Éoliennes près d’Amboise : la justice annule le projet Oratorio pour motifs paysagers
La Cour administrative d'appel de Versailles a retoqué le 10 avril 2026 l'autorisation du parc éolien d'Auzouer-en-Touraine, jugé incompatible avec les paysages UNESCO du Val de Loire.
Quatre éoliennes de 142 mètres ne verront pas le jour à Auzouer-en-Touraine. Le 10 avril 2026, la Cour administrative d'appel de Versailles a annulé l'autorisation environnementale du projet Oratorio. Motif : atteinte aux perspectives paysagères des châteaux d'Amboise et de Chaumont-sur-Loire, ainsi que de la pagode de Chanteloup.
L’autorisation avait été délivrée par le préfet d’Indre-et-Loire le 19 février 2024. Elle est désormais annulée. La Cour administrative d’appel de Versailles a jugé, le 10 avril 2026, que le parc éolien Oratorio, porté par la société éponyme, portait atteinte aux paysages protégés du Val de Loire, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000.
Les quatre machines prévues, hautes de 142 mètres chacune, devaient être implantées sur la commune d’Auzouer-en-Touraine, en dehors du périmètre UNESCO. Mais des photomontages produits lors de la procédure ont démontré leur visibilité depuis les châteaux d’Amboise et de Chaumont-sur-Loire, ainsi que depuis la pagode de Chanteloup, selon Le Figaro. La Cour a retenu l’argument.
Dix-huit associations à l’origine du recours
Le recours avait été déposé en 2024 par dix-huit associations et collectivités, dont Sites & Monuments et la Société civile de la pagode de Chanteloup, rapporte Le Figaro. Stéphane Bern, président de Sites & Monuments, a salué la décision comme une « victoire pour le patrimoine visuel du Val de Loire », selon Actu.fr.
Pour les opposants, la satisfaction est d’autant plus grande que le projet Oratorio était présenté comme le mieux positionné pour devenir le premier parc éolien opérationnel d’Indre-et-Loire, selon France 3 Régions. Ce département reste à ce jour sans aucune éolienne en service.
Une longue série d’annulations en Touraine
Ce n’est pas la première fois que la justice bloque un projet éolien dans le département. Sur les dix dernières années, une dizaine d’autorisations ont été rejetées ou annulées, notamment à Sepmes - définitivement annulé par le Conseil d’État en juillet 2025 - ou à La Chapelle-Blanche-Saint-Martin en 2021, où la Cour administrative d’appel de Nantes avait retenu l’impact sur les cigognes noires, rappelle France Bleu. Le motif paysager lié aux châteaux de la Loire reste toutefois le plus récurrent.
La situation contraste avec l’Indre voisin, où douze éoliennes ont été installées en une décennie. Des collectifs locaux y dénoncent désormais une « saturation », selon La Nouvelle République. En Indre-et-Loire, le schéma éolien départemental de 2009 continue d’orienter les zones potentielles, mais aucune implantation n’a encore abouti.
La société Parc éolien Oratorio n’a pas indiqué, à ce stade, si elle envisageait un pourvoi en cassation ou une révision du projet. La mairie d’Auzouer-en-Touraine n’a pas non plus communiqué de réaction publique à la date de publication.
Sources
- France 3 Régions : Une 'grande victoire' pour les opposants : un nouveau projet d'éoliennes annulé par la justice en Indre-et-Loire
- Le Figaro : Près des châteaux de la Loire, un projet d'éoliennes retoqué par la justice
- Actu.fr : Indre-et-Loire. Ce projet éolien menaçant la vue des châteaux du Val de Loire retoqué, Stéphane Bern soulagé
- La Nouvelle République : Le projet d'éoliennes à Auzouer-de-Touraine retoqué par la cour d'appel de Versailles