Grève à Pamandzi : le trafic aérien globalement maintenu, négociations attendues le 17 juin
Lancé le 13 juin, le mouvement illimité à l'aéroport Marcel-Henry génère des retards limités mais pas de blocage majeur au 16 juin 2026.
Une intersyndicale a déclenché une grève illimitée le 13 juin 2026 à l'aéroport Marcel-Henry de Pamandzi (Dzaoudzi). Malgré des réquisitions et des renforts venus de La Réunion, le trafic reste globalement fluide avec des retards ponctuels de 30 minutes à une heure. Aucune négociation n'est prévue avant le 17 juin.
L’essentiel
- 13 juin 2026 : grève illimitée lancée à 10h par une intersyndicale (FO, CFDT, SNSPP-PATS, SNEP-CFTC-PAT, SNEPS, CFTC Prévention Sécurité), sauf agents Issoufali SARL.
- 14 juin : réquisitions d’une partie du personnel gréviste par les gendarmes ; renforts de sûreté et pompiers acheminés depuis La Réunion par EDEIS.
- Revendications : revalorisation salariale de 10 %, prime exceptionnelle de 4 000 €, investissements post-cyclone Chido, promotion interne.
- 16 juin : retards limités (30 min à 1h), trafic globalement maintenu ; manifestations pacifiques devant l’aérogare.
- Prochaine étape : négociations possibles dès le 17 juin 2026 avec la direction EDEIS.
Quatre jours de grève, pas de blocage majeur
Au quatrième jour du mouvement, l’aéroport Marcel-Henry de Pamandzi fonctionne encore. Le trafic régional et national n’est pas interrompu, selon Mayotte Hebdo et Le Journal de Mayotte. Des retards de 30 minutes à une heure ont été signalés sur certains vols, dont un vol Paris-Mayotte avec des difficultés à l’embarquement retour, rapporte Le Journal de Mayotte dans son édition du 16 juin.
Le service minimum est assuré. Les manifestations devant l’aérogare restent pacifiques.
Réquisitions et renforts extérieurs dès le lendemain
Le 14 juin, les gendarmes ont réquisitionné une partie du personnel gréviste, notamment dans la sûreté aéroportuaire et les pompiers du service de sauvetage et de lutte contre l’incendie des aéronefs (SSLIA). EDEIS, gestionnaire de l’aéroport pour le compte de la DGAC, a parallèlement fait acheminer des renforts depuis La Réunion.
Ces remplaçants extérieurs sont au cœur d’une polémique. Les syndicats grévistes dénoncent des agents « non agréés localement » et l’usage de policiers pour effectuer les fouilles. Selon Franceinfo La1ère, des représentants syndicaux accusent certains renforts d’être « à l’hôtel, payés pour être en vacances ». Ils qualifient la sécurité assurée de « sûreté en trompe-l’œil ».
Les revendications : salaires, primes, infrastructures post-Chido
L’intersyndicale réclame une revalorisation salariale de 10 %, une prime exceptionnelle de 4 000 € et un renforcement des effectifs. Elle exige aussi des investissements dans les infrastructures, dégradées depuis le passage du cyclone Chido le 14 décembre 2024.
EDEIS est par ailleurs chargée de mobiliser environ 50 millions d’euros pour la réhabilitation de la piste de Pamandzi avant fin 2027, dans un calendrier rendu plus urgent par les dégâts du cyclone, selon Mayotte Hebdo. Les syndicats réclament également des avancements de carrière internes.
Ce contexte de tensions sociales récurrentes à Pamandzi n’est pas nouveau. Des préavis avaient déjà été déposés en 2025 - finalement annulés ou reportés - et des grèves de pompiers aéroportuaires avaient eu lieu dès 2017 sur les niveaux de protection incendie. Un accord rapide avait permis d’éviter un blocage similaire à Kourou en juin 2026, après 24 heures de mobilisation au Centre spatial guyanais.
Contexte dans le département de Mayotte (976)
L’aéroport Marcel-Henry (code IATA : DZA), situé sur la commune de Pamandzi en Petite-Terre, est le seul aéroport international de Mayotte. Il a accueilli environ 424 000 passagers en 2024 (soit -5,9 % par rapport à 2023) et environ 461 000 en 2025 (+8,85 %), selon les données de Wikipédia et du classement des aéroports français Khyam. Sa connectivité est vitale pour un territoire insulaire dont les liaisons avec la métropole, La Réunion et les Comores passent toutes par cette unique plateforme.
Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte le 14 décembre 2024, a aggravé l’état des infrastructures de l’île dans leur ensemble. À l’aéroport, les agents grévistes estiment que les réparations tardent. Le mouvement social de juin 2026 s’inscrit dans ce contexte de reconstruction encore partielle. Des mouvements similaires dans d’autres services publics de l’île - comme dans d’autres territoires ultramarins confrontés à des bras de fer avec l’administration - illustrent une pression sociale plus large sur les conditions de travail en outre-mer.
Vers des négociations le 17 juin
La direction d’EDEIS n’a pas prévu de négociation avant le 17 juin 2026, date de son agenda social annuel, selon Le Journal de Mayotte et Mayotte Hebdo. L’intersyndicale a indiqué maintenir le mouvement illimité en l’absence d’avancées concrètes.
Des mobilisations d’agents de sécurité comparables dans d’autres villes ont récemment abouti à des compromis sur les rémunérations. À Pamandzi, l’issue dépendra des discussions du 17 juin.
Sources
- Mayotte Hebdo : Grève à l'aéroport de Pamandzi : aucune perturbation significative pour le moment
- Le Journal de Mayotte : Le mouvement de grève à l'aéroport Marcel-Henry commence à impacter les vols
- Franceinfo La1ère : Grève à l'aéroport de Mayotte : les grévistes dénoncent des remplaçants « à l'hôtel » et « payés pour être en vacances »
- Wikipédia : Aéroport de Mayotte-Marcel-Henry

