Perpignan : la chimiothérapie reprend à la clinique Saint-Pierre après 11 jours de grève
Le groupe Elsan annonce une reprise partielle le 4 mai, avec 40 % des patients pris en charge en priorité. Le conflit social reste entier.
La clinique Saint-Pierre de Perpignan a repris progressivement ses séances de chimiothérapie ce lundi 4 mai 2026, onzième jour d'un mouvement de grève illimité. Quarante pour cent des patients sont pris en charge en priorité. Le conflit entre le groupe Elsan et quelque 250 soignants n'est pas résolu.
La clinique Saint-Pierre de Perpignan a repris progressivement ses séances de chimiothérapie ce lundi 4 mai 2026, onzième jour d’un mouvement de grève illimité. Quarante pour cent des patients sont pris en charge en priorité. Le conflit entre le groupe Elsan et quelque 250 soignants n’est pas résolu.
L’essentiel
- 11 jours de grève : Le mouvement a débuté le 24 avril 2026 à la clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany, étendu le soir même à la clinique Saint-Pierre de Perpignan.
- 40 % des patients : Selon le groupe Elsan, 40 % des patients de chimiothérapie ont été pris en charge prioritairement dès la reprise partielle du 4 mai.
- 250 soignants mobilisés : Environ 250 personnels des deux cliniques participent au mouvement, menés par la CGT, selon France 3 Régions et L’Indépendant.
- 200 euros nets : La direction a proposé le 4 mai une prime de partage de la valeur de 200 euros nets - proposition rejetée, grève reconduite.
- Revendication centrale : Les grévistes réclament la transformation de la prime d’intéressement en treizième mois fixe.
Ce qui s’est passé le 4 mai
Le groupe Elsan a publié un communiqué dans la journée du 4 mai 2026 annonçant la reprise partielle des séances de chimiothérapie à la clinique Saint-Pierre. Les équipes ont été mobilisées pour reprogrammer les rendez-vous annulés la semaine précédente, selon L’Indépendant. Quarante pour cent des patients sont pris en charge en priorité.
Dans le même temps, une nouvelle réunion de négociation a eu lieu entre la direction et les représentants syndicaux. Elsan a proposé une prime de partage de la valeur de 200 euros nets et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement. La CGT a rejeté l’offre et reconduit la grève. Le mouvement se poursuit donc au-delà du 4 mai.
Des séances annulées, des patients en détresse
La semaine précédant la reprise, des séances de chimiothérapie avaient été purement reportées. L’Indépendant a rapporté le témoignage d’une sexagénaire de Canet-en-Roussillon, atteinte d’un cancer, qui a vu sa séance annulée et s’est dite « complètement défaite et très angoissée ». La CGT, de son côté, a affirmé qu’il aurait été possible d’assurer ces soins malgré le conflit, une affirmation contestée par la direction.
Ce type de conflit social dans le secteur des cliniques privées a des conséquences directes sur les patients les plus vulnérables. La grève à la clinique Saint-Joseph de Trélazé, dans le Maine-et-Loire, illustre à la même période des tensions similaires dans d’autres établissements privés français.
Les revendications des 250 grévistes
Le mouvement réunit environ 250 soignants des cliniques Médipôle Saint-Roch de Cabestany et Saint-Pierre de Perpignan, selon France 3 Régions. La revendication principale porte sur la transformation de la prime d’intéressement en treizième mois fixe. Les personnels dénoncent aussi le manque d’effectifs et des conditions de travail qu’ils jugent dégradées.
Le 29 avril 2026, plusieurs centaines de grévistes ont manifesté entre Cabestany et Perpignan. Le cortège a rejoint la Polyclinique Méditerranée, dont le personnel a effectué un débrayage solidaire, selon L’Indépendant. Des slogans du type « Elsan, t’es foutu, tes soldats sont dans la rue » ont été rapportés ce jour-là.
Du côté des urgences et des blocs opératoires, un service minimum a été activé dès le début du conflit, selon les informations publiées sur info.fr. Les activités non urgentes ont été perturbées tout au long des onze premiers jours.
La position du groupe Elsan
Elsan, propriétaire des deux cliniques, a dans un premier temps accusé des salariés de se soustraire aux réquisitions, selon ICI Occitanie. Le groupe a depuis modifié sa communication, mettant en avant sa mobilisation pour reprogrammer les rendez-vous annulés. Sa proposition du 4 mai - prime de 200 euros nets et ouverture de discussions sur l’intéressement - n’a pas convaincu les syndicats. Aucune date de reprise de négociations n’a été annoncée publiquement à l’issue de cette journée.
Sur la question des grèves dans le secteur de la santé privée, les Pyrénées-Orientales ne sont pas un cas isolé en ce printemps 2026.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Le département des Pyrénées-Orientales (66) compte environ 480 000 habitants. Perpignan, préfecture, est la commune la plus peuplée avec environ 120 000 résidents. La clinique Saint-Pierre et la clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany figurent parmi les principaux établissements privés de soins du département, aux côtés du Centre Hospitalier de Perpignan.
Le conflit actuel n’est pas sans précédent. En 2018, les salariés de la clinique Saint-Pierre avaient déjà fait grève pour réclamer des revalorisations salariales et de meilleures conditions de travail, selon la CGT et France 3 Régions. Le bras de fer de 2026 s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes autour de la politique salariale du groupe Elsan dans le territoire.
Le CHU de Perpignan a été contraint d’activer son plan « hôpital en tension » pour absorber une partie des patients détournés des cliniques en grève, selon le résumé établi par les sources consultées. Ce mécanisme de report de charge sur le secteur public illustre l’impact systémique d’un conflit initialement circonscrit au privé.
Un mouvement qui reste entier
La reprise partielle de la chimiothérapie le 4 mai constitue un signal positif pour les patients cancéreux concernés - environ 200 par an selon les données disponibles. Elle ne signifie pas pour autant la fin du conflit. La grève est reconduite, les négociations sont dans l’impasse et aucun calendrier de sortie de crise n’a été rendu public. Les prochains jours de discussion entre Elsan et les représentants syndicaux détermineront si le mouvement s’étend ou se résorbe.
Sources
- L'Indépendant : Grève à la clinique Saint-Pierre de Perpignan : l'activité de chimiothérapie a repris ce lundi de manière progressive
- L'Indépendant : 11e jour de grève dans les cliniques Médipôle et Saint-Pierre de Perpignan : pourquoi le bras de fer se poursuit
- France 3 Régions : Les salariés n'en peuvent plus : les personnels de ces deux cliniques en grève pour dénoncer leurs conditions de travail et la suppression des primes
- Info.fr : Grève illimitée aux cliniques de Perpignan : service minimum activé aux urgences