Draft NBA 2026 : l’absence de Français inquiète les clubs de LNB
Aucun tricolore ne devrait être choisi cette année, une première depuis la génération Wembanyama. Quelles conséquences pour les clubs de l'Hexagone
Après des années fastes marquées par Victor Wembanyama et six Français draftés en 2025, la cuvée 2026 s'annonce historiquement pauvre. Le seul espoir, Adam Atamna (ASVEL), s'est retiré du processus. Explications d'un trou d'air et impact financier pour les clubs de LNB.
L’essentiel
- Zéro Français attendu : Seulement 71 joueurs se sont déclarés « early entry », le plus bas total depuis 2003.
- Seul espoir évanoui : Adam Atamna (ASVEL) était le seul tricolore dans les projections, il s’est retiré de la draft.
- Impact financier : Les clubs de LNB ne percevront pas d’indemnités de transfert liées à la NBA cette année.
- Cause identifiée : Le système NIL (Name, Image and Likeness) aux États-Unis retient les joueurs américains en NCAA.
La draft NBA 2026, qui se déroulera dans la nuit du 23 au 24 juin au Barclays Center de Brooklyn, s’annonce comme une cuvée historiquement pauvre pour le basket français. Après les années fastes marquées par les sélections de Victor Wembanyama et Bilal Coulibaly en 2023, puis six tricolores choisis en 2025, cette édition pourrait bien être la première sans aucun Français depuis 2020.
Selon Trashtalk et info.fr, aucun joueur tricolore ne devrait entendre son nom prononcé par Adam Silver. Le seul espoir, Adam Atamna (ASVEL), était présent dans les mock drafts jusqu’à son retrait officiel du processus mi-juin. Un coup d’arrêt dans la filière française, après une décennie de progression constante vers la NBA.
La règle NIL, cause principale du coup d’arrêt
Comment expliquer ce trou d’air ? Le principal facteur identifié par les observateurs est le système NIL (Name, Image and Likeness) aux États-Unis. Ce dispositif, qui permet aux joueurs universitaires de percevoir des revenus issus de leur image, a radicalement changé le calcul des prospects américains. « Les joueurs américains restent désormais plus longtemps en NCAA grâce aux contrats NIL, ce qui réduit mécaniquement le nombre de places disponibles à la draft », explique info.fr dans son analyse de la cuvée 2026.
Les conséquences sont chiffrées : seulement 71 joueurs se sont déclarés « early entry » pour cette édition, le total le plus bas depuis 2003. Un nombre insuffisant pour absorber les talents européens, pourtant nombreux dans les centres de formation français.
Des clubs de LNB privés d’indemnités
La question posée par l’utilisateur @9a61_ sur X est centrale : les clubs français touchent-ils quelque chose quand leurs prospects s’envolent vers la NBA ? En réalité, oui : via le système de buyout et les indemnités de formation (prévues par les accords NBA-FIBA), les clubs de LNB peuvent percevoir des sommes variables selon le rang de draft et les contrats signés.
Lorsque Victor Wembanyama (Sans doute formé à Nanterre puis Boulogne-Levallois, même si son dernier club était les Mets 92), ou Bilal Coulibaly (Mets 92) ont été draftés, leurs clubs respectifs ont bénéficié de compensations. Cette année, sans Français drafté, aucun club de l’Hexagone ne touchera d’indemnité NBA. Une perte sèche pour des clubs souvent dépendants de ces revenus, comme l’explique un expert cité par Basketeurope : « Les clubs de LNB qui misent sur leur centre de formation voient dans la draft une source de financement importante. Une année blanche comme 2026 fragilise leur modèle économique. »
Contexte en France : une filière basket en transition
Avec plus de 700 000 licenciés et une quinzaine de clubs professionnels en Betclic Élite (LNB), la France est devenue ces dernières années un vivier majeur pour la NBA. De Tony Parker à Victor Wembanyama, la génération 2000-2005 a placé le basket français sur la carte. Mais cette année de disette révèle une fragilité structurelle : le système NIL américain attire les meilleurs espoirs mondiaux, et les formations françaises peinent à rivaliser avec les universités US. La LNB a d’ailleurs récemment lancé des réflexions pour renforcer ses propres filières, notamment en développant des contrats plus attractifs pour les jeunes prospects.
Le seul rayon de soleil symbolique vient d’AJ Dybantsa, favori pour le premier choix de la draft 2026, qui a passé une saison au lycée en France. Mais il représente les États-Unis et n’a pas de lien direct avec le basket français. « Une anecdote plus qu’un réel espoir pour la filière », note L’Équipe.
Le basket français attendra 2027
Les clubs de LNB devront donc patienter. Selon nos confrères de Draft NBA 2026 : après Wembanyama et Risacher, le basket français attendra, les espoirs pour 2027 sont plus nombreux, avec des jeunes talents déjà repérés dans les centres de formation. « Il faut prendre du recul : une année sans drafté ne remet pas en cause la qualité de la formation française », tempère un entraîneur de Betclic Élite.
En attendant, les discussions autour du futur de la filière se multiplient. La LNB, la FFBB et les agents travaillent sur des solutions pour mieux valoriser les jeunes talents avant leur départ potentiel, comme le montre Mock Draft NBA 2026 : les comptes français s’animent avant le grand rendez-vous de Brooklyn. Une adaptation nécessaire pour que le basket français ne connaisse plus de trou d’air de cette ampleur.
Prochaine étape : la draft NBA 2026 se tient les 25-26 juin. Aucun Français n’est inscrit. En septembre, la saison LNB reprendra son cours, avec l’espoir de voir émerger de nouveaux talents dès l’automne.
Sources
- Trashtalk : NBA Draft 2026 : pourquoi n'y aura-t-il pas de Français ?
- info.fr : NBA Draft 2026 : pourquoi si peu de Français dans la cuvée ?
- BeBasket : Seul Français de la Mock Draft NBA 2026, Adam Atamna fait machine arrière
- L'Équipe : La parenthèse française d'AJ Dybantsa, annoncé comme le n°1 de la Draft NBA 2026