Fraude sociale : Force Ouvrière retourne le procès des assurés contre les entreprises
À 72 heures du vote final au Sénat, le syndicat publie les chiffres qui dérangent les assurés ne pèsent que 16 % des fraudes détectées à l'Assurance-maladie, quand les entreprises cumulent jusqu'à 9,2 milliards d'euros de cotisations éludées.
Force Ouvrière publie un rapport-choc sur la fraude sociale à 72 heures du vote final du Sénat. Les chiffres officiels accablent les entreprises, le projet de loi cible les allocataires.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Disproportion entre la cible affichée et la cible réelle
Les assurés représentent 16 % des fraudes détectées par l'Assurance-maladie. Les entreprises pèsent jusqu'à 9,2 milliards d'euros de cotisations éludées. Le projet de loi durcit pourtant d'abord les contrôles sur les allocataires.
Échec massif du recouvrement Urssaf
Sur 1,6 milliard d'euros redressés en 2024, seuls 121 millions ont été encaissés. Le taux de recouvrement reste sous 10 % même dix ans après le redressement.
Suspension automatique des indemnités contestée
FO rappelle que le Conseil constitutionnel a déjà censuré une mesure comparable lors de la LFSS 2024. Le texte instaure selon le syndicat une présomption de culpabilité contre les assurés malades.
Effet RSA dans les départements en pointe sur les contrôles
Le Finistère et le Vaucluse, dont les politiques sont mises en cause judiciairement, ont vu leurs allocataires baisser de 9,6 % et 13,9 % en 2024 quand la moyenne nationale progressait de 0,2 %.
Recommandations de la Cour des comptes ignorées
Trois axes du rapport du 16 avril (ouverture des bases de données aux inspecteurs du travail, coordination via la MICAF, devoir de vigilance des donneurs d'ordre) ne figurent pas dans les mesures phares du texte voté.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le projet de loi sera définitivement adopté lundi 11 mai au Sénat.
- Les assurés pèsent 16 % des fraudes détectées à l'Assurance-maladie en 2025, soit 115 millions d'euros.
- La fraude aux cotisations imputable aux entreprises est estimée jusqu'à 9,2 milliards d'euros par FO.
- Sur 1,6 milliard de redressements Urssaf en 2024, 121 millions seulement ont été recouvrés.
- Le BTP concentre 59 % des redressements Urssaf à lui seul.
Au siège de Force Ouvrière [1], avenue du Maine, le rapport tient en quelques pages. Pas de fioritures, pas de slogans. Des colonnes de chiffres, presque toutes tirées des bilans officiels de l’Assurance-maladie, de la CNAF, de la Cour des comptes. Le syndicat n’avance rien que les administrations elles-mêmes n’aient déjà publié. C’est précisément ce qui dérange.
La publication tombe trois jours avant le vote ultime. Le 11 mai [2], le Sénat doit définitivement adopter le projet de loi « relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ». L’Assemblée nationale l’a validé en deuxième lecture le 5 mai par 335 voix contre 182 [3][4]. Le texte, présenté en conseil des ministres mi-octobre 2025 [5], est passé de 27 à 140 articles [6][7] en quelques mois. Le gouvernement en attend entre 1,5 et 2 milliards d’euros [8].
Force Ouvrière [1] ne conteste pas l’objectif. Le syndicat conteste la cible.
Les chiffres que personne ne met en titre
723 millions d’euros de fraudes détectées en 2025 par l’Assurance-maladie, en hausse de 15 % sur un an [9][10]. Sur ce total, les assurés représentent 16 %, soit 115 millions d’euros [11][12]. Les centres de santé, à eux seuls, en pèsent 138 millions [13]. Plus que tous les assurés réunis.
À la CNAF, le rapport montre la même mécanique, mais avec une nuance que les communiqués ministériels brouillent volontiers. La Caisse a régularisé 1,68 milliard d’euros en 2025 [14], mais ce total inclut largement les erreurs des allocataires, volontaires ou non, chiffrées à 1,27 milliard [15]. La fraude stricto sensu, celle qui suppose une intention frauduleuse caractérisée, ne représente que 508,8 millions d’euros [16] - une fraction des sommes régularisées. Confondre les deux, c’est gonfler artificiellement le procès fait aux allocataires. La fraude à l’assurance-chômage, elle, ne concerne qu’un demandeur d’emploi sur cent [17].
De l’autre côté, les entreprises. La Cour des comptes, dans son rapport du 16 avril [18], chiffre la fraude aux prélèvements sociaux liée au travail dissimulé à plus de 8,5 milliards d’euros [19]. FO va plus loin: entre 7,3 et 9,2 milliards pour les seules cotisations éludées [20], contre 2,8 à 4,4 milliards pour les assurés [21] et 1,3 à 1,7 milliard pour les professionnels de santé [22]. Le Haut Conseil du financement de la protection sociale estime la fraude sociale totale à 14 milliards d’euros en 2025 [23], dont plus de 52 % concentrés sur le recouvrement des cotisations [24]. Le Défenseur des droits retient pour sa part une estimation de 13 milliards d’euros pour 2024 [25], écart d’environ un milliard d’euros qui correspond à la révision annuelle du HCFiPS d’une année sur l’autre [26]. À côté de la fraude sociale, FO chiffre la fraude fiscale subie par la Sécurité sociale à 5,5 milliards d’euros en 2024 [27], dont 3 milliards d’euros liés à la seule fraude à la TVA [28]: ces ordres de grandeur ne se cumulent pas avec les estimations précédentes, qui portent sur le seul champ social, mais ils éclairent l’ampleur globale du phénomène.
Le BTP, un secteur, 59 % des redressements
Le BTP concentre 59 % des redressements opérés par les Urssaf [29][30]. Un seul secteur. Les Urssaf ont prononcé 1,6 milliard d’euros de redressements en 2024 [31][32], avec un taux de réussite des contrôles de 85,9 % [33]. Mais voilà le chiffre que FO surligne en gras: seulement 121 millions d’euros ont été effectivement recouvrés [34]. Sur l’ensemble du périmètre fraude sociale, un autre chiffre circule, celui de 680 millions d’euros effectivement recouvrés en 2024 [35]: il agrège l’ensemble des organismes (Urssaf, CNAM, CNAF), tandis que les 121 millions ne concernent que la part Urssaf.
Le taux de recouvrement des Urssaf ne dépasse pas 10 %, même dix ans après le redressement [36][37]. Sur les 4,1 milliards restant à recouvrer fin 2024 [38][39], la Cour des comptes anticipe une perte définitive comprise entre 2,2 et 3,7 milliards d’euros pour la Sécurité sociale [40][41]. Au tribunal, ces dossiers de travail dissimulé représentent moins de 1 % des affaires traitées par les parquets [42]. Faiblesse d’autant plus frappante que le Code du travail punit le travail dissimulé de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende - peines portées à dix ans et 100 000 euros en bande organisée. Sur le papier, l’arsenal existe. Dans les faits, il s’efface.
Les chiffres se contredisent selon les périmètres: Cour des comptes, FO, HCFiPS et Défenseur des droits ne mesurent pas la même chose. La Cour parle de fraude liée au travail dissimulé. Le HCFiPS additionne fraude aux cotisations et fraude aux prestations. FO distingue les redressements prononcés des sommes effectivement encaissées, et isole la fraude fiscale (TVA notamment) qui prive également la Sécurité sociale de recettes. Mais sur le constat central, les sources convergent: les entreprises pèsent plus de la moitié de la fraude évaluée, les assurés une fraction.
Ce que prévoit le texte qui sera voté lundi
France Travail pourra suspendre les allocations chômage jusqu’à trois mois sur « indices sérieux de fraude » [43][44]. Une procédure de « flagrance sociale » permettra de saisir à titre conservatoire les actifs des entreprises soupçonnées de travail au noir [45][46]. Les arrêts maladie de moins de trois jours ne pourront être renouvelés qu’une seule fois en téléconsultation [47]. Les autoentrepreneurs au RSA depuis plus de quatre ans devront chercher un emploi [48][49]. Les sanctions pour récidive sur les prestations sociales seront durcies [50], avec un régime de récidive aggravé pour la fraude aux prestations.
Force Ouvrière a obtenu deux mesures qu’elle revendiquait: l’anonymisation des agents Urssaf en cas d’infraction de travail dissimulé [51] et l’accès aux fichiers des cartes grises pour saisir les véhicules des fraudeurs [52]. Le syndicat a aussi déploré, par la voix d’Eric Gautron [53], que le texte « manque d’ambition pour lutter efficacement contre les fraudes, en particulier la fraude aux cotisations sociales » [54][55].
Une présomption de culpabilité, dit FO
FO rejette en bloc la suspension automatique des indemnités journalières quand un médecin mandaté par l’employeur juge l’arrêt injustifié [56]. « Une telle disposition instaure une présomption de culpabilité à l’égard des assurés malades, ce qui est inacceptable » [57]. Le syndicat rappelle qu’une mesure comparable a déjà été censurée par le Conseil constitutionnel lors de l’examen de la LFSS pour 2024 [58]. Le Parlement remet le couvert.
On se souvient aussi du précédent de l’algorithme de scoring de la CNAF, dont le code source a été attaqué devant le Conseil d’État par quinze organisations qui contestent son recours à un score de suspicion utilisé pour cibler les contrôles. La nouvelle loi étend précisément ce type d’accès massif aux données: extension du droit de communication aux agents de contrôle RSA des départements [59], y compris à des agents non agréés ni assermentés [60]. Le contentieux à venir est déjà tracé.
À gauche, l’opposition est frontale. Mathilde Feld (LFI) [61] dénonce des mesures « d’une cruauté et d’une gravité qui me laissent encore dans la stupéfaction » [62]. Emmanuel Maurel (GDR) [63] cible le silence du gouvernement sur la fraude patronale et l’évasion fiscale.
L’aveu Farandou, et le texte qui ne le suit pas
David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics [64], a riposté à la tribune: « Ce texte ne cible pas les plus fragiles. Il vise les professionnels de l’arnaque » [65]. Son collègue Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités [66], a tout de même reconnu: « Plus de la moitié de la fraude sociale est le fait d’entreprises qui recourent au travail dissimulé, et éludent le paiement des cotisations » [67].
L’aveu est massif, et il est central. Mais la lecture article par article du projet de loi raconte l’inverse. Les trois mesures les plus visibles, celles qui occuperont les soirs des journaux télévisés, frappent toutes les assurés: suspension à titre conservatoire de l’allocation chômage sur simple « indice » [43], encadrement des arrêts maladie courts en téléconsultation [47], obligation de recherche d’emploi imposée aux autoentrepreneurs au RSA depuis plus de quatre ans [48]. La symétrie aurait voulu une mesure équivalente côté entreprises: suspension conservatoire systématique des aides publiques, des exonérations de cotisations ou des marchés publics dès le constat d’indices sérieux de travail dissimulé. Cette mesure n’existe pas dans le texte. La procédure de « flagrance sociale » [46] reste cantonnée à la saisie des biens d’une entreprise déjà coupable, c’est-à-dire après caractérisation, pas avant. Pourquoi cette dissymétrie quand le diagnostic ministériel reconnaît que plus de la moitié de la fraude vient des employeurs? Aucun des ministres mobilisés sur le texte n’a apporté de réponse en séance.
Le Finistère, laboratoire et avertissement
Pour comprendre ce que change concrètement la nouvelle loi, il faut regarder ce que font déjà certains départements. Le 15 juin, le président du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour « harcèlement moral institutionnel » [68][69]. La transposition de cette qualification au champ institutionnel a été consacrée par la jurisprudence à la suite de l’affaire France Télécom. Six allocataires du RSA portent plainte [70], soutenus par la CGT 29 [71]. Reproches: demandes systématiques de relevés bancaires sur des périodes allant de deux mois à plusieurs années [72], jusqu’à trois ans pour certains [73]. Justificatifs réclamés pour des virements inférieurs à dix euros [74]. Suspension du RSA en cas de refus [75].
Pendant la même période, le nombre d’allocataires du RSA dans le Finistère a baissé de 9,6 % en 2024 [76], quand la moyenne nationale augmentait de 0,2 % [77]. Le Vaucluse, autre département en pointe sur ces contrôles, affiche -13,9 % [78]. Sur cinq ans, la baisse atteint 32 % dans le Vaucluse, 17 % dans le Finistère [79][80], contre 4 % au niveau national [81].
Le projet de loi élargit ce dispositif. Les députés ont voté l’extension du droit de communication aux agents de contrôle RSA des départements [59]. L’accès aux comptes bancaires des allocataires, déjà accordé en 2008 aux organismes de sécurité sociale [82], étendu en 2021 à France Travail [83], devient la règle. La Quadrature du Net rappelle que « les politiques de contrôle des allocataires du RSA sont de la responsabilité des CAF et non des départements » [84] - une frontière que la loi efface.
Les onze recommandations de la Cour des comptes, et celles que la loi a oubliées
Le rapport du 16 avril de la Cour des comptes formule onze recommandations dont la mise en œuvre est demandée d’ici deux ans [85][86]. Trois d’entre elles forment l’ossature du diagnostic. La première: ouvrir les bases de données servant aux contrôles à tous les acteurs concernés, y compris les inspecteurs du travail [87]. Le projet de loi, lui, élargit l’accès aux comptes bancaires des allocataires mais ne prévoit pas l’interconnexion symétrique des fichiers entreprises pour les inspecteurs du travail. Deuxième recommandation: placer la coordination sous l’autorité du Premier ministre via la Mission interministérielle de coordination anti-fraude (MICAF) [88]. Le texte ne contient aucune disposition de gouvernance interministérielle de ce niveau. Troisième axe: renforcer le devoir de vigilance des donneurs d’ordre vis-à-vis de leurs sous-traitants. Le Sénat avait, en novembre dernier, fait exactement l’inverse en repoussant son entrée en vigueur de six mois [89].
Trois recommandations centrales, trois angles morts. Le texte qui sera voté lundi traite abondamment des allocataires, marginalement des entreprises, et quasiment pas de la coordination administrative que la Cour identifie comme le verrou principal.
Ce que les sources ne disent pas
Aucune des sources consultées ne chiffre l’effet redistributif inverse: combien rapporterait, à recouvrement constant, un effort proportionnel sur les 4,1 milliards d’euros de redressements Urssaf non encaissés [38]? Le timing politique éclaire le choix. Le texte avait été présenté mi-octobre 2025 [5], puis débattu pendant la campagne municipale. Le calendrier a déshabillé Pierre, le contenu en a habillé Paul.
Stéphanie Rist, ministre de la santé [90], a résumé les objectifs au Palais-Bourbon: « mieux détecter », « mieux sanctionner », « mieux recouvrer » [91]. La Cour des comptes a documenté que sur ces trois verbes, le dernier est précisément celui où l’État échoue depuis dix ans - et précisément celui que le projet de loi traite le moins quand il s’agit des entreprises.
► Lire aussi: Cotisations sociales: où va l'argent collecté par l'Urssaf
Eric Gautron a refermé son dossier après l’audition. Le syndicat a obtenu ce qu’il pouvait. Le reste est entre les mains du Sénat, lundi.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (91)
« Auditionnée dans le cadre du projet de loi, FO a déploré que celui-ci ne soit pas à la hauteur des enjeux »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Le texte achèvera son parcours législatif lundi 11 mai, lors d'un ultime vote au Sénat, dont l'issue positive ne fait guère de doute. »
lcp.fr ↗ ↩
« les députés ont adopté, mardi 5 mai, le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, par 335 voix contre 182. »
lemonde.fr ↗ ↩
« les députés ont adopté, mardi 5 mai, le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, par 335 voix contre 182. »
lemonde.fr ↗ ↩
« Présenté en conseil des ministres à la mi-octobre 2025 »
lemonde.fr ↗ ↩
« la version finale compte 140 articles, alors qu’il y en avait 27 au départ. »
lemonde.fr ↗ ↩
« la version finale compte 140 articles, alors qu’il y en avait 27 au départ. »
lemonde.fr ↗ ↩
« Le gouvernement espère tirer entre 1,5 et 2 milliards d'euros des différentes mesures contenues dans le texte »
lcp.fr ↗ ↩
« les actions de contrôle auraient permis de détecter 723 millions d’euros en termes de fraudes en 2025 »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« 723 millions d’euros en termes de fraudes en 2025, + 15 % par rapport à 2024 »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« les fraudes commises par les assurés [.] ne représentent que 16 % des montants »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« les fraudes commises par les assurés [.] ne représentent que 16 % des montants, soit 115 millions d’euros »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Les fraudes majeures relèvent des professionnels de santé, et en particulier des centres de santé (138 millions d’euros à eux seuls) »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« elle annonce avoir régularisé pour 1,68 milliard d’euros la même année (allocations versées à tort du fait ou pas des déclarations des allocataires) »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« seuls 1,27 milliard d’euros relèvent d’erreurs, et volontaires ou non, des allocataires »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« la Caisse nationale des allocations familiales fait part de 508,8 millions d’euros de fraudes détectées en 2025 »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« La fraude à l’assurance-chômage ne concerne qu’un 1 % des demandeurs d’emploi »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« dans un rapport du 16 avril émet des recommandations pour améliorer la stratégie de lutte contre la fraude »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Ce type de fraude représente un enjeu financier important estimé par la Cour plus de 8,5 Md€. »
ccomptes.fr ↗ ↩
« La majeure partie incombe aux entreprises, avec une estimation comprise entre 7,3 et 9,2 milliards d’euros de fraude aux cotisations sociales. »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« les assurés sociaux n’en représentent qu’une part minoritaire (entre 2,8 et 4,4 milliards d’euros) »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« le reste étant imputable aux professionnels de santé (1,3 à 1,7 milliard d’euros) »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Le Haut conseil du financement de la protection Sociale (HCFiPS) estime la fraude sociale (incluant la fraude aux prestations sociales et la fraude aux cotisations sociales) à 14 milliards d’euros en 2025. »
defenseurdesdroits.fr ↗ ↩
« L’essentiel de la fraude demeure concentré sur le recouvrement des cotisations (plus de 52 % de la fraude évaluée) »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Dans sa précédente évaluation, en 2024, le HCFiPS aboutissait à un chiffrage de 13 milliards d’euros, ce qui semble traduire une tendance stable. »
defenseurdesdroits.fr ↗ ↩
« en hausse d’un milliard sur un an »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Le manque à gagner est estimé à 5,5 milliards d’euros en 2024 »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« dont 3 milliards dus à la fraude à la TVA »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« réduire le niveau de sous-traitance dans le BTP, secteur qui concentre à lui seul 59 % des redressements effectués par l’Urssaf »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Il serait donc approprié d’instituer une mesure spécifique au secteur de la construction, qui concentre 59 % des redressements opérés par les URSSAF. »
ccomptes.fr ↗ ↩
« en 2024, les redressements opérés par les URSSAF ont atteint 1,6 milliard d’euros »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Si la fréquence des redressements réalisés par les URSSAF est élevée (85,9 %), de même que leur rendement financier (1,6 Md€ en 2024). »
ccomptes.fr ↗ ↩
« Si la fréquence des redressements réalisés par les URSSAF est élevée (85,9 %), de même que leur rendement financier (1,6 Md€ en 2024). »
ccomptes.fr ↗ ↩
« mais seulement 121 millions d’euros ont été effectivement recouvrés »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Avec 680 millions d’euros en 2024, le recouvrement est toujours limité »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« le taux de recouvrement des Urssaf ne dépasse pas 10 %, même dix ans après le redressement »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« le taux de recouvrement des créances des URSSAF ne dépasse pas 10 %, même dix ans après le redressement. »
ccomptes.fr ↗ ↩
« dans le cadre des 4,1 milliards d’euros qui restaient à recouvrer fin 2024 par les Urssaf »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Ainsi, sur les 4,1 Md€ restant à recouvrer fin 2024. »
ccomptes.fr ↗ ↩
« la Sécu subissait une perte comprise entre 2,2 et 3,7 milliards d’euros »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« la Cour estime que la perte qui sera constatée à terme pour la sécurité sociale sera comprise entre 2,2 et 3,7 Md€. »
ccomptes.fr ↗ ↩
« ce contentieux représente une faible partie des infractions que les parquets ont à connaître (moins de 1 % des infractions). »
ccomptes.fr ↗ ↩
« autorise France Travail à prononcer une suspension à tire conservatoire des allocations chômage pour une durée maximale de trois mois, en cas d'indices sérieux de fraude, ou de manquement délibéré à leurs obligations par les allocataires. »
lcp.fr ↗ ↩
« La mesure phare du texte autorise la suspension des allocations chômage en cas d'« indices sérieux de manœuvres frauduleuses » pour trois mois maximum »
mediapart.fr ↗ ↩
« créer une procédure de "flagrance sociale", permettant une saisie à titre conservatoire des actifs d'une entreprise suspectée de recourir au travail au noir. »
lcp.fr ↗ ↩
« instauration d’une procédure de « flagrance sociale », qui permet de saisir les biens d’une entreprise coupable d’activité dissimulée… »
lemonde.fr ↗ ↩
« une mesure sur les arrêts maladie d'une durée de moins de trois jours prévoit que seul un renouvellement maximum pourra être prescrit par la téléconsultation, sauf dans certains cas, par exemple lorsqu'elle est effectuée par un médecin traitant. »
lcp.fr ↗ ↩
« obligation pour les autoentrepreneurs bénéficiaires du revenu de solidarité active depuis plus de quatre ans de rechercher un emploi; »
lemonde.fr ↗ ↩
« obligation pour les autoentrepreneurs bénéficiaires du revenu de solidarité active depuis plus de quatre ans de rechercher un emploi »
lemonde.fr ↗ ↩
« Les sanctions pour les fraudes aux prestations sociales seront, renforcées en cas de récidive. »
lcp.fr ↗ ↩
« FO a néanmoins obtenu plusieurs avancées concrètes, notamment l’anonymisation des agents des URSSAF en cas d’infraction de travail dissimulé »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« l’accès aux fichiers des cartes grises pour faciliter la saisie de véhicules appartenant aux fraudeurs. »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Eric Gautron
Secrétaire confédéral au Secteur de la Protection Sociale Collective »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« FO a rappelé que ce projet de loi manquait d’ambition pour lutter contre les fraudes, en particulier la fraude aux cotisations sociales. »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« FO a déploré que celui-ci ne soit pas à la hauteur des enjeux »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« FO rejette le principe de suspension automatique des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) lorsqu’un médecin mandaté par l’employeur estime, lors d’une contre-visite, qu’un arrêt de travail est injustifié. »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Pour FO, une telle disposition instaure une présomption de culpabilité à l’égard des assurés malades, ce qui est inacceptable »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« une mesure comparable a déjà été censurée par le Conseil constitutionnel lors de l’examen de la LFSS pour 2024. »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« les député·es ont voté l’extension du droit de communication aux agents de contrôles RSA des départements »
laquadrature.net ↗ ↩
« le projet de loi prévoit, comme nous le détaillions ici, son élargissement à des agent·es des CAF et des CPAM qui ne sont ni agréé·es ni assermenté·es »
laquadrature.net ↗ ↩
« a critiqué Mathilde Feld (La France insoumise) »
lcp.fr ↗ ↩
« Les groupes de gauche se sont de nouveau opposés aux mesures du texte, "d'une cruauté et d'une gravité qui me laissent encore dans la stupéfaction" »
lcp.fr ↗ ↩
« Emmanuel Maurel (Gauche démocrate et républicaine) »
lcp.fr ↗ ↩
« David Amiel, ministre de l'Action et des comptes publics »
lcp.fr ↗ ↩
« "Ce texte ne cible pas les plus fragiles", a rétorqué le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel. "Il vise les professionnels de l'arnaque." »
lcp.fr ↗ ↩
« le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou »
lcp.fr ↗
⚠️ Note INFO.FR: La source FO mentionne Jean-Pierre Farandou comme 'ministre du Travail', mais son titre officiel complet est 'ministre du Travail et des Solidarités' (info.gouv.fr). ↩
« "Plus de la moitié de la fraude sociale est le fait d'entreprises qui recourent au travail dissimulé, et éludent le paiement des cotisations", a ajouté le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. »
lcp.fr ↗ ↩
« Le 15 juin prochain, le président du conseil départemental du Finistère comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour répondre aux accusations de « harcèlement moral institutionnel » »
laquadrature.net ↗ ↩
« Le 15 juin prochain, le président du conseil départemental du Finistère comparaîtra devant le tribunal correctionnel »
laquadrature.net ↗ ↩
« L’accusation est portée par six allocataires du RSA »
laquadrature.net ↗ ↩
« l’accusation est portée par six allocataires du RSA, avec le soutien de la CGT. »
laquadrature.net ↗ ↩
« demandes systématiques de transmission des relevés bancaires par le conseil départemental, sur une période allant de deux mois à plusieurs années »
laquadrature.net ↗ ↩
« un allocataire s’est même vu demander trois années de relevés bancaires. »
laquadrature.net ↗ ↩
« des justificatifs étant demandés pour des virements parfois inférieurs à 10 euros. »
laquadrature.net ↗ ↩
« Les courriers précisent qu’en cas de refus, le RSA sera suspendu. »
laquadrature.net ↗ ↩
« le Vaucluse et le Finistère, deux des départements dont les politiques de contrôle sont les plus critiquées, ont vu leur nombre d’allocataires du RSA baisser respectivement de 13,9 % et 9,6 % en 2024 »
laquadrature.net ↗ ↩
« alors qu’à l’échelon national le nombre d’allocataires au RSA augmentait de 0,2 %. »
laquadrature.net ↗ ↩
« le Vaucluse et le Finistère, deux des départements dont les politiques de contrôle sont les plus critiquées, ont vu leur nombre d’allocataires du RSA baisser respectivement de 13,9 % et 9,6 % en 2024 »
laquadrature.net ↗ ↩
« Entre 2021 et 2025, les baisses du nombre d’allocataires sont respectivement de 32%, 32% et 17% dans le Vaucluse, les Alpes Maritimes ou le Finistère »
laquadrature.net ↗ ↩
« Entre 2021 et 2025, les baisses du nombre d’allocataires sont respectivement de 32%, 32% et 17% dans le Vaucluse, les Alpes Maritimes ou le Finistère »
laquadrature.net ↗ ↩
« alors qu’elle s’établit à 4% au niveau national. »
laquadrature.net ↗ ↩
« Accordé en 2008 aux agent·es de contrôle des organismes de sécurité sociale (CAF, CNAM, CNAV) »
laquadrature.net ↗ ↩
« depuis 2021, aux agent·es de lutte contre la fraude de France Travail »
laquadrature.net ↗ ↩
« Les politiques de contrôle des allocataires du RSA sont de la responsabilité des CAF et non des départements. »
laquadrature.net ↗ ↩
« A l’issue de cette évaluation, la Cour formule onze recommandations et appelle à leur mise en œuvre d’ici deux ans. »
ccomptes.fr ↗ ↩
« A l’issue de cette évaluation, la Cour formule onze recommandations et appelle à leur mise en œuvre d’ici deux ans. »
ccomptes.fr ↗ ↩
« Les magistrats de la rue Cambon préconisent par exemple d’ouvrir les bases de données servant aux contrôles et aux recouvrements à tous les acteurs du contrôle (inspecteurs du travail, Urssaf) »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« la Cour relève le besoin d’une coordination plus importante sous l'autorité du Premier ministre, en s’appuyant sur la mission interministérielle de coordination anti-fraude (MICAF). »
ccomptes.fr ↗ ↩
« qui avait alors décidé de reporter de six mois l’entrée en vigueur du devoir de vigilance des donneurs d’ordre vis-à-vis de leurs sous-traitants »
force-ouvriere.fr ↗ ↩
« Comme l’a rappelé, mardi au Palais-Bourbon, la ministre de la santé, Stéphanie Rist »
lemonde.fr ↗ ↩
« les mesures avalisées par les parlementaires visent à « mieux détecter » la fraude, à « mieux sanctionner » ceux qui trichent et à « mieux recouvrer » les sommes dont l’Etat et la Sécurité sociale ont été privés. »
lemonde.fr ↗ ↩
Sources
- Fraude sociale : un faux procès fait aux assurés
- La politique de lutte contre la fraude aux prélèvements sociaux liée au travail dissimulé
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