Grenoble : le tribunal statue samedi matin sur le concert antifasciste au 102
Le référé-liberté déposé par l'opposition municipale sera tranché au plus tard à 10h ce samedi 23 mai.
Le tribunal administratif de Grenoble rend sa décision samedi matin, avant 10h, sur la demande d'interdiction du concert antifasciste prévu au 102, salle municipale rue d'Alembert. L'audience s'est tenue vendredi 22 mai. La décision déterminera si l'événement organisé par l'Action antifasciste Grenoble peut avoir lieu.
Le tribunal administratif de Grenoble rend sa décision samedi matin, avant 10h, sur la demande d’interdiction du concert antifasciste prévu au 102, salle municipale rue d’Alembert. L’audience s’est tenue vendredi 22 mai. La décision déterminera si l’événement organisé par l’Action antifasciste Grenoble peut avoir lieu.
L’essentiel
- Décision attendue : le tribunal administratif de Grenoble rendra son ordonnance au plus tard à 10h ce samedi 23 mai 2026.
- Référé-liberté déposé le 20 mai 2026 par le groupe d’opposition municipal « Réconcilier Grenoble ».
- Lieu : le concert est prévu au « Le 102 », salle de spectacle municipale rue d’Alembert, gérée par association.
- ~100 spectateurs attendus selon la préfecture ; des forces de police sont mobilisées en cas de maintien de l’événement.
- Lien invoqué : l’opposition fait référence au meurtre de Quentin Deranque, commis à Lyon en février 2026, et à des militants antifascistes mis en examen dans ce dossier.
Un référé-liberté déposé en urgence
Le groupe « Réconcilier Grenoble », conduit par Thierry Aldeguer, a saisi le tribunal administratif en référé-liberté le 20 mai 2026, trois jours avant la date prévue du concert. L’opposition invoque un risque de trouble à l’ordre public et dénonce ce qu’elle présente comme un soutien de l’organisateur à des militants antifascistes actuellement mis en examen.
Ces militants sont liés à l’affaire du meurtre de Quentin Deranque, tué à Lyon en février 2026. L’opposition considère que la tenue d’un concert de soutien à des « incarcérés politiques » - terme employé par les organisateurs - dans des locaux municipaux pose un problème de principe, selon les sources citées par Le Dauphiné Libéré et Place Gre’net.
Ce que prévoient les organisateurs
Le concert est organisé par l’Action antifasciste Grenoble (AFA). Les bénéfices sont destinés, selon les organisateurs, à des « incarcérés politiques », aussi bien en France qu’à l’international. La jauge est modeste : environ 100 spectateurs attendus, d’après l’évaluation de la préfecture.
Le 102 est une salle de spectacle appartenant à la Ville de Grenoble, gérée par une association. Le fait qu’il s’agisse d’un équipement municipal est au cœur de l’argumentation de l’opposition. Ici Isère a rapporté que des forces de police sont prévues aux abords de la salle si l’événement est maintenu.
L’audience du vendredi 22 mai
Les parties se sont retrouvées vendredi devant le tribunal administratif. D’un côté, les représentants de « Réconcilier Grenoble » via Thierry Aldeguer. De l’autre, vraisemblablement les organisateurs et/ou la Ville. Le juge des référés disposait jusqu’au samedi matin, 10h au plus tard, pour rendre son ordonnance.
Ce type de procédure - le référé-liberté - est utilisé lorsqu’une partie estime qu’une liberté fondamentale est gravement et manifestement menacée. Son issue est binaire : soit le juge suspend ou interdit l’événement, soit il rejette la demande et le concert peut se tenir. Ce recours au tribunal administratif en urgence reste une procédure relativement rare dans le contexte d’événements culturels locaux.
Contexte dans l’Isère
Grenoble est régulièrement au centre de tensions entre mouvements antifascistes, opposition municipale et autorités. La ville abrite plusieurs associations militantes actives, et le 102, en tant qu’équipement municipal, a déjà accueilli des événements à coloration politique, ce qui génère des controverses récurrentes au conseil municipal.
L’affaire du meurtre de Quentin Deranque à Lyon en février 2026 a cristallisé les tensions bien au-delà du Rhône. Plusieurs personnes issues de la mouvance antifasciste ont été mises en examen dans ce dossier, ce qui a relancé le débat sur la responsabilité des collectivités locales qui mettent leurs équipements à disposition de ces structures. L’Isère, avec Grenoble comme chef-lieu de 160 000 habitants, est un département où ces questions sont portées avec une intensité particulière dans le débat politique local. À noter que le tissu associatif isérois est dense et entretient des relations complexes avec les institutions publiques.
Prochaine étape
La décision du tribunal administratif de Grenoble est attendue ce samedi 23 mai 2026, avant 10h. Si le référé est rejeté, le concert pourra se tenir dans la journée au 102, rue d’Alembert, avec un dispositif de sécurité en place selon la préfecture. Si le juge fait droit à la demande, l’événement sera annulé ou suspendu.