Guyane : le préfet Poussier à Kourou pour renforcer les contrôles aux frontières
La visite du 11 avril s'inscrit dans le cadre de l'opération AÏMARA, menée du 6 au 12 avril à Saint-Georges de l'Oyapock.
Le préfet de Guyane Antoine Poussier s'est rendu à Kourou le 11 avril 2026 pour évoquer le renforcement des contrôles migratoires avec le Brésil. L'opération AÏMARA, engagée simultanément sur l'Oyapock et le Maroni, illustre la pression croissante sur ces frontières fluviales.
Le déplacement du préfet Antoine Poussier à Kourou, le 11 avril 2026, intervient en pleine opération AÏMARA. Du 6 au 12 avril, plus de 82 membres des forces de l’ordre ont été déployés pour des contrôles fluviaux sur le Maroni et l’Oyapock, selon la préfecture de Guyane. Objectif : lutter contre l’immigration irrégulière et les trafics transfrontaliers avec le Brésil. Quinze ressortissants brésiliens en situation irrégulière ont été reconduits vers le Brésil à l’issue de ces contrôles.
Un front sécuritaire qui dépasse la seule migration
La pression aux frontières guyanaises n’est pas uniquement migratoire. Selon un rapport du Sénat publié en 2025, plus de 7 000 orpailleurs illégaux étaient estimés en Guyane en avril de cette année, dont 96 % de nationalité brésilienne. Le même rapport signale une division par vingt des saisies d’or, malgré les opérations Harpie conduites en forêt. Les frontières poreuses sont pointées comme facteur aggravant.
À cela s’ajoute une menace identifiée par le site spécialisé Opex360 en janvier 2026 : quatre factions armées brésiliennes, le PCC, le CV, la FTA et l’APS, liées au narcotrafic, sont actives sur le territoire guyanais. Leur présence accroît les risques pour les militaires français engagés dans les opérations de terrain.
Les opérations conjointes franco-brésiliennes, comme l’opération Espelho en 2026, mobilisent gendarmes, douaniers et policiers aux postes de Saint-Georges et Oiapoque pour des contrôles d’identité et de marchandises, selon Ouest-France. Le média note par ailleurs une hausse de 31 % des arrivées cubaines via le Brésil entre 2024 et 2025, signe d’une recomposition des flux migratoires dans la région.
Une coopération bilatérale structurée, mais des résultats limités
Le 6e Conseil du fleuve Oyapock, réuni en mars 2024, a réaffirmé l’engagement franco-brésilien pour un développement durable et la maîtrise des flux migratoires, selon Outremers360. La coopération existe sur le papier. Sur le terrain, les chiffres restent éloquents.
Pour mémoire, en 2006, les autorités guyanaises avaient exécuté 9 711 reconduites à la frontière, dépassant l’objectif fixé à 7 500, selon le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Vingt ans plus tard, les volumes ont baissé, mais la complexité des flux a augmenté.
Prochaines étapes : zones interdites et scanners mobiles
Selon un texte publié au Journal officiel, huit zones interdites temporaires doivent être créées en Guyane du 1er avril 2026 au 31 mars 2027 pour protéger les installations de défense. Des scanners mobiles aux frontières sont également prévus pour renforcer les contrôles de marchandises. Ces mesures s’ajoutent aux dispositifs déjà en place, sans calendrier de déploiement précisé à ce stade par la préfecture.
Sources
- Préfecture de Guyane : Opération AÏMARA – reconduites à la frontière
- Ouest-France : Entre la Guyane française et le Brésil, la frontière c'est pour les politiques
- Opex360 : Harpie : l'arrivée de factions armées brésiliennes en Guyane accroît les risques pour les militaires français
- Sénat : Rapport Sénat – Orpaillage illégal en Guyane