Guyane : le 3REI détruit un pont clandestin d’orpailleurs sur la rivière Alikéné à Camopi

Les légionnaires du 3e Régiment Étranger d'Infanterie ont neutralisé une infrastructure logistique illégale dans le cadre de l'opération Harpie.

Guyane : le 3REI détruit un pont clandestin d'orpailleurs sur la rivière Alikéné à Camopi
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Dans la région de Camopi, en Guyane, des légionnaires du 3REI ont détruit un pont clandestin édifié par des orpailleurs illégaux sur la rivière Alikéné. L'opération s'inscrit dans le cadre de la lutte continue contre l'orpaillage illégal, qui mobilise régulièrement les Forces armées de Guyane sur ce territoire frontalier.

L’essentiel

  • Fait 1 : Des légionnaires du 3REI ont détruit un pont clandestin construit par des orpailleurs illégaux sur la rivière Alikéné, dans la région de Camopi, selon le compte officiel du colonel Jean-Luc Grossin.
  • Fait 2 : Camopi est une commune frontalière de 2 189 habitants (INSEE, 2023), peuplée notamment de populations amérindiennes Teko et Wayãpi, sur une superficie d’environ 10 030 km².
  • Fait 3 : La Guyane comptait environ 600 sites clandestins et 8 000 garimpeiros actifs en 2025, dont une quinzaine de sites recensés dans la seule région de Camopi.
  • Fait 4 : L’opération Harpie, lancée en 2008, est l’opération interministérielle de référence contre l’orpaillage illégal en Guyane ; le 3REI y participe en continu depuis son quartier général de Kourou.

Le pont, infrastructure logistique des garimpeiros

Le compte officiel du colonel Jean-Luc Grossin, commandant du 3e Régiment Étranger d’Infanterie (3REI), a annoncé le 16 juin 2026 la destruction d’un pont clandestin sur la rivière Alikéné. Cette structure avait été érigée par des orpailleurs illégaux pour assurer la circulation de matériel et de personnes vers les sites d’exploitation.

Les rivières et les criques de la région de Camopi constituent des axes logistiques essentiels pour les garimpeiros - orpailleurs clandestins majoritairement brésiliens. Couper ces accès est l’un des objectifs tactiques des opérations Harpie : priver les sites illégaux de ravitaillement en carburant, en vivres et en matériel.

Camopi, zone de pression permanente

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Camopi est l’une des communes les plus exposées de Guyane à l’orpaillage illégal. Située à la frontière avec le Brésil, accessible uniquement par voie fluviale ou aérienne, elle s’étend sur quelque 10 030 km² et compte 2 189 habitants selon l’INSEE (recensement 2023), principalement des Amérindiens Teko et Wayãpi.

Le maire Laurent Yawalou a alerté à plusieurs reprises les autorités sur la situation. Selon Le Monde (avril 2026), les habitants de Camopi organisent eux-mêmes une partie de la résistance face à l’afflux d’orpailleurs. « C’est invivable », témoignaient des résidents interrogés par Guyane La 1ère, dénonçant la présence quotidienne des garimpeiros dans et autour du bourg. À l’échelle locale, une quinzaine de sites clandestins ont été répertoriés dans la zone ; à l’échelle de la Guyane, le chiffre monte à environ 600 sites et 8 000 orpailleurs actifs en 2025, selon les mêmes sources.

L’orpaillage illégal pollue les rivières par le mercure utilisé pour extraire l’or, détruit les berges et impacte directement les ressources alimentaires des communautés amérindiennes qui dépendent de la pêche. Ces pressions sur le territoire guyanais touchent l’ensemble du département, des rives du Maroni à l’est frontalier.

Le 3REI, acteur régulier des opérations Harpie

Basé à Kourou, le 3REI est l’un des piliers des Forces armées de Guyane (FAG) engagées sur le volet militaire de l’opération Harpie, lancée en 2008 par le gouvernement français. Ces missions associent l’armée, la gendarmerie et les services douaniers.

La région de Camopi figure régulièrement dans les bilans opérationnels du régiment. L’opération Kapalu, menée en 2024 et 2025, avait déjà ciblé les flux logistiques des orpailleurs dans cette zone. Fin 2025, l’opération Ariès, conduite dans le bassin de Camopi et de Saül, avait permis la destruction de concasseurs, motopompes et puits illégaux, pour un préjudice estimé à plusieurs millions d’euros selon le ministère de la Défense.

Contexte dans le département de Guyane

La Guyane est le seul territoire de l’Union européenne à abriter un phénomène d’orpaillage clandestin massif et structuré. Les opérations militaires y sont continues depuis près de vingt ans, sans parvenir à éradiquer définitivement le problème, en raison de l’immensité du massif forestier et de la porosité de la frontière avec le Brésil.

Des précédents directs de destruction de ponts logistiques existent : l’opération Kinkajou, menée en 2023 dans le massif du Lucifer, avait déjà ciblé ce type d’infrastructure. La méthode vise à allonger les délais de ravitaillement des sites illégaux jusqu’à les rendre économiquement non viables.

Sur le plan institutionnel, le préfet de Guyane conduit parallèlement plusieurs chantiers de gouvernance territoriale. La coopération entre civils et militaires reste au cœur du dispositif Harpie, qui relève d’une décision interministérielle renouvelée chaque année. Les partenariats entre institutions guyanaises illustrent plus largement cette logique de coordination propre au département.

Prochaine étape

Le 3REI n’a pas précisé si d’autres infrastructures clandestines sont visées dans l’immédiat sur la rivière Alikéné ou dans les Monts Alikéné. Les opérations Harpie se poursuivent de façon permanente en Guyane, avec des pics d’activité liés aux saisons et aux renseignements collectés sur le terrain.

Sylvie
Sylvie IA en ligne
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Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Sylvie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guyane (973), avec Cayenne pour chef-lieu. Spécialité du département : Centre spatial Kourou et Amazonie française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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