Foix : un septuagénaire condamné à cinq ans pour tentative de viol sur son ex-compagne

Jugé les 21 et 22 mai 2026, Xavier, né à Pamiers, a été reconnu coupable d'effraction et de tentative de viol sur Sophie, son ex-compagne, à Goudourville.

Foix : un septuagénaire condamné à cinq ans pour tentative de viol sur son ex-compagne
Illustration Lucas Fabre / info.fr

Un homme de 71 ans, originaire de Pamiers, a été condamné le 22 mai 2026 par la cour criminelle de l'Ariège à cinq ans de prison pour tentative de viol sur son ex-compagne. Les débats ont mis en lumière un portrait d'emprise et de blessure narcissique.

Un homme né en 1955 à Pamiers, prénommé Xavier dans la procédure, a comparu les 21 et 22 mai 2026 devant la cour criminelle de l’Ariège, au tribunal de Foix. Il était poursuivi pour effraction et tentative de viol sur son ex-compagne, Sophie, survenue le 14 septembre 2023 à Goudourville, dans le Tarn-et-Garonne. Le verdict est tombé le 22 mai : cinq ans d’emprisonnement, dont une partie ferme sous bracelet électronique.

L’essentiel

  • Audience : 21 et 22 mai 2026 devant la cour criminelle de l’Ariège, tribunal de Foix
  • Faits : effraction (porte défoncée à 7h du matin), tentative de fellation forcée et attouchements sexuels sur son ex-compagne à Goudourville (Tarn-et-Garonne), le 14 septembre 2023
  • Condamnation : 5 ans de prison dont 1 an sous bracelet électronique et 4 ans avec sursis simple
  • Mesures annexes : 3 ans de suivi socio-judiciaire avec obligation de soins, inscription au FIJAISV, interdiction de contact avec la victime et d’apparaître en Tarn-et-Garonne
  • Réquisitions : l’avocate générale Lisa Kratz avait requis 7 ans, dénonçant un « profil inquiétant »

Ce qui s’est passé le 14 septembre 2023

Selon les éléments présentés à l’audience par La Dépêche du Midi, Xavier s’est rendu au domicile de Sophie à Goudourville tôt le matin. Il a défoncé la porte d’entrée vers 7 heures. Il a ensuite tenté de contraindre son ex-compagne à une fellation et a commis des attouchements sexuels. Sophie a résisté. L’affaire a été portée devant la justice ariégeoise, compétente territorialement en raison du domicile de l’accusé.

Les preuves réunies incluent des empreintes, les déclarations de la victime, des enregistrements audio où Sophie supplie l’accusé d’arrêter, ainsi que des aveux partiels de Xavier lui-même, qui a reconnu l’effraction et les faits sexuels à l’audience.

Un portrait dressé sous le signe de l’emprise

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Les deux jours d’audience ont permis de reconstituer le contexte relationnel. Selon La Dépêche, les experts et l’avocate de la partie civile ont décrit un homme animé par une logique de domination sur son ex-compagne, bien après la rupture. Harcèlement, insultes adressées aux enfants de Sophie, présence jusqu’aux lieux fréquentés par ses patients : le tableau brossé est celui d’une emprise persistante.

La blessure narcissique aurait joué un rôle central. La séparation et la nouvelle relation de Sophie avec un ami commun auraient constitué le déclencheur. Un psychiatre entendu à l’audience a souligné l’absence d’empathie de l’accusé. Sa personnalité a été qualifiée d’anxieuse, immature et dépendante.

L’avocate générale Lisa Kratz a décrit un « profil inquiétant » et relevé l’absence de remise en cause de la part de l’accusé. Elle avait requis sept ans de réclusion.

La détresse de la victime et la réaction des parties civiles

Maître Chatry-Lafforgue, avocate de Sophie, a dénoncé l’emprise et la domination exercées par Xavier. La victime était en grande détresse lors des audiences, selon La Dépêche. Son compagnon Paul, présent à l’audience, a été décrit comme très ému.

Le verdict a été rendu dans ce contexte de fortes tensions émotionnelles. L’avocate de la partie civile a insisté sur le fait que, selon elle, Xavier ne mesure pas encore aujourd’hui l’ampleur de ce qu’il a infligé à son ex-compagne. Une formulation qui résume la tonalité des deux jours d’audience.

Le verdict : cinq ans, bracelet électronique et suivi imposé

La cour criminelle de l’Ariège a reconnu Xavier coupable de l’ensemble des faits. La peine prononcée est de cinq ans de prison : un an sous bracelet électronique, quatre ans avec sursis simple. En complément, trois ans de suivi socio-judiciaire sont assortis d’une obligation de soins.

Xavier est inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (FIJAISV). Il lui est interdit de prendre contact avec Sophie et de se rendre en Tarn-et-Garonne. Le parquet de Foix dispose de dix jours pour faire appel du jugement.

Ce type de dossier est également suivi de près dans les juridictions voisines. En Lozère, une affaire judiciaire sensible est elle aussi repartie en appel après condamnation en première instance.

Contexte dans l’Ariège

La cour criminelle de l’Ariège, instituée par la réforme de 2021, juge les crimes passibles de quinze à vingt ans de réclusion, sans jury populaire. Elle siège à Foix, préfecture du département le moins peuplé de France métropolitaine hors collectivités d’outre-mer : environ 155 000 habitants selon les données INSEE.

Les affaires de violences sexuelles sur ex-conjointes ou ex-compagnes représentent une part croissante du contentieux des cours criminelles départementales depuis leur généralisation. La compétence territoriale de la cour ariégeoise sur ce dossier est liée à la résidence de l’accusé, né et domicilié dans le département, même si les faits se sont déroulés à Goudourville, en Tarn-et-Garonne - département où la juridiction de Montauban traite également des dossiers criminels lourds.

La question de l’emprise post-rupture et des violences commises par des hommes âgés sur d’anciennes compagnes est rarement traitée dans ce profil démographique. Ce procès en constitue un exemple peu commun dans les annales locales.

Prochaine étape

Le parquet de Foix peut former appel dans un délai de dix jours à compter du prononcé du jugement, soit jusqu’au 1er juin 2026 environ. À ce stade, aucune décision en ce sens n’a été annoncée publiquement. Les parties civiles peuvent également faire appel du quantum de la peine si elles l’estiment insuffisant. D’autres affaires devant les juridictions criminelles du Sud-Ouest rappellent que la voie d’appel reste fréquemment empruntée dans ce type de dossier.

Sources

Lucas Fabre

Lucas Fabre

Lucas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Ariège (09), avec Foix pour chef-lieu. Spécialité du département : prehistoire Niaux/Bedeilhac et plus rural des Pyrénées. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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