Pointe-à-Pitre ouvre une zone franche pour attirer les investisseurs touristiques

Les ZFANG offrent aux entreprises du secteur un abattement fiscal de 80 % pour dynamiser l'emploi en Guadeloupe.

Pointe-à-Pitre ouvre une zone franche pour attirer les investisseurs touristiques
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Annoncée le 5 avril 2026, une zone franche dédiée au tourisme doit s'implanter à Pointe-à-Pitre. Le dispositif s'appuie sur les Zones Franches d'Activité Nouvelle Génération, créées en 2019. Objectif : attirer les investisseurs et créer des emplois locaux.

Le tourisme représente plus de 8 000 emplois directs en Guadeloupe et pèse plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, selon l’INSEE. La création d’une zone franche à Pointe-à-Pitre vise à amplifier cette dynamique en offrant aux entreprises du secteur des avantages fiscaux significatifs.

Un cadre fiscal avantageux pour les PME

Les Zones Franches d’Activité Nouvelle Génération (ZFANG) ont été créées par l’article 6 de la loi de finances 2019, adoptée le 18 octobre 2018. Elles prévoient un abattement de 80 % sur les bénéfices, plafonné à 300 000 euros par an, selon la Région Guadeloupe. Les entreprises éligibles bénéficient également d’exonérations d’impôts locaux - taxe foncière, contribution économique territoriale - et d’allègements de charges sociales patronales. Le tourisme figure parmi les secteurs prioritaires, aux côtés de l’agro-transformation et du numérique. Ces dispositifs s’inscrivent dans la continuité de la LODEOM de 2009, qui avait posé les premières bases des zones franches dans les outre-mer, rappelle Antilla Martinique.

Un contexte porteur, après une année 2025 difficile

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Le moment n’est pas choisi au hasard. Selon La1ère, la saison touristique 2026 démarre positivement en Guadeloupe, avec une hausse de fréquentation dès janvier, après une année 2025 marquée par des difficultés pour les hôtels et restaurants. Pointe-à-Pitre se classe en outre 3e destination la plus recherchée en ligne par les Français pour 2026, derrière Bangkok et Marrakech, selon France Antilles. La ville accueille près de 300 000 croisiéristes par an à son port. Cinq circuits thématiques ont été inaugurés fin 2025 pour renforcer l’offre d’accueil, selon Karib Info.

La Région Guadeloupe accompagne par ailleurs des projets d’hôtellerie de charme et d’éco-resorts, avec 10 millions d’euros engagés via l’Agence Française de Développement en 2024. En 2024, les dépenses touristiques ont contribué à une croissance de 1,9 % de l’économie guadeloupéenne, supérieure à la moyenne nationale, selon l’INSEE.

La mise en œuvre concrète de la zone franche - périmètre exact, entreprises ciblées, calendrier d’instruction des dossiers - n’avait pas encore été détaillée publiquement à la date de publication de cet article.

Préservation environnementale en parallèle

Le développement touristique suscite aussi des questions sur la préservation du littoral. À partir du 15 avril et jusqu’au 30 septembre 2026, RCI Guadeloupe signale qu’une interdiction d’approche est en vigueur pour les îlets sablonneux du Grand Cul-de-sac marin :

Ces mesures de protection des espaces naturels s’inscrivent dans l’ambition affichée d’un tourisme durable, condition posée par la Région pour l’attribution des aides aux investisseurs.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Correspondante à Basse-Terre, elle suit les tensions sur le chlordécone, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les restructurations hospitalières. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Guadeloupe. Méthode : interroger les agriculteurs, les militants indépendantistes, les élus, croiser les rapports sanitaires avant de publier.

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