Guadeloupe : fermeture administrative d’un mois pour deux bars aux Abymes et au Gosier
Le préfet Thierry Devimeux a signé deux arrêtés de fermeture pour un mois visant le libre-service Kat As aux Abymes et le bar Chez Philippe au Gosier, pour atteintes à l'ordre public.
Deux établissements de la Guadeloupe sont contraints de baisser le rideau pendant un mois. Le préfet a pris des arrêtés de fermeture administrative pour le libre-service Kat As aux Abymes et le bar Chez Philippe au Gosier, en raison d'infractions et de troubles à l'ordre public signalés par les forces de l'ordre.
L’essentiel
- Fermeture d’un mois : Le préfet de Guadeloupe a ordonné la fermeture administrative des établissements Kat As (Abymes) et Chez Philippe (Gosier) pour une durée d’un mois.
- Infractions constatées : Kat As pratiquait une restauration illégale sans déclaration ; Chez Philippe a été sanctionné après un vol à main armée devant l’établissement à 5h30, alors que des clients étaient encore présents.
- Sanctions possibles : En cas de réouverture illicite, les gérants encourent jusqu’à deux mois de prison et 3 750 euros d’amende, avec un recours possible devant le tribunal administratif sous deux mois.
Ce qui s’est passé
Le préfet de la Guadeloupe, Thierry Devimeux, a signé le 24 juin 2026 deux arrêtés préfectoraux ordonnant la fermeture administrative pour un mois de deux commerces. Le libre-service Kat As, situé quartier Boissard aux Abymes, et le bar Chez Philippe, à Mare Gaillard au Gosier, sont concernés. La préfecture a motivé ces décisions par des « atteintes caractérisées à l’ordre public et à la tranquillité publique », selon un communiqué diffusé sur le réseau X.
Les motifs invoqués par la préfecture
Lors d’un contrôle de police le 28 avril 2026, l’établissement Kat As a été surpris en situation de restauration illégale. Les forces de l’ordre ont constaté la présence d’un barbecue professionnel, de chaises en nombre et de clients consommant sur place. L’exploitant n’avait pas déclaré l’établissement auprès des services compétents. Selon la préfecture, le lieu servait également de point de rassemblement à des « individus défavorablement connus des services de police ».
Le bar Chez Philippe a, lui, été visé après un vol à main armée survenu devant l’établissement le 18 avril 2026 à 5h30 du matin. À cette heure, des clients se trouvaient encore à l’intérieur, en violation des horaires d’ouverture autorisés. L’arrêté préfectoral souligne le lien direct entre ce non-respect de la réglementation et les troubles à l’ordre public.
Interrogée par RCI, la préfecture a confirmé que ces fermetures temporaires visent à « prévenir la réitération de faits similaires et garantir la sécurité des riverains ».
Contexte en Guadeloupe
Les communes des Abymes et du Gosier, situées dans l’agglomération pointoise, connaissent une pression sécuritaire régulière liée à des trafics et à la délinquance. La préfecture de Guadeloupe utilise régulièrement l’outil de la fermeture administrative pour des commerces jugés sources de nuisances. En 2025, plusieurs établissements de nuit avaient déjà été sanctionnés dans le même secteur. Cette décision intervient alors que d’autres faits divers, comme l’interpellation de deux personnes avec une arme à Grand-Baie, illustrent les défis sécuritaires locaux. Par ailleurs, la question de l’ordre public est récurrente dans un territoire où les incivilités et les violences urbaines sont régulièrement dénoncées par les élus.
Conséquences et recours possibles
Les deux établissements doivent cesser toute activité pendant un mois à compter de la notification de l’arrêté. Si les gérants passent outre, ils encourent deux mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende. Ils disposent toutefois d’un délai de deux mois pour contester ces décisions devant le tribunal administratif de Basse-Terre.
La préfecture précise que ces fermetures sont « proportionnées » et « réversibles » si les exploitants mettent en conformité leur activité. Dans le même temps, d’autres dossiers liés à la sécurité animent l’actualité guadeloupéenne, comme les perturbations du réseau d’eau à Baie-Mahault ou les coupures d’eau programmées au Gosier.
Prochaine étape : d’éventuels recours des gérants, qui ont deux mois pour saisir le tribunal administratif.