Éric Coquerel à Épinay-sur-Seine pour commémorer l’esclavage et dénoncer Vierzon

Le député LFI de Seine-Saint-Denis a participé le 10 mai 2026 aux cérémonies locales tout en dénonçant l'annulation à Vierzon par la nouvelle mairie d'extrême droite.

Éric Coquerel à Épinay-sur-Seine pour commémorer l'esclavage et dénoncer Vierzon
Illustration Fatima Benali / info.fr

Éric Coquerel, député LFI de la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis, était présent le 10 mai 2026 à la cérémonie d'Épinay-sur-Seine pour la Journée nationale des mémoires de la traite négrière. Il a également dénoncé l'annulation de l'événement à Vierzon par la municipalité RN-UDR, élue en mars 2026.

Éric Coquerel, député LFI de la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis, était présent le 10 mai 2026 à la cérémonie d’Épinay-sur-Seine pour la Journée nationale des mémoires de la traite négrière. Il a également dénoncé l’annulation de l’événement à Vierzon par la municipalité RN-UDR, élue en mars 2026.

L’essentiel

  • 10 mai 2026, 10h : cérémonie dans l’Allée Aimé Césaire à Épinay-sur-Seine, organisée par la Ville et l’Amicale des Antillais (ADA), en présence d’élus municipaux et du député Coquerel.
  • Vierzon : la nouvelle municipalité RN-UDR, élue en mars 2026, a annulé la commémoration du 10 mai, invoquant un coût de 1 500 euros et une faible participation, malgré dix ans de tradition.
  • Loi Taubira, 2001 : la Journée nationale est célébrée chaque 10 mai depuis 2006, en référence à l’adoption de cette loi reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité.
  • 11 millions : nombre de victimes estimé de la traite négrière transatlantique du XVIe au XIXe siècle, selon l’Assemblée nationale et Wikipedia.
  • Contre-rassemblement à Vierzon : l’opposition, menée par l’ancien maire communiste Nicolas Sansu, a maintenu sa propre cérémonie à 11h, en présence de la nièce d’Aimé Césaire.

Une cérémonie dans l’Allée Aimé Césaire

La cérémonie s’est tenue à 10h dans l’Allée Aimé Césaire à Épinay-sur-Seine, selon le programme officiel de la mairie. La Ville l’a organisée en lien avec l’Amicale des Antillais (ADA), présidée par Corinne Rosso. Des élus municipaux étaient présents. Coquerel a ensuite participé à une cérémonie similaire à Saint-Ouen dans la même journée, selon son compte X.

Cette commémoration annuelle honore les abolitions de l’esclavage en France en 1794 et 1848, après une traite négrière transatlantique ayant concerné plus de 11 millions de victimes, selon l’Assemblée nationale. La Journée nationale est instituée le 10 mai depuis 2006, en référence à l’adoption de la loi Taubira le 10 mai 2001.

La dénonciation de Vierzon

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Dans son tweet du 10 mai, Coquerel a ciblé la décision de la municipalité de Vierzon (Cher). Cette ville, passée sous direction RN-UDR lors des élections municipales de mars 2026, a annulé la commémoration du 10 mai. Les raisons avancées : un coût de 1 500 euros et une faible participation, malgré une organisation annuelle depuis une dizaine d’années, selon Libération et France Info.

Yves Husté, adjoint LR délégué à la mémoire, a justifié l’annulation en déclarant : « Nous ne sommes pas près de voir des hommes qui trafiqueront d’autres hommes, qui les enchaîneront par le cou pour les vendre », selon Libération. Cette formulation a suscité des réactions à l’échelle nationale.

L’opposition à Vierzon, conduite par l’ancien maire communiste Nicolas Sansu, a maintenu un rassemblement alternatif à 11h. La nièce d’Aimé Césaire, habitante de la ville, y participait, selon les mêmes sources.

« Les théories racistes nécessitent d’être combattues »

Coquerel a formulé deux arguments dans son message publié sur X. D’abord, que « la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité est récente ». Ensuite, que « les théories racistes conçues pour justifier cette abomination n’ont depuis lors cessé d’être entretenues et nécessitent d’être combattues ». Ces déclarations sont attribuées à son seul compte X officiel.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte politique national marqué par la montée des formations d’extrême droite dans plusieurs municipalités françaises. La récente élection de Bally Bagayoko (LFI) à la tête de Plaine Commune en Seine-Saint-Denis illustre par contraste la trajectoire politique distincte du département.

Contexte dans la Seine-Saint-Denis

Épinay-sur-Seine compte environ 55 000 habitants. La ville fait partie de la communauté d’agglomération Plaine Commune, territoire à forte présence de populations issues des Antilles et d’Afrique subsaharienne. La cérémonie du 10 mai y est organisée chaque année : en 2025, une commémoration similaire avait eu lieu avec dépôt de gerbe et allocutions, selon la mairie.

Éric Coquerel représente la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis (Saint-Denis, Saint-Ouen, Épinay-sur-Seine). Il est l’un des députés LFI les plus exposés médiatiquement au niveau national. En Seine-Saint-Denis, la commémoration du 10 mai mobilise régulièrement associations et élus locaux dans plusieurs communes du département, dont les villes de Plaine Commune où la gauche reste majoritaire.

La décision de Vierzon reste, à ce stade, isolée parmi les municipalités françaises ayant basculé à droite depuis mars 2026. Aucun recensement national de cas similaires n’était disponible au 10 mai.

Prochaine étape

La mairie d’Épinay-sur-Seine n’a pas précisé à ce stade si elle prévoit de formaliser davantage le partenariat avec l’ADA pour les prochaines éditions. Le cas de Vierzon pourrait faire l’objet d’un débat parlementaire, plusieurs élus de gauche ayant exprimé leur intention d’interpeller le gouvernement sur ce sujet, selon France Info.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Fatima est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Seine-Saint-Denis (93), avec Bobigny pour chef-lieu. Spécialité du département : Stade de France et basilique cathédrale Saint-Denis. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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