Suspicion d’hantavirus dans les Alpes-Maritimes : une femme de Juan-les-Pins évacuée à Marseille
Transférée par le Samu le 12 mai, la patiente est en chambre stérile à l'IHU de Marseille, aucun cas confirmé à ce stade en France.
Une jeune femme d'une trentaine d'années résidant à Juan-les-Pins a été évacuée d'urgence vers Marseille le 12 mai 2026 pour suspicion de contamination à l'hantavirus. Identifiée comme cas contact d'un foyer international lié au navire MV Hondius, elle attend les résultats de ses tests à l'IHU Méditerranée Infection. Aucun cas confirmé n'a été signalé en France à ce stade.
Une jeune femme d’une trentaine d’années résidant à Juan-les-Pins a été évacuée d’urgence vers Marseille le 12 mai 2026 pour suspicion de contamination à l’hantavirus. Identifiée comme cas contact d’un foyer international lié au navire MV Hondius, elle attend les résultats de ses tests à l’IHU Méditerranée Infection. Aucun cas confirmé n’a été signalé en France à ce stade.
L’essentiel
- Transfert le 12 mai : Le Samu de Nice a évacué la patiente, résidant à Juan-les-Pins, vers l’IHU Méditerranée Infection de Marseille le 12 mai 2026.
- Cas contact identifié : La jeune femme est liée au deuxième vol d’évacuation de Johannesburg (Afrique du Sud), lui-même connecté au foyer d’hantavirus du navire de croisière MV Hondius.
- 6 cas confirmés, 3 décès à bord : Le MV Hondius, parti d’Ushuaïa le 1er avril 2026, a causé au moins 6 cas confirmés et 3 décès au niveau international au 12 mai.
- 22 cas contacts en France : Au 11 mai 2026, 22 contacts ont été identifiés sur le territoire national, dont 3 hospitalisés à Marseille.
- Aucun cas confirmé en France : Au 14 mai 2026, aucun résultat positif n’a été officialisé pour la patiente des Alpes-Maritimes.
Ce qui s’est passé le 12 mai
C’est le Samu des Alpes-Maritimes qui a déclenché le transfert. La patiente, domiciliée à Juan-les-Pins dans la commune d’Antibes, présentait des symptômes compatibles avec une contamination à l’hantavirus. Le 12 mai au soir, elle a été acheminée vers l’IHU Méditerranée Infection de Marseille, centre de référence national pour les maladies vectorielles, selon Nice-Matin et France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Elle est placée en chambre stérile. France 3 précise que des visites familiales restent autorisées dans ce cadre de surveillance, dans l’attente des résultats des tests de dépistage.
Le lien avec le MV Hondius
La patiente n’a pas contracté le virus lors d’une exposition locale. Elle est identifiée comme cas contact du deuxième vol d’évacuation parti de Johannesburg (Afrique du Sud) vers Amsterdam, selon France 3. Ce vol était directement lié au foyer d’hantavirus détecté à bord du MV Hondius, navire de croisière néerlandais.
Le MV Hondius avait quitté Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril 2026. Au 12 mai, le bilan international s’établissait à au moins 6 cas confirmés et 3 décès, dont un couple néerlandais et une ressortissante allemande, selon CNews. Le navire a été évacué aux Canaries le 11 mai. Cette épidémie embarquée est sans précédent par son ampleur sur un navire de croisière. À titre de comparaison, un autre paquebot, l’Ambition, avait été confiné à Bordeaux après un décès et une suspicion de norovirus, illustrant la vulnérabilité sanitaire des huis clos maritimes.
L’hantavirus Andes, souche identifiée dans ce foyer selon les éléments disponibles, présente la particularité d’être transmissible d’homme à homme, contrairement à la plupart des autres souches. Aucun traitement spécifique n’existe à ce stade, selon La Provence.
La situation nationale au 14 mai
Au 11 mai 2026, l’agence nationale ANRS MIE avait ouvert une cellule Émergence de niveau 1 pour coordonner la réponse nationale, selon les documents publiés par le ministère de la Santé. Vingt-deux cas contacts ont été identifiés sur le territoire français à cette date.
Parmi eux, trois sont hospitalisés à l’IHU de Marseille, dont des soignants. La Provence rapporte une inquiétude dans les équipes soignantes, alimentée par les souvenirs de la gestion de la crise Covid-19. Un cas confirmé présentant des symptômes légers avait par ailleurs été hospitalisé à Paris, selon le gouvernement.
L’entourage de la ministre de la Santé a qualifié la contamination de la patiente des Alpes-Maritimes de « fortement probable », selon Franceinfo, tout en précisant que les résultats des tests n’étaient pas encore disponibles au 14 mai. La ministre a déclaré la situation « sous contrôle ».
Contexte dans les Alpes-Maritimes
Les Alpes-Maritimes, département de 1,1 million d’habitants, n’ont historiquement pas été exposées aux hantavirus endémiques. En France métropolitaine, ces virus - principalement la souche Puumala - provoquent chaque année entre 100 et 200 cas de fièvre hémorragique à syndrome rénal, concentrés dans le quart nord-est du pays, selon Santé publique France et l’Institut Pasteur.
Le littoral méditerranéen est exempt des rongeurs vecteurs principaux de cette souche. Aucun cas endémique n’avait été signalé dans le département avant 2026. Le cas présent est donc atypique : il ne résulte pas d’une exposition locale mais d’un contact avec une chaîne de transmission internationale.
Juan-les-Pins, station balnéaire d’Antibes, accueille chaque année une importante fréquentation touristique internationale, notamment lors du festival de jazz. La patiente n’a pas contracté le virus sur place.
L’IHU de Marseille, centre de référence désigné
L’IHU Méditerranée Infection a été désigné centre de référence national pour la prise en charge des maladies vectorielles à tiques par instruction ministérielle en 2018, ce qui en fait le point de convergence naturel pour ce type de cas suspects dans la région Sud.
L’établissement gère simultanément plusieurs cas contacts dans le cadre de la même épidémie. Les résultats des tests de la patiente de Juan-les-Pins étaient attendus sous 48 heures à compter du 12 mai, selon les éléments disponibles dans les sources.
Prochaine étape
Les résultats des analyses menées à l’IHU de Marseille devraient permettre de confirmer ou d’infirmer la contamination dans les prochains jours. La cellule Émergence de l’ANRS MIE, ouverte le 11 mai, assure le suivi coordonné des 22 cas contacts identifiés en France.
Sources
- Nice-Matin : Suspicion d'un cas d'hantavirus dans les Alpes-Maritimes : une jeune femme transférée à Marseille par le Samu
- France 3 Provence-Alpes : Hantavirus : une femme suspectée d'être contaminée transférée par le Samu des Alpes-Maritimes à Marseille
- Franceinfo : Direct hantavirus : les deux derniers vols d'évacuation du MV Hondius ont atterri aux Pays-Bas
- La Provence : Hantavirus : trois cas contacts hospitalisés à Marseille, les soignants inquiets