Emploi en berne en Centre-Val de Loire : Vendôme paie un lourd tribut

La région perd 3 000 postes en 2025, la construction s'effondre et la liquidation Brandt frappe durement le Loir-et-Cher.

Emploi en berne en Centre-Val de Loire : Vendôme paie un lourd tribut
Illustration Isabelle Gaillard / info.fr

L'économie régionale marque le pas. En 2025, l'emploi salarié en Centre-Val de Loire a reculé de 3 000 postes, selon l'INSEE. La construction est le secteur le plus touché. À Vendôme, la liquidation de l'usine Brandt aggrave une situation déjà fragile.

938 000 postes salariés en Centre-Val de Loire fin 2025, soit 3 000 de moins qu’un an auparavant. C’est le constat de l’INSEE, qui fait état d’un recul de 0,3 % de l’emploi salarié total dans la région. La tendance prolonge le repli déjà observé en 2024.

La construction en première ligne

Le secteur de la construction enregistre la plus forte contraction : -1,9 % des effectifs salariés, un repli qui touche tous les départements de la région sans exception, selon l’INSEE. L’industrie recule de 0,5 %, les services marchands de 0,2 %. L’intérim se dégrade également.

Dans ce contexte régional dégradé, le chômage de catégorie A progresse de 7,8 % en moyenne en Centre-Val de Loire en 2026, selon Sweet FM, avec des hausses plus marquées dans les bassins d’Orléans, Romorantin-Lanthenay et Bourges.

Brandt : 652 emplois supprimés à Vendôme

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Le Loir-et-Cher, qui affichait pourtant fin 2024 le taux de chômage le plus bas de la région (6,1 % contre 6,8 % en moyenne régionale), encaisse un choc industriel majeur. En mars 2026, la liquidation judiciaire de l’usine Brandt à Vendôme efface 652 emplois d’un coup, selon France 3 Centre. La Région Centre-Val de Loire s’est mobilisée pour tenter de maintenir une activité via un projet de SCOP soutenu par les collectivités, mais l’issue reste incertaine.

Le Comité Local Pour l’Emploi de Vendôme recense 8 600 offres d’emploi diffusées sur un an, dont deux tiers en contrats durables de six mois ou plus. De quoi absorber une partie des demandeurs, mais pas la totalité des salariés de Brandt.

Les moyens de la Région aussi sous pression

La capacité d’intervention régionale est elle-même contrainte. En 2025, l’État a ponctionné 50 millions d’euros dans le budget régional, portant la baisse totale des recettes à 100 millions sur deux ans, selon les documents budgétaires de la Région. En 2026, la contribution de l’État au Pacte de formation professionnelle recule de 18 millions d’euros, entraînant la suppression de plus de 4 000 places de formation - au moment même où la demande augmente.

À Vendôme, La Nouvelle République signale que les investissements locaux sont eux aussi mis en pause dans le rapport d’orientation budgétaire 2026 de Territoires vendômois. Le tableau d’ensemble, pour ce bassin d’emploi, est peu engageant à court terme.

Sources

Isabelle Gaillard

Isabelle Gaillard

Installée à Blois, elle couvre les châteaux, le tourisme, l'agriculture viticole et les tensions sur la ligne SNCF Paris-Orléans. Issue du CFJ, elle a commencé en presse écrite. Méthode : interroger les conservateurs, les viticulteurs, les responsables SNCF, croiser les données de fréquentation avant de conclure.

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