Grève illimitée des ambulanciers au CHU de Toulouse : les sorties ralenties à Purpan
Depuis le 11 mai, une vingtaine d'agents soutenue par la CGT et SUD ralentit les départs d'ambulances pour exiger une revalorisation salariale bloquée depuis le Covid.
Les ambulanciers du CHU de Toulouse ont déclenché une grève illimitée le 11 mai 2026. Basés à l'hôpital Purpan, ils ralentissent les sorties de véhicules pour réclamer des primes face à l'élargissement de leurs missions. La direction oppose les contraintes des grilles nationales.
Les ambulanciers du CHU de Toulouse ont déclenché une grève illimitée le 11 mai 2026. Basés à l’hôpital Purpan, ils ralentissent les sorties de véhicules pour réclamer des primes face à l’élargissement de leurs missions. La direction oppose les contraintes des grilles nationales.
L’essentiel
- Grève illimitée : déclenchée le 11 mai 2026 à l’hôpital Purpan, CHU de Toulouse.
- Mobilisation : environ une vingtaine de grévistes sur 38 ambulanciers au total, soutenus par la CGT et SUD.
- Salaires bloqués : 1 700 € nets depuis la crise du Covid, contre 2 080 € bruts en moyenne nationale pour un ambulancier fonctionnaire.
- Revendications : versement de primes NBI et IFR, reclassement du pôle logistique vers le parcours de soins.
- Prochaine étape : selon La Dépêche, le mouvement pourrait s’intensifier le 18 mai si aucune avancée n’est obtenue.
Un ralentissement organisé, pas une interruption totale
Le mode d’action choisi est ciblé. Les grévistes ne cessent pas le travail, mais réduisent délibérément la cadence des départs d’ambulances depuis l’hôpital Purpan. L’objectif : rendre visible une tension qui couve depuis deux ans sans déboucher sur la moindre avancée concrète.
La CGT du CHU de Toulouse a relayé le mouvement sur ses canaux habituels. Sur X, les médias locaux ont rapidement couvert la mobilisation :
Les négociations avec la direction ont duré deux ans, selon les sources recoupées par La Dépêche et Actu.fr. Une réunion s’est tenue le 7 mai 2026, sans résultat. Le directeur général du CHU a reçu les grévistes le 11 mai - jour du déclenchement de la grève - mais, là encore, sans avancée significative signalée.
Des missions élargies, une paie figée
Le cœur du conflit : les ambulanciers du CHU assurent désormais des transports bien au-delà du simple déplacement de patients hospitalisés. Détenus, patients psychiatriques, corps après décès - les missions se sont diversifiées et complexifiées. Mais la grille de salaire, elle, n’a pas bougé.
Les agents touchent environ 1 700 € nets par mois, un niveau bloqué depuis la crise du Covid, selon les données rapportées par Actu.fr et La Dépêche. À titre de comparaison, le salaire moyen d’un ambulancier fonctionnaire en France s’établit à 2 080 € bruts mensuels, selon le Journal du Net.
« On transporte des êtres vivants, pas des colis », ont lancé des grévistes, selon Actu.fr - une formule qui résume l’argument central : leurs missions relèvent du soin, pas de la logistique ordinaire.
Ce que réclament les grévistes
Les revendications sont précises. Les ambulanciers demandent :
- Le versement de la Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI) et de l’Indemnité de Fonctions et de Résultats (IFR) ;
- Un reclassement de leur pôle, actuellement rattaché à la logistique, vers le parcours de soins ;
- Une revalorisation salariale globale.
Pour appuyer leur demande, ils citent l’exemple du CHU de Tours. Leurs homologues tourangeaux auraient obtenu les primes NBI et IFR après une grève similaire, selon des sources recoupées par Actu.fr et La Dépêche. Un précédent que les Toulousains entendent faire valoir.
Ce type de conflit social dans le secteur hospitalier n’est pas isolé. À Pau, la Polyclinique fait face à une grève le 15 mai contre 161 suppressions d’emplois. Et en Martinique, la clinique Les Flamboyants Est a récemment conclu un accord après plusieurs semaines de mobilisation.
La direction campe sur les grilles nationales
La réponse du CHU de Toulouse est claire, et elle est la même depuis deux ans. Les salaires et les primes sont définis par des grilles nationales que l’établissement ne peut pas modifier unilatéralement. Surtout, selon la direction, les activités concernées ne remplissent pas les critères réglementaires ouvrant droit aux primes demandées.
Illustration chiffrée : les transports de corps représenteraient 3 % des missions totales, les transports de détenus 0,25 %. Des proportions jugées insuffisantes pour qualifier l’ensemble du service comme relevant d’un parcours de soins, selon la direction citée par Actu.fr et France 3.
Cet argument de seuil est au cœur du désaccord. Pour les grévistes, c’est justement la multiplicité et la nature de ces missions ponctuelles qui justifient une compensation. Pour la direction, le volume ne suffit pas à déclencher les mécanismes réglementaires.
Contexte dans la Haute-Garonne
Le CHU de Toulouse est le principal établissement hospitalier de Haute-Garonne et l’un des plus importants de France en termes de volume d’activité. Son service d’ambulances internes constitue un maillon discret mais indispensable de la chaîne de soins.
Le conflit s’inscrit dans un contexte de tensions plus larges dans le transport médical. Une grève nationale des ambulanciers avait déjà perturbé les transports à Toulouse le 8 avril 2026, selon le Journal Toulousain. Le mouvement du 11 mai est donc une seconde vague, cette fois interne à l’hôpital public et portée par des agents fonctionnaires, pas par des prestataires privés.
La Haute-Garonne concentre une part importante des flux de patients régionaux, notamment via le CHU qui couvre l’ensemble de l’Occitanie pour certaines spécialités. Toute perturbation du service ambulancier interne peut avoir des répercussions en cascade sur les plannings de sortie et de transfert de patients.
Dans le secteur public hospitalier, les grèves avec service minimum sont encadrées : le ralentissement des sorties d’ambulances, plutôt qu’un arrêt total, reflète cette contrainte légale autant qu’une stratégie de visibilité.
La CGT et SUD derrière le mouvement
Deux syndicats portent la mobilisation : la CGT et SUD. Leur présence donne au mouvement une assise représentative dans un service de 38 agents au total. La vingtaine de grévistes recensée les 11 et 12 mai représente donc plus de la moitié du service, selon les données croisées de France 3 et du tweet de La Dépêche.
La mobilisation syndicale dans les services hospitaliers publics reste un indicateur de tension sociale plus large. La CGT est également à l’origine d’une saisine de la CNIL à Marseille dans un dossier distinct, signe d’une activité syndicale soutenue en ce mois de mai 2026.
Selon La Dépêche, les grévistes envisagent de hausser le ton le 18 mai si aucune réponse satisfaisante n’est apportée. Les modalités exactes de cette nouvelle action n’ont pas encore été précisées à ce stade.
Sources
- La Dépêche du Midi : En grève, les ambulanciers du CHU de Toulouse ralentissent les sorties des véhicules de leur service pour réclamer des primes
- Actu.fr : "On transporte des êtres vivants, pas des colis" : les ambulanciers du CHU de Toulouse en grève, la direction réplique
- France 3 Occitanie : CHU de Toulouse : grève illimitée entamée par les ambulanciers en lutte pour leurs revendications
- Journal du Net : Salaire ambulancier - Encyclo salaires 2026