Gazole à 2,15 €/L à Mayotte : les automobilistes résignés face à la hausse

Le prix du gazole bondit de 25 centimes au 1er mai 2026, une progression de plus de 52 % en un an selon la préfecture.

Gazole à 2,15 €/L à Mayotte : les automobilistes résignés face à la hausse
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr

La préfecture de Mayotte a fixé le prix maximum du gazole à 2,15 €/L à compter du 1er mai 2026, contre 1,90 €/L en avril. Une hausse de 25 centimes qui s'ajoute à plusieurs mois de progression continue. Les automobilistes mahorais, sans alternative, encaissent.

La préfecture de Mayotte a fixé le prix maximum du gazole à 2,15 €/L à compter du 1er mai 2026, contre 1,90 €/L en avril. Une hausse de 25 centimes qui s’ajoute à plusieurs mois de progression continue. Les automobilistes mahorais, sans alternative, encaissent.

L’essentiel

  • Gazole : 2,15 €/L au 1er mai 2026, en hausse de 0,25 € par rapport à avril (1,90 €/L), selon la préfecture de Mayotte.
  • Sans-plomb : stable à 1,98 €/L en mai 2026, après une légère hausse de 0,01 € en avril.
  • Hausse annuelle : +0,74 €/L sur le gazole en un an - 1,41 €/L en mai 2025 contre 2,15 €/L en mai 2026, soit +52 %.
  • Gaz domestique : la bouteille de 12 kg passe à 27 €, en hausse de 2,50 € selon la préfecture.
  • Prochaine révision : les prix seront révisés au 1er juin 2026, conformément au calendrier mensuel réglementaire.

+25 centimes en un mois, +52 % en un an

La décision est officielle depuis le communiqué de la préfecture de Mayotte publié fin avril. Le gazole, carburant majoritairement utilisé dans l’archipel, atteint 2,15 €/L pour le mois de mai 2026. En avril, il était déjà passé à 1,90 €/L après une hausse de 0,46 €. La progression est continue depuis plusieurs mois.

En mai 2025, le gazole était affiché à 1,41 €/L selon les archives de la préfecture. En douze mois, l’augmentation atteint 0,74 €/L, soit plus de 52 %. Le supercarburant sans plomb, lui, reste stable à 1,98 €/L - contre 1,97 €/L en avril, d’après La 1ère.

« On n’a pas le choix, on doit vivre »

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Sur le terrain, la résignation domine. Des automobilistes mahorais interrogés par La 1ère résument la situation en quelques mots : « Ils sont élevés, mais on n’a pas le choix, on doit vivre. » L’isolement géographique de Mayotte supprime toute alternative crédible à la voiture individuelle. Les transports en commun restent insuffisants, en particulier dans les communes rurales de Petite-Terre et des hauteurs de Grande-Terre.

La tension autour des prix des carburants n’est pas propre à Mayotte, mais l’archipel cumule les contraintes : insularité, faiblesse des revenus médians, dépendance aux importations.

Les professionnels en première ligne

Les particuliers ne sont pas les seuls concernés. Selon La 1ère, le gazole marin grimpe à 1,76 €/L, en hausse de 0,41 €. Les pêcheurs mahorais, qui dépendent directement de ce carburant pour leurs sorties en mer, expriment des inquiétudes sur la viabilité de leur activité. Des aides de l’État existent, mais leur niveau et leur accessibilité n’ont pas été précisés à ce stade.

Les transporteurs routiers sont dans une situation comparable. La hausse du gazole renchérit mécaniquement les coûts d’exploitation, dans un département où le réseau routier et les distances obligent à consommer. Les répercussions sur les prix des marchandises transportées ne sont pas encore chiffrées.

À titre de comparaison, le gazole était affiché à environ 2,18 €/L en métropole en avril 2026, selon La 1ère. Le système d’administration mensuelle des prix pratiqué à Mayotte a donc, dans un premier temps, amorti les fluctuations - avant de rattraper le retard lors de révisions successives.

La bouteille de gaz de 12 kg passe également à 27 €, en hausse de 2,50 €, selon la préfecture. Un impact supplémentaire pour les ménages qui utilisent le gaz pour la cuisine, pratique courante dans l’archipel.

Contexte dans le département de Mayotte

Mayotte est le département français le plus pauvre. Les prix des carburants y sont administrés mensuellement par la préfecture, contrairement à la métropole où ils varient librement selon le marché. Ce mécanisme vise à protéger les consommateurs des fluctuations brutales, mais il ne les isole pas des tendances de fond.

En mars 2026, l’indice des prix à la consommation à Mayotte a progressé de 0,8 %, avec une hausse de 0,9 % pour l’énergie, selon l’INSEE. Les produits pétroliers contribuent directement à cette pression inflationniste. La préfecture justifie la hausse de mai par l’évolution des cours mondiaux des produits pétroliers et les frais d’acheminement élevés, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Le département dépend intégralement des importations pour son approvisionnement en carburant. Les coûts logistiques - transport maritime, stockage - s’ajoutent systématiquement au prix de base, creusant l’écart avec les territoires métropolitains. Cette situation structurelle n’est pas nouvelle, mais elle devient de plus en plus visible à mesure que les cours mondiaux progressent. Des aides spécifiques aux services d’aide à domicile face à la hausse du carburant ont d’ailleurs été mises en place dans d’autres départements, comme en Meuse avec 107 910 euros alloués, soulevant la question d’un dispositif similaire à Mayotte.

Révision prévue au 1er juin

Les prix seront révisés à nouveau au 1er juin 2026, conformément au calendrier mensuel réglementaire de la préfecture. Aucune tendance à la baisse des cours mondiaux n’a été annoncée à ce stade, ce qui laisse peu de place à l’optimisme pour les prochaines semaines.

Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Ahamada est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Mayotte (976), avec Mamoudzou pour chef-lieu. Spécialité du département : département français le plus jeune et lagon (1er lagon mondial). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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