Un an après le féminicide de Banassa Bamba : marche à Besançon pour exiger justice
L'Association des Étudiants Ivoiriens de Besançon organise ce 2 mai 2026 une marche commémorative, un an après le meurtre non résolu de l'étudiante de 29 ans.
Banassa Bamba, étudiante ivoirienne de 29 ans, a été retrouvée égorgée le 1er mai 2025 à Stains. Un an après, l'enquête est au point mort et le suspect toujours en fuite. Ce samedi, une marche part à 10h place de la Révolution à Besançon.
Banassa Bamba avait 29 ans. Ancienne étudiante en Master de sociologie à l’Université de Besançon, elle avait été retrouvée morte le 1er mai 2025 dans l’appartement de son ex-compagnon à Stains (Seine-Saint-Denis), une plaie à la gorge. Un an plus tard, le suspect principal est toujours en fuite. L’enquête pour homicide volontaire, selon France 3 Franche-Comté, n’a pas progressé.
L’essentiel
- Victime : Banassa Bamba, 29 ans, étudiante ivoirienne, retrouvée égorgée le 1er mai 2025 à Stains (93), classée 26e féminicide de mai 2025.
- Enquête : Un an après, le suspect principal - l’ex-compagnon - est toujours en fuite. L’enquête pour homicide volontaire est au point mort.
- Marche du 2 mai 2026 : Départ à 10h place de la Révolution à Besançon, organisée par l’Association des Étudiants Ivoiriens de Besançon (AEIB), fin prévue à 13h.
- Précédent : Une marche blanche le 24 mai 2025 à Besançon avait réuni environ 200 personnes.
- Contexte national : 164 féminicides recensés en France en 2025, soit +16 % par rapport aux 141 de 2024, selon l’association Nous Toutes.
Un meurtre resté sans réponse judiciaire
Le 1er mai 2025, Banassa Bamba est retrouvée morte à Stains. La scène de crime désigne l’appartement de son ex-compagnon. Le collectif Féminicides par compagnons ou ex la recense comme le 26e féminicide du mois de mai 2025. Le parquet ouvre une enquête pour homicide volontaire.
Douze mois plus tard, le principal suspect n’a pas été appréhendé. Aucune mise en examen n’a été annoncée. Selon France 3 Franche-Comté et L’Est Républicain, la procédure est décrite comme « au point mort » par l’entourage de la victime et les organisateurs de la marche.
Besançon se mobilise une deuxième fois
Ce samedi 2 mai 2026, l’Association des Étudiants Ivoiriens de Besançon (AEIB) organise une marche commémorative. Départ à 10h place de la Révolution. Le parcours traverse le centre-ville avec un arrêt devant l’UFR SLHS - l’unité de formation en sciences humaines et sociales où Banassa Bamba avait étudié - avant un retour place de la Révolution à 13h, selon MaCommune.info et le site de l’université.
L’AEIB appelle à « Justice pour Banassa, non à l’impunité ». La marche entend dénoncer à la fois l’absence d’avancée judiciaire et les violences faites aux femmes de manière plus large.
Ce n’est pas la première mobilisation à Besançon. Le 24 mai 2025, une première marche blanche avait réuni environ 200 personnes dans la capitale comtoise, moins d’un mois après le drame. France 3 Franche-Comté avait alors rapporté des témoignages d’amis et d’anciens camarades de l’université.
Un lien fort avec Besançon
Banassa Bamba avait complété un Master de sociologie à l’UFR SLHS de l’Université de Franche-Comté avant de s’installer en région parisienne, selon le site du laboratoire universitaire LASA. C’est ce parcours bisontin qui explique la mobilisation locale, au-delà de la communauté ivoirienne.
La violence conjugale à Besançon n’est pas un fait isolé. Les organisateurs de la marche inscrivent leur démarche dans une revendication plus large de protection des femmes face aux violences de leurs partenaires ou ex-partenaires.
Contexte dans le Doubs
Dans le Doubs, 1 880 plaintes pour violences conjugales ont été déposées en 2024, avec une tendance à la hausse signalée en 2025 par les services de police et gendarmerie, selon l’hebdomadaire local Hebdo25. Le chiffre illustre l’ampleur du phénomène dans le département.
Le Conseil départemental du Doubs a répondu en signant, le 25 novembre 2025, un troisième plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes, couvrant la période 2026-2028. Il comprend une cinquantaine d’actions en matière d’accompagnement des victimes et de soutien aux associations, selon le site du Département.
À l’échelle nationale, le tableau est préoccupant. L’association Nous Toutes a recensé 164 féminicides en France en 2025, en hausse de 16 % par rapport aux 141 comptabilisés en 2024. Le ministère de l’Intérieur fait état de 132 300 victimes de violences sexuelles enregistrées la même année, soit +8 % par rapport à 2024, dont près des trois quarts hors cadre familial.
Ce contexte dépasse les seules statistiques bisontines. Le féminicide d’Agen, début 2026, avait rappelé la récurrence de ces drames impliquant un ex-compagnon. À Courbevoie, des adolescentes avaient été libérées d’une situation de prostitution forcée, deux affaires distinctes mais qui alimentent le même débat sur la protection des femmes et des jeunes filles.
Une enquête sous surveillance
L’absence d’arrestation un an après les faits reste le point central des revendications. L’ex-compagnon de Banassa Bamba est activement recherché selon France 3 Franche-Comté. Aucune mise à jour officielle du parquet n’a été communiquée à ce stade sur l’état des recherches.
Les organisateurs de la marche du 2 mai n’ont pas précisé si des représentants de l’université ou des élus locaux participeraient à l’événement. Le programme détaillé, disponible via l’AEIB et relayé par MaCommune.info, se concentre sur un parcours symbolique centré sur les lieux de vie bisontins de la jeune femme.
La marche de ce samedi constitue le premier hommage annuel depuis le drame. La question de la localisation du suspect reste entière pour la famille et les proches de Banassa Bamba.
Sources
- France 3 Franche-Comté : Nous réclamons justice : un an après le meurtre de Banassa Bamba, une marche à Besançon face à une enquête au point mort
- MaCommune.info : Une marche en hommage à Banassa Bamba à Besançon
- L'Est Républicain : Besançon : un hommage à Banassa Bamba, victime d'un féminicide, ce samedi
- Département du Doubs : Le Département engagé au quotidien dans la lutte contre les violences faites aux femmes