Ex-Miss France agressée à Avignon : le tribunal condamne à 6 mois avec sursis

Un Marocain de 30 ans reconnu coupable d'agression sexuelle sur Rachel Legrain-Trapani lors du Festival Off 2025, malgré son déni à l'audience.

Ex-Miss France agressée à Avignon : le tribunal condamne à 6 mois avec sursis
Illustration Raphaël Mistral / info.fr

Le tribunal correctionnel d'Avignon a rendu son verdict le 5 mai 2026 l'homme qui avait agressé sexuellement Rachel Legrain-Trapani en pleine rue pendant le Festival Off 2025 écope de six mois de prison avec sursis. Le procureur avait requis une peine plus sévère et dénoncé les failles persistantes de la protection des femmes en espace public.

Le tribunal correctionnel d’Avignon a rendu son verdict le 5 mai 2026 : l’homme qui avait agressé sexuellement Rachel Legrain-Trapani en pleine rue pendant le Festival Off 2025 écope de six mois de prison avec sursis. Le procureur avait requis une peine plus sévère et dénoncé les failles persistantes de la protection des femmes en espace public.

L’essentiel

  • Condamnation : 6 mois de prison avec sursis et un stage de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles, prononcés le 5 mai 2026 par le tribunal correctionnel d’Avignon.
  • Les faits : Agression sexuelle commise le 17 juillet 2025 rue de la République à Avignon, en marge du Festival Off, sur Rachel Legrain-Trapani, Miss France 2007.
  • Le prévenu : Un ressortissant marocain de 29 ans au moment des faits (30 ans en 2026), saisonnier sans antécédents judiciaires, interpellé immédiatement sur place.
  • Réquisitions : Le procureur avait demandé 8 mois avec sursis et 2 ans d’interdiction du territoire français.
  • Contexte local : Le Vaucluse a enregistré 946 cas de violences sexuelles en 2025, en hausse de 8,6 % par rapport à 2024, selon le ministère de l’Intérieur.

Ce qui s’est passé le 17 juillet 2025

Ce jour-là, Rachel Legrain-Trapani, élue Miss France en 2007, distribuait des flyers rue de la République pour son spectacle Pas si Miss que ça, monté dans le cadre du Festival Off. C’est en tractant dans la foule dense de la rue piétonne qu’un homme l’a abordée et agressée sexuellement, selon les éléments rapportés par Le Parisien et La Provence.

La victime a décrit avoir été « tétanisée » sur le moment. Elle a par la suite pris la parole publiquement, indiquant témoigner « pour toutes les femmes à qui ça arrive », selon BFM TV et Ouest-France. L’agression l’a conduite à quitter le festival prématurément.

L’auteur, un Marocain de 29 ans travaillant comme saisonnier, a été interpellé sur place et placé en garde à vue dans la foulée. Selon Midi Libre, les témoins présents indiquaient qu’il « rôdait déjà depuis un moment » dans le secteur.

Un déni maintenu à l’audience, une condamnation quand même

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Lors de l’audience, le prévenu a nié les faits, qualifiant l’acte d’involontaire, selon les informations de Midi Libre et du site Fdesouche. Le tribunal n’a pas retenu cette version.

Le 5 mai 2026, soit près de dix mois après les faits, le tribunal correctionnel d’Avignon l’a reconnu coupable et l’a condamné à six mois de prison avec sursis, assortis d’un stage de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles obligatoire, selon France Bleu. Le défaut de suivi de ce stage expose le condamné à une révocation du sursis.

Le parquet avait requis une peine plus lourde : huit mois avec sursis et deux ans d’interdiction du territoire français. Le tribunal n’a pas retenu cette mesure d’éloignement.

Le procureur cite le procès Pelicot

Dans ses réquisitions, le procureur a explicitement évoqué le procès Pelicot - jugé lui aussi à Avignon, en 2024 - pour souligner ce qu’il décrit comme des failles persistantes dans la protection des femmes en espace public, selon France Bleu. Ce rapprochement donne une portée symbolique à une affaire qui aurait pu rester un fait divers local.

Rachel Legrain-Trapani n’est pas une figure isolée dans ce dossier : son exposition médiatique a contribué à mettre en lumière des incidents qui, sans elle, auraient eu peu d’écho national. Le cas illustre aussi la difficulté à faire condamner des actes commis en public, dans une foule, où les preuves matérielles sont rares.

Un festival marqué par une série d’incidents en 2025

L’affaire Legrain-Trapani n’est pas le seul incident de ce type survenu lors du Festival Off 2025. Quelques jours après cette agression, une femme de 35 ans a également été agressée sexuellement dans les rues d’Avignon. Son agresseur, un Tunisien récidiviste de 36 ans, a été condamné à deux ans de prison ferme et dix ans d’interdiction du territoire, selon 20 Minutes et France 3 Régions.

Le festival a également été traversé par une autre polémique : le départ de Pierre Gendronneau, numéro deux de l’institution, après des signalements de violences sexuelles commises sur un poste précédent, selon Le Monde et Le Figaro. Un spectacle directement inspiré du procès Pelicot était par ailleurs à l’affiche cette année-là.

Pour les questions de violences en lien avec des parcours migratoires, le contexte judiciaire national est lui aussi sous tension en 2026, avec plusieurs affaires traitées simultanément par les tribunaux français.

Contexte dans le Vaucluse

Le département du Vaucluse présente une tendance préoccupante sur les violences sexuelles. En 2025, les forces de sécurité y ont recensé 946 cas, soit une hausse de 8,6 % par rapport aux 871 cas enregistrés en 2024, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur relayées par Actu.fr et la préfecture de Vaucluse.

Avignon, ville de 93 000 habitants et préfecture du département, concentre une part significative de ces chiffres. Le Festival d’Avignon - l’un des plus grands événements de théâtre au monde, qui attire plusieurs centaines de milliers de spectateurs chaque été - génère une densité urbaine exceptionnelle sur quelques semaines. Les rues du centre historique, déjà fréquentées, deviennent difficilement contrôlables en période de festival. La sécurité en espace public y est une question récurrente, ravivée chaque été par les incidents.

Le procès Pelicot, qui s’est tenu au tribunal d’Avignon fin 2024 et a été suivi dans le monde entier, a accentué la pression sur les institutions locales pour démontrer une réponse judiciaire à la hauteur des attentes en matière de violences sexuelles. Le rapprochement effectué par le procureur dans cette affaire s’inscrit dans cette continuité.

Sur des sujets connexes de sécurité publique locale, d’autres dossiers mobilisant les forces de l’ordre en espace ouvert illustrent la même tension entre présence massive du public et maintien de l’ordre.

Prochaine étape

Aucun appel n’a été annoncé à ce stade. L’accusé devra se soumettre au stage de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles sous peine de voir son sursis révoqué, selon France Bleu. La question d’une éventuelle interdiction de territoire, écartée par le tribunal, reste posée par le parquet.

Sources

Raphaël Mistral

Raphaël Mistral

Raphaël est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Vaucluse (84), avec Avignon pour chef-lieu. Spécialité du département : Festival Avignon et patrimoine UNESCO Palais des Papes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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