédiate dans le monde du livre : plus de 200 auteurs ont quitté Grasset en signe de protestation, d’après Le Parisien. Bolloré a répondu en dénonçant une « petite caste d’auteurs » qui se croirait au-dessus de tout, selon La Tribune. Le débat sur l’indépendance dans le monde du livre s’est intensifié dans les jours suivants.
C’est dans ce contexte que Dominique A a choisi de prendre position. Son geste élargit la contestation au secteur du spectacle vivant, après que la crise s’était d’abord concentrée sur l’édition.
Un précédent : les 500 artistes de 2024
Ce n’est pas la première fois que des artistes se mobilisent contre l’influence de Bolloré. En juillet 2024, plus de 500 d’entre eux avaient signé une lettre ouverte dénonçant des intimidations présumées après le boycott de la chanteuse Zaho de Sagazan sur les radios du groupe Lagardère, selon Télérama et Le Parisien. Ce précédent avait déjà posé la question du rapport entre pouvoir économique et liberté de diffusion artistique.
L’affaire Grasset de 2026 a relancé ces interrogations, avec une intensité accrue. Le départ massif d’auteurs d’une même maison en quelques jours reste un événement rare dans l’édition française.
Contexte dans le département de Paris (75)
L’Olympia, boulevard des Capucines (9e arrondissement), et le Casino de Paris, rue de Clichy (9e), sont deux des principales salles de concert privées de la capitale. Leur concentration entre les mains d’un même actionnaire de référence illustre une tendance de fond : la consolidation du secteur culturel parisien autour de quelques grands groupes de médias et de divertissement.
Paris concentre l’essentiel des grandes salles de spectacle françaises. L’enjeu dépasse donc la programmation d’un seul artiste : si d’autres musiciens adoptaient une position similaire, l’impact sur la programmation de ces deux adresses pourrait devenir tangible. Pour l’heure, Dominique A est l’un des premiers artistes à formaliser publiquement un tel refus vis-à-vis de l’Olympia et du Casino de Paris spécifiquement.
Le débat sur la concentration des médias et des lieux culturels sous contrôle de grands groupes privés est régulièrement soulevé au Parlement, sans qu’une réglementation spécifique au secteur du spectacle vivant n’ait jusqu’ici été adoptée. Plus largement, la question de l’indépendance des institutions culturelles face aux intérêts privés traverse régulièrement le débat public français.
Aucune réaction officielle des salles à ce stade
Ni l’Olympia ni le Casino de Paris n’avaient réagi publiquement au moment de la publication de cet article. Vincent Bolloré n’a pas non plus répondu spécifiquement au boycott de Dominique A. Les billets éventuellement déjà vendus pour des concerts à venir dans ces salles sont concernés, mais aucune date officielle de Dominique A à l’Olympia ou au Casino de Paris n’était annoncée au moment de l’annonce, selon les sources consultées.
Le chanteur n’a pas précisé si d’autres artistes avaient été contactés pour rejoindre sa démarche. La mobilisation reste pour l’instant individuelle, même si elle s’inscrit dans un mouvement de fond déjà documenté depuis 2024.
Les prochaines semaines diront si d’autres voix du spectacle vivant emboîtent le pas - ou si les directions des salles concernées prennent position dans ce débat qui touche désormais autant la scène que l’édition.
Sources
- Le Monde : Dominique A ne jouera plus à l'Olympia et au Casino de Paris, deux salles dans le giron de Vincent Bolloré
- Franceinfo : Le chanteur Dominique A annonce boycotter L'Olympia et le Casino de Paris, par opposition à Vincent Bolloré
- Libération : Dominique A. annonce qu'il ne jouera plus à l'Olympia ou au Casino de Paris, propriété de Vincent Bolloré
- Les Inrockuptibles : Dominique A prend position contre Vincent Bolloré