Géothermie en Bourgogne-Franche-Comté : 150 pros réunis à Dijon pour accélérer la filière

La préfète Violaine Démaret a ouvert le 2 juin la première journée régionale dédiée à la géothermie, avec 97 % du territoire éligible mais seulement 1 % de la chaleur couverte.

Géothermie en Bourgogne-Franche-Comté : 150 pros réunis à Dijon pour accélérer la filière
Illustration Simon Perrot / info.fr

Ce 2 juin 2026, la préfète de région Violaine Démaret et Stéphanie Modde ont lancé à Dijon la première journée régionale « Cap sur la géothermie en Bourgogne-Franche-Comté ». Plus de 150 professionnels, élus et acteurs du bâtiment étaient réunis au Conseil régional pour dresser l'état des lieux d'une filière à fort potentiel mais encore peu développée.

L’essentiel

  • 150 participants : professionnels, élus et acteurs du bâtiment réunis le 2 juin 2026 au Conseil régional de Dijon (17 boulevard de la Trémouille).
  • 97 % du territoire : part du territoire de Bourgogne-Franche-Comté éligible à la géothermie de surface, selon le Pôle énergie BFC et la préfecture.
  • 1 % seulement : part actuelle de la géothermie dans la consommation de chaleur régionale, alors que la chaleur représente plus de la moitié de l’énergie consommée en région.
  • Feuille de route régionale : présentée lors de la journée par Thierry Delorme (DREAL BFC), dans le prolongement d’un état des lieux partagé le 7 février 2025.

Une première journée régionale dédiée à la géothermie

De 9h30 à 16h30, le Conseil régional de Dijon a accueilli la journée « Cap sur la géothermie en Bourgogne-Franche-Comté, Atouts et opportunités ». La préfète de région Violaine Démaret l’a ouverte aux côtés de Stéphanie Modde, vice-présidente de la Région BFC et présidente du Pôle énergie BFC. Plus de 150 professionnels, élus et acteurs du bâtiment y ont participé, selon la préfecture.

L’événement était organisé par le Pôle énergie BFC et l’ADEME BFC, en partenariat avec la DREAL BFC, le BRGM, l’AFPG, le Réseau Animation Géothermie et la Région BFC. C’est la première fois qu’une journée de ce type est organisée à l’échelle régionale en Bourgogne-Franche-Comté.

Un écart massif entre potentiel et usage réel

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Le chiffre central de la journée est frappant : 97 % du territoire régional est éligible à la géothermie de surface, d’après les données croisées du Pôle énergie BFC et de la DREAL. Pourtant, la filière ne couvre aujourd’hui qu’environ 1 % de la consommation de chaleur en Bourgogne-Franche-Comté.

C’est un enjeu de taille : la chaleur représente plus de la moitié de la consommation énergétique de la région. Réduire cette dépendance aux énergies fossiles passe, selon les organisateurs, par le déploiement massif de solutions comme la géothermie. L’objectif affiché est d’accélérer le développement de la filière dans le cadre de la planification écologique et des objectifs nationaux de décarbonation.

Pour les collectivités qui s’interrogent sur leurs propres projets de transition, le rapport annuel de situation économique présenté aux élus de Haute-Saône illustre comment les préfectures de la région portent ces enjeux de planification jusqu’au niveau local.

Programme : potentiel, retours d’expérience et aides

La journée a alterné présentations techniques et retours de terrain. Chloé Morales (BRGM BFC) est intervenue sur le potentiel géologique régional. Thierry Delorme (DREAL BFC) a introduit la feuille de route régionale, élaborée à partir de l’état des lieux partagé en comité le 7 février 2025, lui-même inscrit dans le prolongement du plan national géothermie lancé fin 2023.

Deux projets concrets ont servi de cas d’école. À Saint-Albain (Saône-et-Loire), la commune a engagé dès 2022 un chantier de géothermie sur sondes pour trois bâtiments communaux, selon Le Journal de Saône-et-Loire. À Besançon (Doubs), c’est un système sur nappe souterraine qui alimente trois bâtiments culturels en centre historique. Des représentants de ces projets étaient présents pour détailler les conditions de mise en œuvre, les obstacles rencontrés et les résultats obtenus.

Le programme incluait également un volet sur les obligations réglementaires, les dispositifs d’accompagnement et les aides financières disponibles pour les maîtres d’ouvrage, collectivités comme entreprises, précise le Pôle énergie BFC.

Contexte dans la Côte-d’Or

Dijon, préfecture de la Côte-d’Or et capitale régionale, est le siège naturel de ce type d’initiative transversale. La Bourgogne-Franche-Comté compte 2,8 millions d’habitants répartis sur huit départements, avec un tissu industriel et patrimonial (bâtiments anciens, industries agroalimentaires) qui rend la question du chauffage décarbonée particulièrement stratégique. La géologie de la région - notamment les aquifères du Jura et les terrains sédimentaires de Saône-et-Loire - offre des conditions favorables à la géothermie, ce que l’état des lieux de la DREAL BFC de février 2025 avait documenté en détail.

La DREAL BFC avait alors identifié les freins à lever : méconnaissance de la ressource par les maîtres d’ouvrage, manque de bureaux d’études spécialisés dans certains territoires, et complexité des procédures administratives. La journée du 2 juin visait à répondre à ces trois points. Pour les acteurs locaux qui s’intéressent à la transition énergétique industrielle, d’autres initiatives régionales de filière montrent comment le tissu économique de BFC cherche à innover.

Structurer la filière, étape par étape

L’enjeu dépasse la journée elle-même. Le Pôle énergie BFC, l’ADEME et la DREAL ont affiché trois objectifs communs : mieux cartographier la ressource géothermique, accompagner les projets concrets de A à Z, et structurer une filière professionnelle régionale encore peu dense. La feuille de route présentée par la DREAL fournit un cadre, mais sa mise en œuvre dépendra des moyens mobilisés par les partenaires et de la montée en charge des opérateurs privés.

La déclaration de revenus en ligne, dont la date limite approche pour les contribuables de la région - comme le rappelle l’échéance du 4 juin 2026 en Haute-Saône - , illustre que les services de l’État jonglent simultanément avec plusieurs priorités. La géothermie s’inscrit dans un agenda plus large de planification écologique porté par les préfectures de région.

Les prochaines étapes concrètes - calendrier de déploiement de la feuille de route, nouveaux appels à projets, suivi des chantiers de Saint-Albain et Besançon - n’ont pas été détaillées publiquement à l’issue de la journée.

Sources

Simon Perrot

Simon Perrot

Simon est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Côte-d'Or (21), avec Dijon pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Cote-de-Nuits/Cote-de-Beaune et Cite gastronomie. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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