Guadeloupe : 9 nouveaux radars et sanctions alourdies pour freiner la mortalité routière

Le préfet Devimeux annonce un arsenal de mesures après 15 morts sur les routes depuis janvier 2026, soit une hausse de 9% des accidents.

Guadeloupe : 9 nouveaux radars et sanctions alourdies pour freiner la mortalité routière
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Quinze personnes ont perdu la vie sur les routes de Guadeloupe depuis le 1er janvier 2026. Face à cette hausse, le préfet Thierry Devimeux a annoncé le 5 mai un renforcement massif des contrôles 9 nouveaux radars tourelles, sanctions doublées et ouverture d'une fourrière administrative à Petit-Bourg.

Quinze morts en quatre mois. Depuis le début de l’année 2026, la mortalité routière en Guadeloupe s’emballe. Les accidents et les blessés ont progressé de 9% par rapport à la même période en 2025, selon La1ere.fr. Les trois quarts des victimes sont des piétons ou des usagers vulnérables. Le 5 mai, le préfet Thierry Devimeux a présenté un ensemble de mesures destinées à inverser la tendance.

L’essentiel

  • 15 morts : sur les routes de Guadeloupe du 1er janvier au 30 avril 2026, soit +9% d’accidents et de blessés vs 2025.
  • 9 radars tourelles : installation annoncée par le préfet Devimeux le 5 mai 2026, en complément de la remise en service des ~30 radars existants (seulement 2-3 fonctionnels jusqu’alors).
  • 505 suspensions de permis : prononcées du 1er janvier au 30 avril 2026, dont 194 pour alcool, 182 pour stupéfiants et 87 pour excès de vitesse.
  • Fourrière administrative : inaugurée le 5 mai à Petit-Bourg - immobilisation 7 jours pour vitesse excessive, alcool ou stupéfiants, frais à la charge du propriétaire.
  • +20% de contrôles : hausse de la présence des forces de l’ordre sur les routes depuis janvier 2026, selon La1ere.fr.

Des radars quasi inexistants remis sur pied

La situation des radars en Guadeloupe était jusqu’ici préoccupante. Sur la trentaine d’appareils installés sur l’archipel, seuls deux ou trois étaient opérationnels, selon RCI. Le préfet Devimeux a été direct : « Les radars routiers sont en train d’être remis en fonction et dans quelques semaines j’augmenterai le nombre de radars présents sur la Guadeloupe. »

Neuf nouveaux radars tourelles seront déployés en complément. Ces dispositifs, capables de contrôler plusieurs voies simultanément et de sanctionner plusieurs types d’infractions, sont déjà utilisés en métropole. La préfecture n’a pas précisé les emplacements retenus ni le calendrier exact d’installation.

Sanctions doublées, fourrière inaugurée

Publicité

Le volet répressif va au-delà des radars. Les durées de retrait de permis ont été doublées pour certaines infractions graves. Un taux d’alcoolémie supérieur à 0,8 g/L de sang entraîne désormais une suspension de 12 mois, contre 6 mois auparavant, selon la préfecture de Guadeloupe.

Une fourrière administrative a été inaugurée le 5 mai à Petit-Bourg. Tout véhicule intercepté pour excès de vitesse important, conduite sous l’empire de l’alcool ou des stupéfiants peut y être immobilisé pendant sept jours. Les frais de récupération restent à la charge du propriétaire. Ce dispositif vise à frapper directement au portefeuille les conducteurs récidivistes ou dangereux.

505 suspensions en quatre mois, opérations sur le terrain

Les chiffres de la préfecture donnent la mesure de l’activité répressive déjà engagée. Du 1er janvier au 30 avril 2026, 505 véhicules ont été suspendus pour infractions graves : 194 pour conduite sous l’emprise de l’alcool, 182 pour stupéfiants, 87 pour excès de vitesse.

Les contrôles ont augmenté de 20% depuis le début de l’année, selon La1ere.fr. L’opération menée le 7 mai sur la RN5 aux Abymes illustre cette intensification : 15 agents mobilisés, 72 infractions pour excès de vitesse relevées en quelques heures. Six conducteurs dépassaient la limite de plus de 30 km/h. L’un d’eux excédait de plus de 40 km/h : rétention immédiate du permis et immobilisation du véhicule sur place.

Contexte dans la Guadeloupe

La Guadeloupe affiche depuis des années une mortalité routière structurellement supérieure à celle de la France hexagonale. Sur la période 2020-2024, l’archipel recensait 136 morts par million d’habitants, contre 46 en métropole, soit un ratio de trois pour un, selon L’Essor et les données de l’ONISR.

En 2025, 49 personnes avaient péri sur les routes guadeloupéennes, contre 54 en 2024 - une légère baisse, mais insuffisante pour combler l’écart avec la moyenne nationale. Le rythme de 2026, avec 15 morts en quatre mois, laisse craindre un retour à des niveaux plus élevés si rien ne change.

Plusieurs facteurs structurels sont régulièrement évoqués dans ce territoire : densité de circulation élevée, infrastructure routière dégradée sur certains axes, et réseau de contrôle automatisé longtemps à l’abandon. La préfecture avait lancé dès le début de l’année un appel à projets dans le cadre du Plan Départemental d’Actions de Sécurité Routière (PDASR) 2026, avec dossiers à déposer avant le 9 mars, pour financer des actions de prévention ciblant alcool, stupéfiants et vitesse.

Les accidents mortels sur route nationale ne sont pas une spécificité ultramarine - mais en Guadeloupe, la surmortalité est documentée et durable. Le profil des victimes 2026, à 75% piétons ou usagers non motorisés, pointe un problème de cohabitation sur la voirie.

Ce que disent les chiffres par type d’infraction

Sur les 505 suspensions administratives prononcées entre janvier et avril 2026, l’alcool représente 38% des cas, les stupéfiants 36% et la vitesse 17%. Les 9% restants couvrent d’autres infractions graves. Ce profil confirme que l’alcool et les stupéfiants au volant constituent les deux premières causes de retrait de permis en Guadeloupe, devant la vitesse seule.

La vulnérabilité des usagers non motorisés - piétons, cyclistes - ressort également des bilans 2026 : trois victimes sur quatre appartiennent à cette catégorie, ce qui interroge l’aménagement des axes et les comportements au volant face aux usagers fragiles.

Prochaines étapes annoncées

Le déploiement effectif des 9 radars tourelles et la remise en service complète du parc existant restent conditionnés à un calendrier que la préfecture n’a pas encore précisé publiquement. La montée en charge des contrôles se poursuit : l’opération de la RN5 du 7 mai laisse entendre que d’autres axes seront ciblés dans les semaines à venir.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guadeloupe (971), avec Basse-Terre pour chef-lieu. Spécialité du département : archipel antillais et rhum agricole AOC. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie