Grand Prix de Bahreïn annulé : la F1 amputée, la Turquie attendue en 2027
Les tensions au Moyen-Orient ont contraint la F1 à supprimer deux courses lucratives et à renoncer à tout remplacement en 2026
Le Grand Prix de Bahreïn 2026 ne se tiendra pas. Annoncée le 14 mars, la suppression prive la F1 de 190 millions de dollars et ramène le calendrier à 22 courses.
- Le Grand Prix de Bahreïn 2026 est annulé le 14 mars en raison des tensions au Moyen-Orient.
- La F1 perd 190 millions de dollars et réduit son calendrier de 24 à 22 courses.
- Aucun remplaçant n'a été ajouté la F1 a préféré un calendrier réduit pour limiter les risques.
- La Turquie revient au calendrier dès 2027 pour cinq ans, mais trop tard pour 2026.
- Les courses du Qatar et d'Abu Dhabi sont menacées si le conflit perdure.
Le 14 mars 2026 - la Formule 1 a tranché: le Grand Prix de Bahreïn, prévu du 10 au 12 avril - est annulé. Même sort pour l’Arabie saoudite. Les frappes menées par l’Iran contre des alliés régionaux des États-Unis et les ripostes iraniennes sur les pays du Golfe ont rendu la tenue des courses impossible. Stefano Domenicali - président et PDG de la F1, a qualifié la décision de « la bonne décision compte tenu de la situation ».
Le calendrier 2026 passe de 24 à 22 courses. Entre le Grand Prix du Japon fin mars et Miami début mai, un trou de cinq semaines s’ouvre dans la saison. La F1 et ses écuries encaissent un choc commercial supérieur à 100 millions de livres sterling. Bahreïn payait à lui seul environ 45 millions de dollars de frais d’accueil annuels - l’Arabie saoudite probablement davantage. L’analyse de Guggenheim chiffre la perte de revenus totale à 190-200 millions de dollars. Ce montant mesure la perte directe pour la F1; l’impact global, incluant les écuries, est estimé à plus de 100 millions de livres sterling.
Zak Brown - PDG de McLaren, a déclaré que les écuries acceptaient l’impact financier au nom de la sécurité des équipes. Mohammed Ben Sulayem - président de la FIA, a affirmé que « la FIA placera toujours la sécurité et le bien-être de notre communauté et de nos collègues en premier » et qu’ils continuent « d’espérer le calme ». En mai 2026 - il avait suggéré que le Grand Prix de Turquie pourrait être avancé si Bahreïn ou l’Arabie saoudite ne pouvaient pas être réintégrés.
La reprogrammation de Bahreïn définitivement enterrée
Initialement prévu pour avril, l’espoir d’une reprogrammation du GP de Bahreïn en octobre a été définitivement écarté à la mi-juillet - suite à la reprise des opérations militaires dans la région. Le slot d’octobre envisagé aurait placé la course du 2 au 4 octobre 2026 entre l’Azerbaïdjan et Singapour, mais la dégradation sécuritaire a tué ce scénario. Le président de la FIA avait prévenu: si le conflit perdurait jusqu’en octobre-novembre, les courses du Qatar et d’Abu Dhabi seraient également menacées. À ce jour, les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi restent incertains - une décision étant attendue après la trêve estivale.
Le contrat entre Bahreïn et la F1 court jusqu’en 2036. L’annulation de 2026 est traitée comme un cas de force majeure, ponctuel. Shaikh Salman bin Isa Al Khalifa - directeur général du Circuit International de Bahreïn, espère un retour, mais aucune confirmation n’est acquise. Noor bint Ali Alkhulaif a évoqué des « talks » sur une réintégration, sans garantie: « Potentially ».
La Turquie en embuscade, mais pas avant 2027
La Turquie, avec le circuit d’Istanbul Park, a été mentionnée comme un remplaçant technique possible - aux côtés d’Imola et de Portimão. Cependant, la Formule 1 a finalement choisi de ne pas ajouter de courses de remplacement - préférant un calendrier réduit à 22 Grands Prix plutôt que d’imposer un remplacement précipité pour des raisons d’homologation, de logistique et d’absence d’accord. La F1 a privilégié la prudence: intégrer un circuit à la volée comportait trop de risques opérationnels et juridiques. Les exigences d’homologation de la FIA imposent des inspections et des certifications qui ne peuvent être réalisées dans l’urgence. S’y ajoutent des risques contractuels: un accord précipité aurait pu exposer la F1 à des litiges avec d’autres promoteurs. Enfin, la logistique, déplacer l’ensemble du paddock, des équipes et du matériel à court terme, est jugée trop complexe.
Le Grand Prix de Turquie est néanmoins confirmé pour un retour au calendrier de la F1 à partir de 2027 - dans le cadre d’un accord de cinq ans qui s’étend jusqu’en 2031. Le circuit revient donc par la grande porte, mais trop tard pour combler le vide de 2026. Ce retour inscrit la Turquie dans la stratégie d’expansion géographique de la F1, alors que le Moyen-Orient vacille.
Les coulisses d’une décision: sécurité et marges
La F1 aurait pu forcer un remplacement. Le circuit d’Istanbul Park, Imola, Portimão étaient sur la table. Mais la décision d’annuler sans remplacer révèle un calcul financier brut: une course improvisée, avec des frais d’accueil négociés à la baisse et une logistique d’urgence, aurait rongé les marges. Bahreïn et l’Arabie saoudite payaient parmi les frais d’accueil les plus élevés du calendrier. Un circuit européen en détresse n’aurait jamais compensé. En assumant un calendrier à 22 courses, la F1 limite la casse financière tout en affichant une posture de sécurité irréprochable. Les écuries, elles, économisent deux déplacements coûteux. Le discours officiel parle de sécurité; les comptes, eux, parlent de préservation des revenus par course.
Les courses du Golfe en fin de saison sous surveillance
Le Qatar et Abu Dhabi, programmés pour clôturer la saison, ne sont pas à l’abri. Mohammed Ben Sulayem a prévenu: si le conflit se prolonge jusqu’en octobre-novembre, « we’ll just have to not go because security and safety come first ». Le président de la FIA a placé la barre haut: les humains avant le sport. Si le conflit perdure, les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi pourraient subir le même sort. Une décision est attendue après la trêve estivale. L’annulation de ces deux courses ajouterait une perte de revenus supplémentaire estimée à plusieurs dizaines de millions de dollars, sans compter les conséquences sur le dénouement du championnat. Pour les équipes, un nouveau trou de plusieurs semaines en toute fin de saison compliquerait les plans logistiques et budgétaires.
L’intensification des opérations militaires entre les États-Unis et l’Iran a directement mené à ces annulations. La décision d’annuler les courses a été prise conjointement par la Formule 1 et la FIA - privilégiant la sécurité des équipes et du personnel face aux risques géopolitiques. Si le Moyen-Orient reste instable, la F1 devra trancher entre son modèle économique, bâti sur les pétrodollars, et la sécurité de ses équipes.
► Lire aussi: La Turquie officialise son retour en F1 pour 2027
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190-200 millions $ , Perte de revenus estimée pour la F1 due aux annulations (analyse Guggenheim)
« they see the loss of the two races as ~$190-200 million of revenue and ~$80 million of EBITDA »
forbes.com ↗ ↩ -
plus de 100 M£ , Impact commercial des annulations pour la F1 et les équipes
« F1 take a commercial hit of well over £100m as Bahrain and Saudi Arabia pay two of the largest hosting fees on the circuit »
bbc.com ↗ ↩ -
24 à 22 courses , Réduction du calendrier F1 2026 suite à l'annulation des deux GP Moyen-Orient
« Season set to feature 22 races instead of 24 »
reuters.com ↗ ↩ -
Formule 1 a finalement choisi de ne pas ajouter de courses de remplacement , Décision de la F1 de privilégier un calendrier réduit face aux contraintes logistiques et d'homologation
« Cependant, la Formule 1 a finalement choisi de ne pas ajouter de courses de remplacement, préférant un calendrier réduit à 22 Grands Prix plutôt que d'imposer un remplacement précipité pour des raisons d'homologation, de logistique et d'absence d'accord. »
formula1.com ↗ ↩ -
Grands Prix du Qatar et d'Abu Dhabi restent incertains , Courses de fin de saison dont le maintien dépend d'une décision après la trêve estivale
« Les Grands Prix du Qatar et d'Abu Dhabi restent également incertains, une décision étant attendue après la trêve estivale. »
fr.motorsport.com ↗ ↩ -
Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA , Priorise la sécurité humaine sur le sport et reconnaît que les courses de fin de saison (Qatar/Abu Dhabi) ne sont pas garanties si le conflit perdure
« Sport can wait. What is more important? Humans or motorsport? Or any sport? Humans are always the priority. [.] God forbid, if it goes on to October, November, we'll just have to not go because security and safety come first. »
racingnews365.com ↗ ↩ -
2027 , Année marquant le retour confirmé du Grand Prix de Turquie au calendrier de la F1
« Le Grand Prix de Turquie est néanmoins confirmé pour un retour au calendrier de la F1 à partir de 2027, dans le cadre d'un accord de cinq ans qui s'étend jusqu'en 2031. »
formula1.com ↗ ↩ -
cinq ans , Durée de l'accord conclu pour le retour du Grand Prix de Turquie
« Le Grand Prix de Turquie est néanmoins confirmé pour un retour au calendrier de la F1 à partir de 2027, dans le cadre d'un accord de cinq ans qui s'étend jusqu'en 2031. »
formula1.com ↗ ↩
Sources
- F1 calls off Bahrain, Saudi Arabia races in 2026
- F1 cancels Bahrain and Saudi Arabian Grands Prix
- How much revenue will F1 lose with Bahrain and Saudi Arabia races cancelled?
- Bahrain Grand Prix added to F1's 2026 calendar if conditions are right
- Formula 1 returns to Turkey's Istanbul Park from 2027
- F1 renonce à Bahreïn, doute plane sur Abu Dhabi et Qatar
- Guerre au Moyen-Orient : les Grands Prix de F1 de Bahreïn et d'Arabie saoudite annulés